Bhanumutty Venkama : de formatrice à femme entrepreneure

Par Mario Boutia O commentaire
Bhanumutty Venkama

Après avoir enseigné la broderie à main et le crochet pendant des années au centre social de Triolet, Bhanumutty Venkama exerce son art au Craft Market du Caudan Waterfront depuis une vingtaine d’années. Un travail qu’elle fait avec amour.

On peut dire sans se tromper que Bhanumutty est une artisane dans l’âme. Outre la broderie et le crochet, elle est aussi couturière. À l’époque, elle confectionnait des robes de mariées mais qu’elle a abandonné avec le poids de l’âge. Ce qui ne l’empêche pas  de confectionner des robes pour enfants et adultes, agrémentées de broderies et qu’elle expose dans son atelier au Caudan.

C’est au centre vocationnel de Triolet que Bhanumutty a suivi des cours de broderie et de crochet il y a plusieurs années. « C’était à l’époque de sir Seewoosagur Ramgoolam. Celles qui réussissaient avaient une machine à coudre en cadeau », se remémore-t-elle. La vie était dure, surtout dans les villages. Le gouvernement d’alors avait lancé une série de cours de formation pour encourager l’entrepreneuriat. Par la suite, elle est devenue formatrice. Plusieurs de ses élèves sont aujourd’hui des spécialistes de la broderie et du crochet. Elle ne cache pas sa fierté d’avoir formé plusieurs femmes entrepreneures. « C’est ma modeste contribution pour mon pays », dit-elle.

Dès que les jeunes lancent un business, ils veulent s’enrichir du jour au lendemain»

C’est à l’ouverture du Caudan Waterfront, en novembre 1996, qu’elle entreprend des démarches pour avoir une place au coin des artisans. Vingt ans après, elle s’est bâtie une réputation dans le domaine de la broderie et du crochet. « Certes, mes débuts étaient très difficiles, mais avec de la patience et de la persévérance, j’ai réussi à me faire une place au soleil», dit-elle. Elle conseille aux jeunes la patience et le travail bien fait. «Malheureusement, des jeunes manquent de patience. Dès que les jeunes lancent un business, ils veulent s’enrichir du jour au lendemain et abandonnent dès les premières difficultés », dit-elle. Elle explique qu’il y a des jours où elle réussit à faire une bonne vente. Elle avoue que, comme dans tout business, il faut savoir gérer son budget pour faire face aux jours difficiles.

Notre artisane fait des broderies à main sur des t-shirts, des sacs en toile écrue, des robes et d’autres vêtements. Elle explique que les touristes ont une préférence pour les dodos. Elle affirme qu’elle crée ses propres dessins. « J’ai appris à dessiner par moi-même », dit-elle fièrement. Elle explique, qu’à la demande des clients, elle personnalise les sacs et autres en inscrivant gratuitement leurs noms pour des événements comme les anniversaires, les mariages et autres occasions. Ses produits se vendent à partir de Rs 300. Son atelier s’ouvre de 9h00 à 16h00.