Padmaavat : un film qui ne laisse guère indifférent

Par Thierry Léon O commentaire
Padmaavat

Sorti en Inde le 25 janvier 2018, le film Padmaavat est projeté actuellement un peu partout à travers le monde. Si ailleurs, le film fait polémique, à Maurice, il est plutôt bien accueilli. 

À l’affiche à Maurice depuis le jeudi 25 janvier, Padmaavat est un film signé Sanjay Leela Bhansali, un grand nom du cinéma qui a dirigé Devdas en 2002 ou encore Black en 2005, entre autres. 

Dans le film, il remonte jusqu’au 14e siècle pour mettre en scène Padmavati, la reine de Mewar qui a eu le courage de faire face à Alauddin Khilji, le sultan de la dynastie des Khaljî. Elle se serait donné la mort pour que l’envahisseur ne fasse pas d’elle son épouse. Sauf que les extrémistes de la communauté Rajput affirment que le film démontre que les deux protagonistes auraient eu une liaison. Ce qu’est venu démentir Sanjay Bhansali lui-même dans une vidéo diffusée par BBC News. 

Loin des controverses

Toutefois, les cinéphiles mauriciens sont loin de toute cette controverse. À l’affiche depuis une semaine, ils étaient nombreux à s’être déplacés pour aller voir le film. C’est le cas d’Avinash Mantaye, 29 ans. 

Le jeune homme ne cache pas qu’il a apprécié le film. « C’est un très beau film. Les acteurs tiennent leurs rôles avec brio. Et puis comment parler de ce film sans évoquer l’incontournable talent de Deepika Padukone qui happe l’attention durant tout le film tant par sa beauté que par ses messages. » 

Par contre, Avinash pense que les réalisateurs auraient pu faire abstraction d’une scène en particulier. « À l’époque du film, c’était courant qu’une femme s’immole à la mort de son mari, pour ne pas se faire prisonnière ou encore pour ne pas être contrainte d’épouser un autre homme. Le film fait planer l’ombre de cette coutume dans le film. Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose, n’empêche que certaines personnes peuvent toujours mal interpréter les choses et commettre l’irréparable. » 

Sevany Appavoo, pour sa part, a beaucoup aimé le film. D’emblée, c’est le décor qui l’a le plus attirée. « Je pense que les décors sont venus apporter une ambiance au film. J’irais même jusqu’à dire qu’ils sont venus sublimer le jeu de rôle des acteurs qui sont tous très bons. C’est définitivement un film que j’aurais aimé revoir. »

Libre de ses convictions

Commentant les mouvements de protestation en Inde, elle soutient que chacun est libre de ses convictions. « L’Inde a une société assez conservatrice et la politique est délicate à cause des divergences d’opinions et religieuses. Chacun a sa perception des choses. N’empêche que je pense qu’à Maurice, le film a été bien accueilli. » 

Le photographe Doorgesh Mungur n’a pas aimé le film sur un plan purement technique. « Les séquences du film se répètent. C’est à chaque fois le même cadrage et les mêmes compositions d’images. À la longue, cela devient lassant et le film perd de son amplitude. » 

Il est même très critique envers certains acteurs. « Je pense que certaines scènes auraient pu être mieux jouées. C’est dommage parce qu’il y avait matière à faire un excellent film », fait ressortir le photographe. 

Fausse polémique

Padmaavat, le nouveau film de Sanjay Leela Bhansali, était initialement annoncé pour début décembre avant qu’une polémique invraisemblable ne se déchaîne autour de lui. Les manifestants ont exprimé leur colère en brûlant les affiches ou encore en incendiant les voitures sous prétexte que le film salit l’honneur de la communauté Rajput de confession hindoue.

C’est d’ailleurs fort de ces manifestations que le film a dû changer de nom. En effet, au départ il s’intitulait Padmavati. 

Mais de violents incidents ont eu lieu à Ahmedabad, Bhopal, Gurgaon, tant et si bien que l’autoroute Jaipur-Delhi a dû être fermée. 

De plus, malgré l’injonction de la Cour suprême de diffuser le film partout en Inde, dans certains États comme le Rajasthan et le Madhya Pradesh, où les Rajputs sont nombreux, toute diffusion de ce film est interdite.