Paul Bérenger : «C’est choquant que la police enquête sur la police»

Par Cedric Ramasawmy O commentaire
Paul Bérenger

Le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) a qualifié l’affaire Gaiqui de « honte pour le pays ». Paul Bérenger s’est dit choqué qu’il n’y ait eu aucune suspension. Il a aussi commenté le dossier Chagos.

« L’affaire David Gaiqui fait honte à l’île Maurice, surtout à la veille de la célébration des 50 ans d’Indépendance du pays. C’est triste et inacceptable », s’est indigné Paul Bérenger, qui animait la conférence de presse hebdomadaire de son parti, le samedi 3 février, à ébène. « C’est choquant que la police enquête sur la police. C’est choquant qu’il n’y ait pas eu de suspension. Et encore choquant qu’il y ait eu une tentative de monter David Gaiqui contre son avocat. Ces dernières années, les actions du gouvernement ont poussé les gens à perdre confiance dans les institutions », a-t-il martelé. Il a commenté cette affaire après qu’une photo montrant David Gaiqui nu et enchaîné à une chaise au poste de police de Curepipe a suscité de vives réactions.

Autre thème abordé : le projet pétrolier à Albion. Selon Paul Bérenger, le projet du terminal pétrolier ressemble à celui de l’aquaculture. Il a demandé au gouvernement d’être vigilant et a réclamé que les rapports des consultants et celui de l’étude de faisabilité soient rendus publics. « Je demande à l’état d’être vigilant. Ce projet peut être néfaste pour notre environnement et pour le secteur touristique », a-t-il dit. Il a toutefois précisé que le MMM n’était pas contre le projet.

Le dossier Chagos a également été au cœur de la conférence de presse. Le leader du MMM est d’avis que le gouvernement britannique enverra prochainement une délégation de parlementaires sur l’archipel. « Ils veulent créer une confusion. Selon mes renseignements, ils inviteront les parlementaires mauriciens à se rendre à Chagos dans le cadre de cette visite. Mais nous devons décliner cette invitation. Fode pa gouvernman rant dan sa trap la. Il faut refuser », dit-il.

Par ailleurs, Paul Bérenger a commenté la situation aux Maldives. Selon lui, la dernière élection présidentielle « truquée », en 2013, a fait glisser les Maldives vers une dictature. « Jeudi dernier, la Cour suprême de ce pays a rendu un jugement, où il est demandé de rendre la liberté à leur ancien président, qui a trouvé exil dans un autre pays. De plus, le jugement a levé la suspension de 12 députés. De ce fait, le gouvernement actuel se retrouve en minorité et il devra y avoir des élections prochainement, que nous suivrons avec attention », a-t-il soutenu.