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Tuesday, 13 November 2012 11:05

Municipales – Pleure ô ma ville bien aimée ! Featured

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‘L’appauvrissement’ des villes écœure. Les projets municipaux sont sans grandes ambitions. Du coup, certaines parties des villes restent laides dans le sens large du terme.  Pourtant, les thèmes de campagne pour le scrutin du 9 décembre ne donnent aucun espoir de lendemains meilleurs.
Les arguments volent plutôt bas, chaque équipe accusant l’adversaire d’incompétence. Entre-temps, les projets pèchent par manque de créativité, par manque d’innovation, laissant nos villes sans vie, arborant un cachet terne.

Les spécialistes de l’administration locale expliquent ce manque de projets innovateurs par le budget restreint alloué aux municipalités, par la « mainmise excessive » du ministère de tutelle - comme le préconise la loi - et surtout par la qualité des conseillers. Jusqu’ici, ce dernier facteur a été l’un des maillons faibles de l’administration municipale.

Un proche du dossier au niveau gouvernemental est sidéré par le choix des politiciens. « C’est un grand manque de respect vis-à-vis des citadins que de leur présenter des représentants de calibre aussi faible. La conséquence de ces choix malheureux : la gestion de la ville se fait de manière approximative, sans que l’on offre des projets à forte valeur ajoutée…» Cela fait des années, soutient cette source, que le critère de qualité n’est plus la priorité des partis politiques lors des municipales. La valorisation des projets et des collectivités locales, assure-t-il, passe par des représentants locaux soucieux de la destinée de leur ville. Or, certains conseillers choisis n’ont pas brillé par leurs idées et encore moins pour leur présence au sein des conseils municipaux.

Le député Reza Issack - longtemps associé aux Collectivités locales - promet que son parti remédiera à la chose lors des municipales du 9 décembre. « Nous surprendrons l’Opposition par la qualité de notre équipe. Les  citadins seront agréablement surpris par les ressources que nous allons mettre en place pour les servir. Nous ferons la différence», assure-t-il.

Son adversaire ne compte pas moins faire. Deven Nagalingum entend valoriser la municipalité par un choix d’hommes et femmes de qualité. « Depuis un certain temps, nous travaillons sur notre liste de conseillers. Nous sommes conscients de notre responsabilité de présenter une équipe de qualité pour mettre en avant nos propositions», assure-t-il.

Le bilan est crucial
Alors que nous sommes encore au début des hostilités, ce « meilleur choix » de candidats, tant vanté par les partis, n’a pas encore eu un impact sur les thèmes de campagne électorale. Entre-temps, les deux principaux blocs s’égratignent mutuellement, suscitant peu d’intérêt chez les citadins. Reza Issack le déplore : « Alors que les élections devraient être le moment d’un débat citoyen, à quoi assistons-nous ? L’Opposition contribue à la paupérisation, voire à une ‘désintellectualisation’ du débat. La créativité, une administration organisationnelle, des idées novatrices, tout cela n’est pas sa priorité. L’Opposition n’en fait qu’un enjeu politique.»

Deven Nagalingum s’en défend. Il rappelle les années de gloire de l’administration régionale des mauves. « C’est le MMM qui a été le fer de lance de plusieurs projets novateurs au sein des municipalités et cela, depuis 1977. À travers des maires de haut calibre, nous avons contribué à faire progresser les villes.» Et d’ajouter : « Nous ne pouvons faire de nouvelles propositions sans démontrer à quel point les travaillistes ont failli dans leur tâche. C’est prendre un raccourci trop facile que d’affirmer que nous ne misons que sur l’aspect politique des élections municipales. Le MMM, plus qu’un autre parti, a à cœur le bien-être des villes !»

Même si les porte-parole des principaux adversaires en lice veulent hausser le débat, l’on ressent bien dans leurs propos, ce besoin quasi obsessionnel de lancer des piques politiques, pour démontrer aux citadins que le contrôle des mairies doit leur revenir de droit, indépendamment des projets pour les villes.

« Si le MMM se vante d’une bonne administration régionale, pourquoi a-t-il été balayé en 2005 ?» s’insurge Reza Issack. Deven Nagalingum réplique que pour tout scrutin, le bilan est tout aussi crucial que les propositions nouvelles pour améliorer la qualité de vie des citadins. « Si nous dressons le bilan de nos adversaires, ce n’est guère brillant », soutient l’ancien maire de Beau-Bassin-Rose-Hill.

Pour Arianne Oxenham, la mairesse de Quatre-Bornes, cette guéguerre entre adversaires est de « bonne guerre ». Elle n’y voit rien de malsain ! Les deux porte-parole, eux, s’attendent à un raz-de-marée de leur parti dans les cinq villes le 10 décembre. Continueront-ils à aménager des jardins d’enfants ou à gérer des crèches municipales ? Ou peut-on s’attendre à une gestion moderne des collectivités locales ? Les citadins sont nombreux à craindre que ces promesses de campagne ne se concrétisent pas. « Faut-il attendre la tenue prochaine des élections pour voir, un dimanche, le service de voirie dans les rues de la ville ? », se demandent-ils.

Laborieusement
Michel Latour-Adrien, adjoint au maire de Curepipe, est un homme blasé. «  Il n’y a pas de projets. Il n’y a que quelques mesures cosmétiques pour donner l’impression que l’on travaille. Les conseillers sont d’un niveau à vous donner des frissons dans le dos. À quoi s’attendre alors ? J’ai eu la chance de côtoyer l’administration municipale, il n’est pas question pour moi d’être candidat une nouvelle fois », soutient-il. Si Michel La Tour Adrien impute au budget restreint – englouti par les salaires – l’absence de projets, il concède aussi que la volonté politique n’y est pas.

Du coup, il ne voit pas comment des élus locaux pourront changer la vie des citadins. «C’est triste de le dire, mais rien ne changera après le 9 décembre si les idées pour moderniser la ville demeurent fades. Les citadins ne devraient pas se faire d’illusion», indique l’élu. Arianne Oxenham, la mairesse de Quatre-Bornes, est toujours « motivée » à mettre en place des projets innovants. Pour être en harmonie avec le concept de Maurice île Durable, elle entend encourager l’utilisation de l’énergie solaire. « La municipalité donnera l’exemple », dit-elle.

D’autres innovations seront dévoilées durant la campagne. » Elle concède également que certaines réalités handicapent l’action des élus. « L’un des facteurs qui contribuent à la laideur des villes, ce sont les terrains en friche. La loi ne nous permet pas de les nettoyer d’office sous peine de poursuite. Il faudrait changer la loi», explique-t-elle. « Certes, il y a des efforts à faire au niveau du ‘landscaping’ de Quatre-Bornes », conclut-elle.



Jane Lutchmaya

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