22 December 2014
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Sunday, 16 December 2012 11:20

MSM-MMM vs PTr-PMSD – Les raisons d’un résultat aussi serré Featured

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À l’exception de Beau-Bassin/Rose-Hill pour le MSM-MMM et, dans une moindre mesure, de Vacoas-Phoenix pour le PTr-PMSD, la victoire a été étriquée dans deux mairies. À Curepipe, il y a eu ex-aequo.
Les états-majors politiques se penchent toujours sur les résultats. En attendant, nous vous proposons un résumé des atouts et des handicaps de chaque camp dans les différentes villes. Histoire de mieux décrypter le scrutin du 9 décembre 2012.

Port-Louis
MSM-MMM
Atouts : Selon un des dirigeants de l’opposition, les atouts majeurs de ces élections ont été l’organisation et la mobilisation des activistes. Leur enthousiasme a été une force importante, note cette même source. L’opposition a aussi surfé sur certains mécontentements, notamment ceux des marchands ambulants.

Handicaps : L’électorat de la capitale a, dans certains arrondissements, misé sur des candidats de proximité habitant la région.

D’où les votes panachés dans les différents arrondissements. De plus, si certains quartiers de Port-Louis, notamment Roche-Bois, ont une fois de plus démontré leur soutien incontournable au MMM, il n’en a pas été de même pour l’électorat musulman, qui a été très divisé, note un des chefs de file mauves. Il a été aussi difficile de convaincre cet électorat de voter le MSM. Sauf pour l’arrondissement No 8, où Bobby Hureeram du MSM a pu faire une percée, compte tenu du profil des habitants. Sans compter que, même si le MMM comptait sur les voix des marchands ambulants en colère, ce parti n’a pu faire le plein chez eux, explique ce député.

La raison serait le mot d’ordre donné par un des dirigeants des associations des marchands ambulants de voter en faveur du PTr. Un des députés reconnaît que c’est un dossier « à double tranchant », comme certains ne veulent cautionner l’illégalité. Le MMM explique également que le redécoupage des arrondissements n’a pas joué en sa faveur.
 
PTr-PMSD
Atouts : Le vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun, et le ministre Shakeel Mohamed ont jeté tout leur poids dans ces élections. Il y a eu également, dans les rangs travaillistes, Siddick Chady qui, selon une source, aurait apporté un plus considérable aux rouges. Mais cette version est contestée par les purs-sangs travaillistes, qui évoquent l’agacement de certains activistes de ce retour au bercail de Chady, après un séjour au FSM. Un ancien maire travailliste minimise, cependant, l’apport d’Ashraf Dulull, même s’il a été nommé à la présidence de Mauritius Telecom quelque temps avant les élections.

Handicaps : Il y a une « déception » d’une partie de l’électorat musulman, fait ressortir un député travailliste. Cet électorat est d’avis, selon lui, que les ministres de cette communauté ne leur accordent pas la considération qu’il faut. Bien que ceux qui contestent cet argument viennent affirmer que, sur les 11 élus, sept sont de la communauté musulmane. Le fait qu’il n’y ait pas de changement au Centre culturel islamique agace. D’ailleurs, l’officiant des prières à la mosquée de Vallée-Pitot, vendredi, n’a pas manqué de souligner le laxisme du gouvernement sur ce dossier. Par ailleurs, les conseillers d’un ministre ont aussi entaché l’image des rouges à Port-Louis.

Quatre-Bornes
MSM-MMM
Atouts : Cette victoire trouve son origine, selon un des meneurs à Quatre-Bornes, dans une campagne de proximité à outrance. Alors, dit-il, que ses adversaires ont eu recours à des outils de marketing traditionnels, il dit avoir utilisé des méthodes plus percutantes. « Chaque famille de Quatre-Bornes a reçu un outil de communication de notre parti », soutient ce chef de file, qui rappelle aussi que le MSM–MMM a choisi d’en faire un enjeu régional, comme les conseillers n’avaient pas de bilan. Les sensibilités sociologiques d’un quartier populaire – pas seulement des Résidences de Quatre-Bornes mais également la Source, Palma, etc. – sont différentes, dit-il, de celles des quartiers bourgeois.

En revanche, l’apport du MSM, selon cette source, n’a pas été trop important. « Si nous avions présenté deux candidats MMM, les résultats auraient été les mêmes. Il faut aussi rappeler que l’arrondissement No 2, c’est aussi Ébène, St-Louis, Résidence St-Jean, Malartic-Cossigny, Morcellement St-Jean et Sodnac. Le comportement électoral de ces différentes régions est différent », soutient cette même source.

Handicaps : L’organisation du MMM a été moins pointue pour les arrondissements 4 et 5, dont la majorité des régions se trouve dans la circonscription No 14. Ce sont des régions où certaines organisations socioculturelles favorables à l’alliance gouvernementale ont une assisse. Sans compter le forcing d’Anil Bachoo dans l’arrondissement No 5. « La campagne du ministre Jeetah a aussi été un handicap pour le MMM », souligne un chef de file mauve.

PTr-MMM
Atouts : Les travaillistes ont bénéficié d’un bank vote important même si, dans l’ensemble, ils ont perdu sur le fil le contrôle de la ville. Les ministres sont venus à la rescousse dans certaines régions, alors que le profil de Shakuntala Boolell, pressentie également pour les générales, a joué en faveur des rouges.

Handicaps : Le choix des candidats dans l’arrondissement No 2 n’a pas été judicieux. L’un d’entre eux avait même eu des démêlés avec la justice. Le profil ethnique des candidats, comparés à ceux du MMM, a joué contre le Ptr-PMSD dans l’arrondissement No 2, soutient une source proche de l’alliance gouvernementale. Même des personnes dans le camp travailliste ont opté pour des votes panachés, dans cet arrondissement. La présence de bouncers, lors du porte-à-porte à Sodnac a grandement entaché la campagne.
Nita Deerpalsing a eu fort à faire. À titre d’exemple, à Pellegrin, la colère des habitants était vive.

Vacoas-Phoenix :
PTr-PMSD
Atouts : Dans cette circonscription, selon Patrick Assirvaden, le PTr a un bank vote acquis. Depuis 1976, les rouges ont une réelle assise de sympathisants traditionnels. Il cite certains quartiers qui votent rouge : Solférino, Carreau-Lalianne, Hollyrood, Paillote, le centre-ville de Vacoas, Cinq-Arpents, Hermitage, Camp-Fouquereaux...

Il explique que « dans les pires moments, ces habitants ont soutenu les travaillistes, par exemple en 1976 et en 1983 ». Ce bank vote représenterait environ 50 % de l’ensemble de l’électorat de la circonscription. « On démarre dans une élection avec 15 000 votes d’avance et ce n’est pas rien », soutient-il.

Handicaps : « Très souvent, cet électorat pense, à tort, qu’étant fort dans la circonscription, il n’y a pas lieu d’aller voter », nous explique le président du PTr. « Or, une élection n’est jamais gagnée d’avance et il nous a fallu souvent aller les dénicher chez eux, car ils n’ont aucune motivation, même s’ils sont des die hards », souligne-t-il.

Y a-t-il des poches inaccessibles et imprenables dans cette circonscription ? « À bien y réfléchir, je vais dire Quinze-Cantons, mais là encore, si on travaille d’arrache-pied, on peut faire quelque chose », nous répond-il.
 
MSM-MMM :
Atouts : L’opposition a pu faire une percée dans un bastion travailliste à cause du « mauvais bilan » du conseil municipal sortant, soutient Rafick Sorefan, député mauve. L’affaire des poulaillers et celle d’un maire voyageant en jet privé sont restées dans la mémoire des habitants de Vacoas/Phoenix. Les habitants de Phoenix plus que ceux de  Vacoas ont voté massivement pour le MMM.

Handicaps : Une source proche du MMM avance que certains militants rejettent encore cette alliance avec le MSM. En revanche, le MSM a été d’un grand apport dans certaines régions de Vacoas. D’où la forte opposition au conseil municipal : 11 conseillers rouges contre 7 du remake 2000.

Curepipe
MSM-MMM
Atouts : Un député mauve croit que les habitants des cités ouvrières à Curepipe, traditionnellement fidèles au MMM, ont encore une fois soutenu le parti et que le remake de 2000 n’a pas été contesté.

Handicaps :
Cette même source au MMM pointe du doigt « l’armada financière » du MMSD d’Éric Guimbeau et du PTr, la division des votes de Guimbeau, la présence des ministres en force sur le terrain, l’appareil d’État et la peur de certains Curepipiens de s’afficher pour expliquer le recul du MMM.
 
PTr-PMSD :
Atouts : Un des responsables de campagne explique que les cités ouvrières de Curepipe ont basculé et sont désormais travaillistes. « D’où le jeu égal que nous avons fait avec le MMM. Il y 12 cités ouvrières et certaines d’entre elles, ont changé de conviction politique. Ce n’est pas net, mais c’est un début de mouvance d’un électorat en notre faveur », soutient ce responsable de campagne.

Handicaps : La guerre intestine qui règne entre les chefs de file dans cette ville a eu pour conséquence les couacs de l’organisation. C’était le maillon faible des travaillistes. De plus, ce responsable de campagne ajoute qu’« un des défauts du PTr est un manque de structures pour réaliser des choses efficacement ».


Jane Lutchmaya

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