Portrait : Gaëtan Abel, premier directeur du National Art Fund

Par Pradeep Daby O commentaire
Gaëtan Abel

Le National Art Fund, organisme dont la création a été annoncée dans le Budget 2017, a son président. Il s’agit de Gaëtan Abel, figure connue dans le milieu du spectacle, notamment au sein de l’agence Immedia. Il dit vouloir faire avancer la cause des artistes.

« Ce sera un travail d'équipe »

De l’eau a coulé sous les ponts depuis la tenue du fameux « Boom mizikal », organisé par Immedia, qui se déroula au cours d'un week-end de 1990 de 21 h à 6 h. Un tel événement, à l’ère d’Internet, paraît très improbable de nos jours. Mais c’est doute à cause de sa capacité d’entrevoir l’organisation des événements de cette envergure que Gaëtan Abel s’est vu confier la présidence du National Art Fund, une naissance dont il s’agira de savoir gérer, tant sur le plan financier que celui de sa dimension purement artistique. Gaëtan Abel réunit les deux capacités.

Port-Louisien d’adoption et benjamin d’une fratrie de six enfants, il est natif de Flacq. À l’installation de sa famille dans la capitale, il poursuit ses études secondaires au collège Bhujoharry. À la fin des années 70, il se joint à l'Institut pour le développement et le progrès (IDP), où il se forme au leadership et à l'action sociale. Puis à la fin du secondaire, le HSC en poche, il intègre une compagnie de construction. À partir des années 90, il s'intéresse au secteur de l'événementiel et devient consultant en freelance et parallèlement passe un MBA a la Chambre de Commerce. Plus tard, pour fêter les 10 ans de l'IDP, il participe à la création du spectacle « Gale Gale », d'après un texte de Marcel Poinen et qui traite de la vie en mer, « ce que la mer nous donne et nous prend ».

Période charnière

En 1990, Gaëtan Abel se joint à l'agence Immedia, qui va produire quelques-uns des plus grands noms de la chanson française. Plus tard, la State Land Development Company lui confie le poste d''Event and Marketing Manager' au Port-Louis Waterfront ainsi que la gestion du Centre de conférences de Grand-Baie et le Mahebourg Waterfront. Les années 90, qui sont une période charnière pour ce qui est de spectacles et concerts, voient un certain nombre d'artistes francophones terminer leurs tournées à Maurice, après La Réunion.

Ancré dans l'événementiel, Gaëtan Abel reconnaît que cette activité est devenue très compétitive mais, précise-t-il, celle-ci offre une multitude de perspectives dans différents domaines, ouvrant le champ aux prestataires dans les domaines technique, artistique, décoratif et celui de la restauration. « Le propre de l'activité événementielle est son unicité et l'innovation.

C'est un marché constamment en rénovation, et même lorsque l'événementiel est de nature économique, sociale ou commerciale, il possède toujours une dimension artistique et culturelle », fait-il ressortir. C'est là sans doute qu'il entrevoit le projet de mettre l'événementiel au profit de la visibilité de l'artiste. Mais dans l'immédiat, Gaëtan Abel attend de connaître ses attributions avant de s'avancer. « Ce sera un travail d'équipe. J'ai accepté l'offre du ministère de la Culture parce que tout projet qui souhaite contribuer au développement des arts ne peut qu'être une avancée », observe-t-il.