Que se passe-t-il au conseil de district de Rivière-Noire ? - Clans, motions de blâme et démissions des présidents

Par Fernando Thomas O commentaire
Conseil de district de riviere noire

La démission de Steeve Magdeleine, le président du conseil de district de Rivière-Noire, remet en lumière la situation au sein de cette institution. Sollicités par Le Dimanche/L’Hebdo, des conseillers confient que « le conseil de district est accaparé par deux conseillers, qui font la pluie et le beau temps, et qu’une motion de blâme pour évincer l’actuel président était déjà à l’étude par un clan ».

Un bien étrange nuage plane sur le conseil de district de Rivière-Noire depuis ces trois derniers mois. Soit depuis la démission de l’ex-présidente du conseil de district, Véronique Leu-Govind, en octobre 2017. Des conseillers, sous le couvert de l’anonymat, avancent que  la situation est « plutôt tranquille depuis la réélection de Steeve Magdeleine comme président du conseil de district ». L’élection du nouveau président a, pour rappel, eu lieu le vendredi 26 janvier.

« Auparavant, deux conseillers du district faisaient la pluie et le beau temps. Indisciplinés lors de la tenue des réunions du conseil, ils étaient en retard systématiquement. Ce sont eux qui poussaient leurs confrères à se rebeller et à tourner le dos au président », estiment des conseillers. Ces derniers soulignent, par ailleurs, que « ces deux conseillers projetaient de pousser le président vers la porte de sortie à travers une motion de blâme qu’entendaient présenter des conseillers en mars/avril 2018 ».

Il s’avère, selon des recoupements, que des conseillers ont même fait un walk-out, en signe de protestation, peu après la réélection de Steeve Magdeleine comme président.

13 villages pour 14 conseillers

Le conseil de district de Rivière-Noire regroupe 13 villages représentés par 14 conseillers. Les villages sont Richelieu, Albion, Petite-Rivière, Gros-Cailloux, Bambous, Flic-en-Flac, Cascavalle, Tamarin, Rivière-Noire, Case-Noyale, La Gaulette, Chamarel et Le Morne.

En mai 2016, on a tenté, à travers une motion de blâme de quelques conseillers, d’évincer Véronique Leu-Govind de la présidence. Cette dernière, qui a été réélue comme présidente en décembre 2016, en était à son deuxième mandat. Elle a fini par soumettre sa démission vers fin 2017.

Dans une déclaration à Le Dimanche/L’Hebdo, l’ex-présidente du conseil de district avance « qu’un président doit avoir le soutien de sa majorité ». « Mais tel n’est pas le cas à Rivière-Noire. Il y a un ou deux conseillers qui défient l’autorité du président, mais ils monopolisent toute l’attention », estime la conseillère Véronique Leu-Govind.

Mais qu’est-ce qui ne va au sein du conseil de district de Rivière-Noire ? « Tout va bien. Du moins depuis ces derniers jours. La réélection de Steeve Magdeleine comme président est une bonne leçon pour les conseillers turbulents. Ils comprendront ainsi qu’on ne peut pas prendre à la légère un conseil de district. Le fait de changer autant de président en un seul mandat pourrait être mal perçu. Espérons que les conseillers ne déposeront plus de motions de blâme dans le but d’évincer le président à l’avenir », ajoute-t-elle.

Steeve Magdeleine, le président du conseil réélu, explique les raisons de sa démission. « Le conseil de district était mal en point, dans le sens que je ne pouvais rien faire. Je ne pouvais gérer la situation à laquelle je faisais face. Il y avait des tentatives pour me déstabiliser et ensuite me destituer. J’ai des preuves de ce que j’avance. Mon autorité ne passait pas à cause de deux ou trois têtes brûlées. La présence de clans au sein du conseil rendait l’atmosphère pesante », dit-il.

Le président envisage de nommer un nouveau comité exécutif afin de repartir « sur de nouvelles bases ». « Je ne comprends pas ce qui motive certains conseillers à aller dans des villages pour tenter de semer la zizanie. Tel n’est pas le rôle d’un conseiller. J’ai été réélu. De ce fait, je compte procéder à de nouvelles nominations au sein de mon comité exécutif. Je n’ai peur de personne, car mes mains sont propres », conclut Steeve Magdeleine.