Questions à Benedict Okey Oramah : «Maurice est un solide actionnaire»

Par Kamlesh Bhuckory O commentaire
Benedict Okey Oramah

Banque panafricaine dont les actionnaires sont des États, des banques centrales et commerciales, l’Africa Export Import Bank (Afreximbank) compte emprunter 300 millions de dollars à travers l’émission d’un nouveau produit financier. Son président, en visite à Maurice la semaine écoulée, s’explique sur la question.

Pourquoi l’Afreximbank a-t-elle choisi Maurice pour lever Rs 10,4 milliards (300 millions de dollars)?
L’Afreximbank entretient des relations uniques avec Maurice. Nous lèverons les fonds à travers les certificats représentatifs d’actions (depository receipts), qui sont un nouveau produit. Or, nous devons disposer de personnes qui comprennent le rôle et le fonctionnement de l’Afreximbank. À Maurice, nous retrouverons cet ensemble à travers la SBM Holdings Limited, le gouvernement et la Banque centrale, qui sont des membres-fondateurs.

De plus, le cadre régulateur est très clair. La Bourse de Maurice serait la seule bourse majeure ayant des règlements précis quant à l’émission de depository receipts. Les investisseurs font confiance au marché mauricien. Même si la levée de fonds se fait à partir de Maurice, elle est ouverte non seulement aux investisseurs mauriciens, mais également à ceux d’Afrique et d’ailleurs.

Êtes-vous confiant de pouvoir réunir une telle somme jusqu’au 22 septembre ?
L’objectif est d’emprunter entre 100 millions et 300 millions de dollars. L’Afreximbank est raisonnablement optimiste de pouvoir lever une somme importante à Maurice. Nous travaillons avec la SBM Holdings pour assurer la promotion à travers le monde. Les fonds de pension en Afrique gèrent des actifs totalisant 700 milliards de dollars en plusieurs monnaies.

Bon nombre d’entre eux ont la possibilité d’investir jusqu’à 15 % des fonds dans des actifs à l’étranger. Certains le font déjà, comme ceux des Seychelles et du Rwanda. Mais le marché doit être liquide (NldR: capacité d’acheter et revendre sans difficulté) pour ces investisseurs institutionnels. Cette levée de fonds par l’Afreximbank sera une opportunité pour ces fonds d’investir dans la banque et de négocier sur la Bourse de Maurice.

Vers quels projets spécifiques cet argent sera canalisé?
La banque a une politique précise qui est de financer et de promouvoir les échanges commerciaux entre les pays africains et vers l’extérieur et les projets relatifs.

Est-ce que cette activité serait en manque de liquidités ?
Selon la Banque africaine de développement, le financement annuel du commerce est de 120 milliards de dollars. Nous estimons que c’est beaucoup plus aujourd’hui. Les banques internationales ont coupé le financement à cause des coûts de conformité. Beaucoup de banques centrales en Afrique nous ont approchés afin que nous intervenions. C’est pour cette raison que nous voulons étendre les relations de financement du commerce à plus de 500 banques sur le continent. Nous travaillons avec les banques commerciales telles que la SBM afin qu’elles puissent aider à combler ce grand déficit qui est de quelque 200 milliards de dollars.

Quel rôle Maurice sera appelé à jouer dans les plans de l’Afreximbank ?
Maurice est un solide actionnaire. Nous travaillons avec le gouvernement pour soutenir d’autres activités en Afrique. Des discussions sont en cours pour soutenir les zones franches et des parcs industriels dans lesquels Maurice participe. Nous sommes prêts à aider.