Shashi Kapoor (1938-2017)

Par Manoj Appado O commentaire

Il était beau gosse. Non, il était peut-être le plus bon gosse que Bollywood ait produit. À l’image de James Dean, Alain Delon, Richard Burton, Robert Redford, Paul Newman, Shashi Kapoor ne laissait personne indifférent devant sa beauté physique. Il était fier d’être le fils de Prithiviraj Kapoor et le frère benjamin de Raj Kapoor, mais cela ne lui a pas suffi.

Il a bossé dur pour se faire un prénom auprès de la famille Kapoor, elle-même omniprésente pour quatre générations dans le monde du cinéma. Il touche les planches à l’âge de 10 ans. Dans Waqt, il incarne le frère benjamin de Sunil Dutt et de Raj Kumar. Qui ne se souvient pas de sa prestation dans Aa Gale Lag Ja ? Un cinéphile m’a conté que c’est le film qu’il a le plus visionné dans sa vie.

Son association à l’écran avec le grand Amitabh Bachchan demeure le moment fort de ce prince charmant. Effectivement, Shashi Kapoor aurait facilement pu jouer dans les contes de fées à l’américaine, à la française ou ailleurs, comme dans Sissi impératrice. Imaginez-vous une Romy Schneider avec un Shashi Kapoor à l’écran dans une love story. De la Saint-Valentin tous les jours.

Shashi avait plusieurs cordes à son violon. Grand acteur, mais aussi un grand fan de Shakespeare.

On peut facilement détecter la subtilité et l’aisance qu’il avait par ses gestes théâtraux, tant ses mouvements corporels étaient parlants. Il a aussi joué dans le cinéma parallèle, à l’instar de Junoon, de Shyam Benegal.

Il n’était pas seulement connu pour être un grand acteur, mais aussi pour sa bonté – toujours prêt à venir en aide à ses co-stars et à ses héroïnes. La sagesse de l’homme se mesure à sa générosité et à sa compréhension. Il n’est pas l’acteur le plus titré de Bollywood, à l’instar de Dharmendra, mais deux phénomènes du cinéma indien, comme Robin Sharma l’a si bien dit : « We don’t necessarily lead with title ».

Il n’est pas nécessaire, pour être un vrai leader, de posséder un titre. On peut tout accomplir sans titre. Il excellait dans le rôle de premier plan, comme dans Aa Gale Lag Ja  ou Satyam Shivam Sundaram. Il donnait du fil à retordre, même quand il jouait comme acteur dans un second rôle. Il réduisait l’écart entre le rôle de premier plan et le rôle de deuxième plan, pour se propulser à un plan supérieur.

Il avait beaucoup d’amour et de respect pour son épouse, Jennifer. Je me demande qui, à Bollywood, peut incarner Shashi Kapoor. Pas grand monde. Peut-être Hrithik Roshan, lui-même bourré de talents et d’une beauté à la Shashi Kapoor. N’écartez pas Ranbhir Kapoor, qui a un bel avenir !

Je souhaite que la MBC et d’autres forums projettent des films, des interviews et autres shows de Shashi Kapoor régulièrement.

Maurice étant très lié à Mother India (la diaspora indienne est une réalité) et à la France (de 1723 à 1810, Maurice était connu comme Isle de France, une colonie française) apprend avec tristesse la perte de deux géants dans la même foulée : Shashi Kapoor et Johnny Hallyday. On se console en souhaitant que Shashi ait plus de liberté à interpréter sous le rythme de Rock que Johnny Hallyday.

De la part de l’un de tes fans qui, comme toi, épouse la philosophie. Si l’existence est un fait, vivre est un art, selon Frederic Lenoir.