Stacy Germain, 11 ans, meurt noyé - Le père : «Rien ne pourra combler le vide immense qu’elle a laissé»

Par Kendy Antoine O commentaire
Stacy

Le drame s’est abattu sur les Germain, à Tranquebar. Stacy, 11 ans, était promise à un brillant avenir. Studieuse, intelligente, dévouée, celle qui faisait le bonheur de ses proches s’est noyée, jeudi au Goulet, lors d’une sortie familiale. Kendy Gerald Allagapen, 23 ans, le petit copain de sa sœur Steevie, a également été emporté par les vagues.

Steeve Germain, 48 ans, le père, et Catheline, la maman, demeurent inconsolables. « Rien ne pourra combler le vide que notre Stacy a laissé », lâche le père, les larmes aux yeux. Tout leur rappelle leur petite fille.

« Je suis père de neuf enfants. J’ai sept filles et deux garçons. Stacy était l’avant-dernière », nous explique ce technicien de surface à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo, Port-Louis. « Tous mes enfants sont mes trésors, mais Stacy, limem ti mo joker ». Ayant obtenu des résultats plus que satisfaisants aux examens du Certificate of Primary Education, l’année dernière, la petite avait été admise au collège d’état GMD Atchia, sis à la colline Monneron, en face du Champ-de-Mars.

Un père attentionné

Steeve Germain est inconsolable.

« Même si, à la maison, elle aimait jouer, en classe, elle travaillait dur. Elle m’avait dit de ne pas m’en faire pour ses résultats et elle a réussi. Elle aimait les études », se souvient le papa. Steeve faisait de son mieux pour veiller sur elle et toute sa progéniture. « à chaque fois qu’ils sortent, je leur conseille d’être prudents, que ce soit pour aller à la boutique, à l’école ou au travail. Chaque matin, je déposais Stacy à motocyclette au collège. Je lui téléphonais durant la journée pour prendre de ses nouvelles, mais étant en cours, elle me disait souvent qu’elle ne pouvait parler plus longuement. Au moins, je savais qu’elle se portait bien », explique ce père meurtri.

La joie qu’apportait la collégienne dans la famille s’est transformée, jeudi, en des larmes et des pleurs, le temps d’une sortie en mer. Les traits tirés, Steeve ne cesse de se repasser dans sa tête les événements de cette journée fatidique.

Toute la famille s’était rendue à la plage gu Goulet pour se détendre. La journée avait bien commencé. Cependant, dans l’après-midi, alors que les enfants et les adultes s’en donnaient à cœur joie, le malheur a frappé.

« Mo ti pe lapes. Stacy inn vinn get mwa, linn dir mwa li pou naz impe. Monn dir li atann. Me linn rant dan delo. Ti ena li, so tiser 6 ans, mo tifi Steevie e so pwinter Gerald », nous relate Steeve. Il explique que les baigneurs avaient pied, là où ils se tenaient. « Delo la ti kot mo seviy. Mo pe zet lalinn, en mem tan mo zet koudeil lor zot », poursuit-il.

Il y a eu une première vague. « L’eau est montée. Je les observais, ils jouaient dans l’eau. Puis, il y a eu une seconde vague. Et encore une troisième, qui m’a heurté. J’ai été déséquilibré. Quand je me suis retourné, mes enfants avaient disparu sous l’eau », se souvient-il. C’était la panique sur la plage. La petite Stesha, 6 ans, a pu être retirée de l’eau par son oncle. Steevie, Gerald et Stacy étaient encore sous l’eau. Steevie a également pu être retirée de l’eau. Inconsciente, elle a été conduite d’urgence à l’hôpital du Nord.

Entre-temps, les garde-côtes ont été avisés. L’hélicoptère de la police a aussi survolé le lieu. Le corps de Gerald a pu être repêché. Malgré les tentatives pour le ranimer, il était déjà trop tard. Ce sont les éléments de la Special Rescue de la Mauritius Fire Services qui ont repêché le corps sans vie de Stacy. Les proches accusent les  éléments de la NCG d’avoir failli dans leur tâche. « Ils paraissaient ivres. Ce sont nous, les proches et des membres du public, qui ont dû tout faire. Bizin pran sanksyon kont zot », avance Steeve.

Steevie, elle, demeure sous observation à l’unité des soins intensifs de l’hôpital du Nord. « Gerald ti enn bon garson. Li ti pe travay pou ramas kas pou mont so lakaz », se désole Steeve. Les funérailles des deux victimes ont eu lieu vendredi.


« Ils n’étaient pas saouls »

La cellule de communication de la police soutient que les éléments de la NCG ont agi selon les  normes et n’étaient pas sous l’influence de l’alcool. « Il y avait déjà un bateau en mer pour les recherches. C’est pourquoi les autres ne sont pas allés dans l’eau. Ils n’étaient pas saouls et ont agi promptement dans cette situation », assure le responsable. Une fois le corps de la collégienne ramené, les gardes-côtes ont dû quitter les lieux sous les huées de la foule.