Terres de Landscope à Ébène : Naila Hanoomanjee récuse les allégations

Par Thierry Laurent O commentaire
Naila Hanoomanjee

L’Independent Commission against Corruption a ouvert une enquête sur des allégations de corruption formulées contre Landscope Mauritius au sujet d’une activité foncière à Ébène. La lettre accuse des cadres de la firme d’avoir fait fi d’une décision du conseil d’administration. Naila Hanoomanjee, Acting Chief Executive Officer de la compagnie d’État, dément ces accusations.

Naila Hanoomanjee persiste et signe : « À aucun moment la direction n’est allée à l’encontre d’une décision du Board. » C’est ce qu’a indiqué l’Acting Chief Executive Officer (CEO) de Landscope Mauritius, dans un communiqué émis le vendredi 1er décembre. Elle prend ainsi à contrepied les accusations de corruption formulées dans une lettre (voir hors-texte) contre des cadres de la firme.

Dans le communiqué, l’Acting CEO affirme que contrairement à ce qu’indique la correspondance, aucun lopin de terre n’a été alloué à Bonn Properties Ltd. Jointe au téléphone vendredi, Naila Hanoomanjee nie tout accord entre Landscope Mauritius et Bonn Properties Ltd.

« Il n’y a eu aucun accord. Je ne sais même pas s’il y aura un accord. Ces terres appartiennent toujours à Landscope Mauritius », a-t-elle déclaré avant de préciser : « Nous avons volontairement collaboré avec l’Icac. Nous avons fourni les procès-verbaux du conseil d’administration, sans compter les correspondances échangées avec Bonn Properties Ltd. »

Propres opinions

Naila Hanoomanjee a affirmé que les décisions du Board ont été respectées. Elle concède qu’elle peut avoir ses propres opinions concernant la stratégie du conseil d’administration. Mais elle souligne qu’elle représente la direction avec, pour mandat, de mettre à exécution les décisions prises par le conseil d’administration.

Cette affaire en laisse plus d’un perplexes à Landscope Mauritius. Une source du Board est d’avis que la lettre échangée entre la firme et Bonn Properties Ltd est « suspecte ». Ceux qui ont eu accès aux documents échangés entre Landscope Mauritius et Bonn Properties Ltd estiment qu’il y a eu des tractations occultes.

La lettre accusatrice

C’est une lettre en date du 9 octobre dernier qui a poussé l’Independent Commission against Corruption (Icac) à ouvrir une enquête. Cette correspondance, qui émanerait de Bonn Properties Ltd et qui serait adressée à Landscope Mauritius, fait état d’un accord pour le renouvellement d’un bail à Ébène : « We refer to your letter dated 9th October 2017 and wish to inform our acceptance of the Terms and Conditions stated therein for the formalization of a new lease of the abovementioned property. »

Cela signifierait que Landscope Mauritius ait décidé d’accorder un nouveau bail à Bonn Properties Ltd pour le Plot 22A situé dans la région de la Cybercité d’Ébène. Ce qui serait contraire à la décision prise, il y a quelque temps, par Landscope Mauritius.

Le conseil d’administration a non seulement décidé de ne plus accorder de nouveaux baux aux sociétés immobilières dans la région d’Ébène, mais il entend aussi récupérer ceux ayant été accordés dans le passé. Cela signifierait alors que des cadres de Landscope aient fait fi de cette décision. Face aux accusations portées contre ces derniers dans la lettre, l’Icac a décidé d’ouvrir une enquête.