Tessa de Chalain : Electro Girl

Par Caroline Duval O commentaire
Tessa de Chalain

Ses beats électro font vibrer les clubbers chaque week-end. Cette amoureuse des platines jongle entre l’événementiel et le deejaying. Elle fait partie des rares djettes à mixer de l’électro à Maurice et a su, au fil des années, se faire un nom dans ce domaine. Rencontre.

Donnez-lui des platines, un casque et Tessa plonge dans son univers. Elle sort des pénombres des boîtes de nuit et nous dévoile son parcours passionnant de djette. C’est d’ailleurs la passion pour la musique qui l’a menée là où elle est aujourd’hui. À 31 ans, Tessa de Chalain évolue dans un monde fait de son et de lumière.

Cette entrepreneuse s’est mise à son propre compte depuis le début de cette année en ouvrant sa boîte d’événementiel. En effet, c’est après de longues années d’expériences dans ce domaine qu’elle décide de lancer sa propre boîte. Si en journée Tessa est derrière un bureau ou chez des clients, en soirée, c’est sur les platines qu’on la retrouve. « Je me suis imprégnée de cet univers alors que j’étais en Australie pour mes études. Le milieu de la musique m’a toujours attirée, je suivais régulièrement mon copain dans les soirées et je l’observais lorsqu’il pratiquait à la maison », raconte Tess. À son retour à Maurice en 2011, deux ans plus tard, elle se voit proposer une formation basique en deejaying avec Aakash.K. 

« À l’époque, je travaillais en journée, et ce n’est qu’en soirée que j’avais le temps de suivre ces cours et parfois je terminais vers 23 heures. » La jeune femme qui n’avait pas de matériel de deejaying mixait sur l’ordinateur. L’occasion lui est présentée en 2013 de faire enfin montre de son talent de djette. Elle présente son premier set en 2013 à la soirée Selectro, à Bois-Chéri. « Je ne suis pas fière, aujourd’hui, de ce premier set,  car il aurait pu être beaucoup mieux, mais je n’oublie pas cette première expérience », confie Tessa.

Elle n’avait pas d’équipements pour pratiquer, et c’est en live qu’elle improvisait des sons. Du underground, techno, deep housse, progressive house, la jeune femme évolue dans un univers 100 % masculin. D’ou son souhait de se faire remarquer. Tessa décide cette année de suivre des cours auprès de David Jay afin de se perfectionner sur les platines.

L’année des défis

La djette a lancé son propre label Local Matters l’année dernière.

2017 a été l’année de tous les défis, la propulsant de plusieurs grosses soirées electro. Elle se voit aussi offrir l’opportunité d’être président dj pour Lakaz à Cascavelle. Son emploi du temps chargé, elle le gère d’une main de maître. « Je peux passer 30 minutes à six  heures à préparer un set, mais souvent tout bascule dans l’improvisation, au rythme du
crowd. » Être djette demande d’avoir l’oreille, explique-t-elle, car tout le monde ne peut pas improviser. Et d’ajouter que Maurice a aussi connu ces dernières années de nombreux djs internationaux.

« C’est un plus pour nous, djs mauriciens, car cela nous permet d’évoluer et d’apprendre » Tessa raconte d’ailleurs avoir été impressionnée par le dj israélien Khen lors de son passage à Maurice. « Je devais jouer juste après lui, mais sa performance était tellement incroyable que je lui ai donné mon slot et il a mixé pendant six  heures sans s’arrêter. »

De nature stressée, Tessa confie qu’elle a toujours de gros moments d’angoisse avant de commencer à mixer. « Mon stress prend au moins 20 minutes pour se dissiper. Tout est une question d’échange avec les membres du public. On leur transmet de l’émotion et ils nous donnent leur énergie en retour.»

La djette a lancé l’année dernière son propre label, Local Matters, visant à promouvoir les talents locaux dans le deejaying. « Nous ne manquons pas de talent dans ce domaine à Maurice, je pense par exemple à Dj Rain qui excelle dans le deejaying et dans la production. » Local Matters vise à offrir à ces talents la visibilité qu’ils méritent. « L’on a beau dire que le deejaying est fatigant, mais lorsqu’on est passionné, le rythme de vie ne pose pas vraiment problème. »

En effet, Tessa joue dans des soirées deux à trois fois par mois, ce qui lui laisse le temps de s’occuper de son business en journée. Elle est responsable de la communication pour l’événement Porlwi by Nature. Ses projets à venir : continuer à se perfectionner dans le domaine et se lancer aussi dans la production.

Credit phot : Joël Capillaire et Akshay Jummoodoo