Trafic de drogue : Kistnah appelé à s’expliquer sur 38 cargaisons illégales

Par Nasif Joomratty O commentaire
Navind Kistnah

Rapatrié à Maurice il y a trois mois, le trafiquant présumé Navind Kistnah devra s’expliquer sur les cargaisons d’héroïne qui sont rentrées au pays entre avril 2016 et mars 2017. Après le premier volet de ses confessions, il sera interrogé cette semaine par l’Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu).

Avec les différents volets de l’enquête et les retombées de certaines démarches, les autorités ont conclu qu’en au moins 38 occasions, des colis de drogue, sont entrés au pays, avec la complicité du directeur de Kun Management Ltd. Désormais, Navind Kistnah sera appelé à s’expliquer, avec des dates précises, sur les différentes cargaisons arrivées au pays et qui ont été dédouanées par sa société Kun Management Ltd. La dernière partie du premier volet des aveux de Navind Kistnah était liée à ses avoirs et son compte bancaire, tout comme ceux des proches membres de sa famille.

Les procédures entourant chacune de ses différentes transactions de dédouanement seront évoquées, lors des séances d’interrogatoire. L’ancien courtier maritime non-patenté, qui dirigeait une société spécialisée dans l’affrètement de colis, sera confronté à plusieurs « factures ». Les enquêteurs tenteront de savoir comment Navind Kistnah s’assurait du bon déroulement des procédures, concernant le dédouanement des colis de drogue, qui se faisait dans la plus grande discrétion, jusqu’au 9 mars, au moment où les autorités ont intercepté la cargaison de 135 kg d’héroïne.

Au QG de l’Adsu, après que les différents protagonistes de l’affaire ont pu être rattrapés, la version de Navind Kistnah, portant sur les différents aspects du trafic, intéresse l’Adsu. Si Navind Kistnah joue encore la carte du témoin à charge potentiel pour obtenir l’immunité en multipliant sa collaboration et les dénonciations, la police compte en profiter. « Plus il coopère, plus sa chance d’obtenir l’immunité ira en augmentant », affirme un enquêteur.

Mais le mot final, reviendra au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), qui analysera les différents arguments formulés dans la demande d’immunité, par le biais des hommes de loi de Navind Kistnah, Mes Rama Valayden et Neelkanth Dulloo.