Une soixantaine d’enfants atteints du VIH / Sida

Par Jean-Marie St Cyr O commentaire
Pils

Une soixantaine d’enfants vivent avec le VIH / Sida à Maurice. Ils ont été contaminés durant la grossesse de leur mère. Si beaucoup ignorent qu’ils sont séropositifs, d’autres sont conscients de la prise de médicaments à vie.

Dylan* n’a qu’une dizaine d’années. Malgré sa nature frêle, c’est un enfant qui croque la vie à pleines dents. Intelligent, il fait la fierté de son entourage. Son seul souci : il est  séropositif. Il a failli perdre la vie très jeune car il n’adhérait pas aux médicaments qu’il doit prendre au quotidien. Une organisation non gouvernementale l’a alors encadré et soutenu. L’enfant n’habitait pas avec ses parents, mais avec une proche très âgée.

Comme Dylan, une soixantaine d’enfants vivent séparés de leurs parents décédés ou incapables de les élever. « Ils sont morts à cause des infections opportunistes ou parce qu’ils n’ont pas suivi leurs traitements », explique Marie-Ange, coordinatrice de terrain à l’ONG Pils, qui encadre et soutient une vingtaine d’enfants séropositifs âgés entre 2 et 18 ans. Certains vivent avec des proches ou ont été adoptés.

« Nous les aidons à suivre régulièrement leur traitement », souligne Marie-Ange.

C’est indispensable car à cet âge, on ne pense pas à prendre ses médicaments. C’est à l’adolescence que certains ont appris leur statut sérologique après avoir été préparés psychologiquement à accueillir cette nouvelle. « Nous avons fait leur formation, des jeux de cartes participent à cette thérapie », précise-t-elle. Les plus petits ignorent tout de leur maladie. Tous bénéficient d’un soutien social et médical, et l’accompagnement d’un psychologue.

Outre les enfants, les femmes doivent vivre « cachées » par rapport à leur état de santé. Malini*, celle qui a osé en parler, est morte, rejetée par sa famille et la société. Aucune autre n’a alors osé révéler sa maladie. Témoignant sous couvert de l’anonymat, Joyce* dit éprouver de nombreuses difficultés pour suivre des soins.

« Je dois subir le regard des autres. Il y a comme une barrière entre nous. Ce regard inquisiteur me fait mal. Je suis découragée. Je continue à me battre pour mon enfant. S’il n’y pas autant de stigmatisation et de discrimination envers ceux vivant avec le VIH / Sida, j’aurais suivi sereinement mon traitement. »

« Un traitement régulier permet de vivre avec la maladie », explique le Dr Deven Ponnoosamy, médecin responsable de l’Unité VIH / Sida du ministère.

« Avec un traitement régulier, la charge virale devient négative, le virus indétectable bien que présent dans le corps. La contamination est nulle, le malade ne peut plus infecter une autre personne. »

*prénoms modifiés.