[Vidéo] À Grande-Rivière Sud-Est : il tue son père infidèle

Par Kendy Antoine, Ellvina Nallan O commentaire
Krishnaduth Ramchurn

Krishnaduth Ramchurn, un ex-caporal de police de 65 ans, a été tué à son domicile à Grande-Rivière Sud-Est, le dimanche 21 janvier. Son agresseur n’est nul autre que son fils Rony, 26 ans. Deux jours après, ce dernier a dissimulé le cadavre dans un tonneau avant d’y verser du ciment. Rony a avoué l’avoir tué parce qu’il trompait sa mère.

Le village de Grande-Rivière Sud-Est est en émoi. Krishnaduth Ramchurn, un policier à la retraite, a été froidement tué par son fils Rony, un informaticien. La police a eu vent de ce meurtre quand le frère de Krishnaduth, un ancien assistant-commissaire de police (ACP), a fait une déposition au poste de police de Bel-Air Rivière-Sèche mercredi pour rapporter la disparition du sexagénaire.

Jeudi, le chef inspecteur Thakoor et son équipe, ainsi que des limiers de la brigade criminelle de la localité, ont fait le déplacement au domicile de Krishnaduth, aussi connu comme Vinod. Son fils Rony, qui était présent, les aurait informés que son père n’était pas là. Se doutant que quelque chose se tramait, les policiers ont pénétré la demeure pour fouiller les lieux.

C’est une odeur nauséabonde qui leur a mis la puce à l’oreille. Ils ont retrouvé un drap maculé de sang. Les limiers ont alors interrogé Rony. Les policiers ont constaté qu’il avait des égratignures sur la paume de la main et des griffures aux doigts.

«Camoufler l’odeur»

Après un interrogatoire serré, l’informaticien a fini par cracher le morceau. Il a raconté aux enquêteurs que son père avait trompé sa mère. En décembre dernier, l’ex-caporal était parti de la maison. « Ce n’est que le vendredi 19 janvier que mon père est retourné à la maison. Le dimanche 21 janvier, mon papa se trouvait dans la cuisine. Nous étions seuls et nous avons eu une dispute sur sa liaison, car depuis qu’il sortait avec l’autre femme, il agressait ma mère », a-t-il dit aux limiers.

Le ton est rapidement monté et la situation a dégénéré. « Je me suis saisi d’un bois et j’ai assené plusieurs coups à mon père à la tête. Il est tombé. Il ne respirait plus », a raconté le jeune homme. Il explique qu’il a traîné son père dans la salle de bains, au premier étage. Il a laissé le cadavre sur place et s’est rendu à une prière dans la localité. De retour à la maison, il a de nouveau déplacé le corps : « Je l’ai mis dans une pièce inoccupée. »

Le lendemain, il s’est rendu à Bramsthan où il dit avoir acheté un tonneau. « Une fois à la maison, j’ai mis le tonneau dans le garage. » Entre-temps, le corps se décomposait. « Mardi, le cadavre dégageait une odeur. Mo finn trenn lekor-la anba », a dit le jeune homme aux hommes de l’ACP Hangsraz.

Il a alors placé son père dans le tonneau. Il a ensuite pris de la poudre de ciment qu’il a déversée sur le cadavre. « Je l’ai recouvert pour camoufler l’odeur », a-t-il précisé. Au terme de cette première séance d’interrogatoire, le jeune homme a été conduit en cellule policière. Il sera inculpé de meurtre ce vendredi 26 janvier.
L’épouse de la victime et celle de Rony ont été entendues par les limiers. Elles ont dit qu’elles n’avaient rien à avoir avec cette affaire. Elles ont été autorisées à partir après leur interrogatoire. Les funérailles de la victime sont prévues ce vendredi matin.


Les frères du défunt : «Il projetait de jeter le cadavre dans une rivière»

À Grande-Rivière-Sud-Est, les frères de la victime sont révoltés. Cela faisait quelques jours qu’ils étaient sans nouvelles de Krishnaduth. « Nous l’avons appelé maintes fois, mais il ne répondait pas. Un proche est allé le voir lundi, mais le fils de Vinod lui a dit qu’il ne l’avait pas vu. Mardi, toujours pas de nouvelles. Mercredi, nous sommes allés le voir et son fils nous a empêchés d’entrer. Nous sommes partis au poste de police pour signaler la disparition de notre frère. Rony avait tout planifié. Il projetait de se débarrasser de lui dans la rivière juste à l’arrière de la maison », s’indignent-ils. Un habitant se dit choqué, car l’informaticien était « un garçon tranquille ».