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2019 : une année charnière pour les travailleurs

Textiles Des amendements aux lois du travail sont réclamés.

Avec le gouvernement qui entame la dernière courbe de son mandat, 2019 s'annonce comme une année charnière pour le monde du travail.  Et, selon des observateurs avertis, le gouvernement n’a pas droit à l'erreur. Il ne devra en aucun cas froisser les travailleurs qui constituent la plus importante fange de l’électorat.

Qu'est-ce que le gouvernement a en réserve pour arriver à séduire les travailleurs en 2019 ? Selon des observateurs, il ne lui reste que trois cartes  maîtresse à jouer : il devra en premier lieu apporter des modifications aux deux lois industrielles que sont l'Employment Relations Act et l'Employment Rights Act. Il devra aller de l’avant avec la publication du rapport du PRB et enfin procéder à un réajustement salarial, tant dans le secteur public que privé suivant le salaire minimal qui a été fixé.

Amendements des lois du travail

En ce qui concerne les amendements des lois du travail, le président de la General Workers Federation (GWF), Clency Bibi, souhaite que les syndicats aient entre les mains, dès janvier prochain, l’ébauche du projet de loi. C’est pour qu’ils aient amplement le temps pour analyser le document et se préparer à faire des contre-propositions avant d’être présentés en mars 2019 à l’Assemblée nationale.  

Le consultant en relations industrielles, Dev Luchmun, estime que le gouvernement devrait venir au plus vite – avant la fin de son mandat - avec un projet d'amendements de l'Employment Rights Act et de l'Employment Relations Act. Il devrait le faire s’il voudrait présenter un bilan honorable aux travailleurs en matière de relations industrielles. « Autrement, ce sera comme un gros nuage noir cachant ses autres initiatives en faveur des travailleurs, dont l'introduction du salaire minimal, l’impôt négatif et l'augmentation du nombre de congés de maternité, entre autres », dit-il.

Dev Luchmun dit craindre que tout retard d’exécution de la part du gouvernement puisse être interprété comme un manque de volonté pour changer  les lois du travail alors qu'il avait promis de le faire lors de la campagne électorale de 2014. Dev Luchmun fait encore remarquer que depuis 2015, le ministère du Travail n'a proposé aucun règlement sur la santé et la sécurité au travail.

Portable Severance Allowance

Dev Luchmun avance que les travailleurs s’attendent à voir l'introduction d'un Portable Severance Allowance Fund. Selon la formule, la totalité des années de service des travailleurs du secteur privé est comptabilisée lors du calcul de leur severance allowance une fois l'âge de la retraite atteint. Cela, bien qu'ils auront travaillé dans différentes entreprises lors de leur parcours professionnel.

Réforme du Plan National de Pension

Le consultant en relations industrielles souhaite aussi qu'en 2019, le gouvernement prenne d'autres mesures pour améliorer davantage les conditions de travail des salariés du secteur privé. Il est en faveur d’une refonte totale du plan national de pension qui, dit-il, date de plus d'une quarantaine d'années, privant aux retraités du secteur privé un meilleur plan de pension une fois à la retraite.

Clency Bibi est sur la même longueur d'onde. Il souhaite la mise sur pied d'un comité tripartite pour se pencher sur la question. Il juge inadmissible qu'après des années de travail, les travailleurs du secteur privé n'ont droit qu’à une pension dérisoire du National Pensions Fund. «  C'est triste qu'après avoir contribué pendant des années à l' économie nationale de par leur travail, ceux du secteur privé sombrent dans la misère une fois arrivés à la retraite. »

Comité tripartite

Dev Luchmun aurait aussi souhaité que le comité tripartite (gouvernement, patronat, syndicats) se réunisse plus souvent pour discuter des sujets visant à l'amélioration des conditions de vie des travailleurs.

Le président de la Government Services Employees Association( GSEA), Radhakrishna Sadien, déplore lui aussi ce manque de contact régulier entre les partenaires sociaux : «  C'est triste que, chaque année, lors du comité tripartite sur la compensation salariale, on prend l’engagement de  se rencontrer régulièrement pour discuter des sujets d'importance nationale, mais rien  n'est fait par la suite  » dit-il.

Salaire minimal

Clency Bibi avance qu'en 2019, la GWF intensifiera sa campagne pour que le salaire minimal passe à Rs 14 000, soit au même niveau que celui préconisé par le Household Budget Survey. Cela, afin qu'une famille puisse vivre décemment. Il ajoute qu'il va se battre pour que la pension de vieillesse soit portée au même niveau que le salaire minimal.

Radhakrishna Sadien est du même avis. Il considère que les Rs 8 140 ne sont qu'un premier pas vers le salaire décent et dont le montant, dit-il, doit faire l'objet de discussions entre les partenaires sociaux.

Rapport PRB

Le président de la GSEA rappelle que 2019 rimera aussi avec la publication du rapport du PRB dans la Fonction publique. Il affirme qu'il va se battre pour que le prochain rapport soit publié en octobre 2019, pour être adopté en janvier 2020.

Toutefois, le dirigeant syndical avance qu'il veillera à ce qu'il y ait un réajustement salarial tant dans la Fonction publique que dans le secteur privé, suivant l'introduction du salaire minimal au début de cette année.

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