Interview

Ajay Gunness : «Il n’y a pas de parti plus démocratique que le MMM»

Ajay Gunness

À ceux qui disent que le vote en faveur de Paul Bérenger, le samedi 10 février, n’était pas démocratique, Ajay Gunness, secrétaire général du Mouvement militant mauricien, affirme qu’il n’y a pas plus démocratique que le parti.

Des voix se sont élevées au niveau du comité central pour dire que la démission de Paul Bérenger, le samedi 10 février et sa réélection trois heures plus tard, était un coup monté. Que répondez-vous à cela ?
Mais jamais de la vie. Reza Uteem, président de la séance du comité central, a dit qu’il avait été mis au courant par Paul Bérenger quelques minutes avant le début de la réunion. La motion a été mise à l’ordre du jour et celle-ci a été débattue. On en a discuté au sein du Bureau politique, puis au niveau du comité central. Je peux vous dire que rien n’avait été planifié à l’avance.

Vous aviez pourtant déjà des bulletins de vote imprimés en votre possession…
Ceux qui prennent cela comme preuve d’une manœuvre orchestrée sont de mauvaise foi. Il faut se rappeler qu’il y avait eu un vote du comité central sur un autre sujet, il y a deux semaines. Les bulletins en ma possession avaient été imprimés à cette occasion-là. Comme il peut y avoir un vote à n’importe quel moment au niveau du Bureau politique, comme du comité central, j’emmène des bulletins avec moi au cas où.

Le vote nous a permis de constater que nous avons des hypocrites à l’intérieur de nos instances»

Que répondez-vous à ceux qui disent que le vote de samedi n’était ni libre, ni démocratique ? Il n’y avait même pas d’urnes, par exemple.
Chacun a eu un bulletin et il choisit l’endroit de la pièce où il a envie de voter, et s’il a envie de montrer son choix à son voisin. Il faut agir comme des adultes et cesser de se comporter comme des enfants. Cela aurait été, au contraire, aberrant si nous avions fait un vote à main levée. Puis le dépouillement a été fait par des gens qui n’ont pas été contestés. Aucun parti ne fait de vote à bulletin secret comme le MMM. Je ne vois pas comment on peut être plus démocratique que cela.

Quel enseignement tirer de ce vote ?
Quatre-vingt pourcent des militants ont soutenu qu’on a besoin de Paul Bérenger comme leader. Neuf personnes ont voté contre lui, mais elles n’ont pas eu le courage d’exposer ouvertement les raisons de leur contestation. Puis personne ne s’est présenté ou n’a été présenté comme leader. Le vote a également permis de constater que nous avons des hypocrites à l’intérieur de nos instances.

L’autre constat est que 20 % des membres du comité central n’ont pas voté en faveur de Paul Bérenger comme leader. Que faites-vous d’eux ?
Le travail continue. On met de côté les hypocrites. Je tiens à rappeler qu’il n’y a jamais eu d’unanimité lors des votes. Le 8 février 2015, à l’assemblée des délégués, sur 540 branches, une trentaine avaient voté contre lui. Il n’y a donc rien de nouveau.