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Dengue : un arsenal de mesures pour éviter la propagation

Fumigation La végétation, les equx stagnantes, les déchets dans les cours font de Vallée des Prêtres une région propice à la prolifération des moustiques.

29. C’est le nombre de personnes ayant contracté le virus de la dengue. C’est à Vallée-des-Prêtres, à Port-Louis, que le plus grand nombre de cas (24) a été recensé. Depuis, le ministère de la Santé met les bouchées doubles pour éviter que le virus ne se propage dans les régions avoisinantes.

Un premier cas a été recensé la semaine dernière à Vallée-des-Prêtres. Depuis, des préposés du ministère de la Santé ont, pour ainsi dire, assiégé ce faubourg de la capitale. Et pour cause. Quotidiennement, ce sont deux ou trois nouveaux cas de dengue qui sont détectés parmi les habitants. L’épicentre de l’épidémie, confie une source au ministère de la Santé, est situé à proximité de l’école primaire de Vallée-des-Prêtres, School Lane. « La majorité des patients recensés jusqu’ici à Vallée-des-Prêtres, dont la plupart sont des Mauriciens, se trouvent dans un rayon de 500 mètres autour de cet épicentre. Nous dénombrons aussi quelques cas, notamment des étrangers dans des dortoirs, dans un rayon d’un à deux kilomètres », souligne notre interlocuteur.

Même si tout un arsenal de mesures a été pris (voir texte plus loin), surtout sur le terrain, afin d’éviter que ce virus ne se propage dans les régions avoisinantes, telles que Cité-la-Cure, Sainte-Croix, Plaine-Verte ou Vallée-Pitot, une source au 5e étage du bâtiment Emmanuel Anquetil indique que le risque est réel. « Le risque de propagation est là, car il y a un mouvement parmi les habitants que nous ne pouvons empêcher. Idem pour les véhicules qui entrent et sortent de la région. C’est un risque qui, toutefois, s’amenuise au fil des jours, car nous avons déjà déclenché les exercices de fumigation et de ‘larviciding’ », rassure notre interlocuteur.

De plus, dit-il, les préposés du ministère de la Santé ont eu, à plusieurs reprises dans le passé, à faire face à ce type de situation. « Ils ont connu l’épisode de 2006, de 2009 ou encore celui de 2014. Ce qui fait qu’ils ont non seulement l’expérience, mais aussi toute la logistique nécessaire pour mener à bien leur travail », poursuit-il.

Néanmoins, concède notre interlocuteur, cette tâche peut se révéler plus compliquée que prévu, tenant compte de l’environnement de Vallée-des-Prêtres, propice à une prolifération rapide des moustiques.  « Il faut d’abord comprendre leur comportement. Ces moustiques choisissent des conteneurs qui contiennent de l’eau et se trouvent dans un endroit ombragé pour pondre. Une fois éclos, les moustiques s’envolent et vont se nicher dans des endroits en friches. Avec toute cette végétation qu’il y a autour, sans compter des déchets çà et là et des cours qui ne sont pas toujours bien entretenues, Vallée-des-Prêtres est l’endroit idéal pour la prolifération de moustiques », soutient-il.


Anwar Husnoo : « Aucun décès jusqu’ici »

« Il ne faut pas être alarmiste. La situation est sous contrôle. » Propos du ministre de la Santé, le Dr Anwar Husnoo, hier. Il assistait à un vernissage au siège de l’Alliance Française de Maurice, à Bell-Village. Faisant un parallèle avec l’Ile de La Réunion, le ministre se réjouit qu’aucun décès n’ait été enregistré sur les 29 cas enregistrés jusqu’ici. « Alors que l’année dernière à La Réunion, on dénombrait six décès causés par le virus de la dengue », fait ressortir le ministre. Il ajoute qu’il se déplace régulièrement pour constater de visu les exercices menés sur le terrain. Le Dr Anwar Husnoo, dans la foulée,  a condamné l’agression perpétrée sur deux employés du ministère de la Santé à Vallée-des-Prêtres au cours de la semaine. Il juge cela inadmissible. « Ceux qui ont fait ça devront payer les conséquences de leurs actes », martèle-t-il.


Un employé d’Air Mauritius testé positif

Un nouveau cas de dengue détecté, hier, par le ministère de la Santé. Selon nos informations, il s’agirait d’un employé d’Air Mauritius qui  est rentré d’un voyage en Inde. Il a été soumis au protocole suivi par le ministère de la Santé pour les régions à risque.

Toutefois, ce n’est que vendredi 15 mars que les tests sanguins de cette personne se sont révélés positifs pour la dengue. Le patient a été immédiatement hospitalisé, affirme une source du ministère de la Santé. Selon les procédures, les préposés de la Santé doivent téléphoner aux passagers qui viennent de rentrer de pays à risques.

Le personnel de la Santé a  immédiatement enclenché une opération de fumigation, vendredi en fin d’après-midi, dans le voisinage immédiat de la résidence du patient.

Une opération de fumigation sera effectuée au Paille-en-Queue Court,  à Port-Louis et ses alentours afin de prévenir toute propagation. Le patient a pu accédé à son lieu de travail pendant la période d’incubation du virus, indique notre source. L’exercice de fumigation au siège d’Air Mauritius est prévu pour cet après-midi.

Le ministère précise que ce cas n’est pas comptabilisé dans les 29 cas recensés à Maurice, car étant un cas importé. Chaque année, on note plusieurs cas importés, explique un cadre de l’inspectorat sanitaire.


Vallée-des-Prêtres assiégée par la Santé

Il existe quatre équipes du ministère de la Santé pour mener les opérations de contrôle du virus de la dengue.
Il existe quatre équipes du ministère de la Santé pour mener les opérations de contrôle du virus de la dengue.

A Vallée-des-Prêtres, quelque 50 employés du ministère de la Santé dont des Health Surveillance Officers, des Public Health & Safety Officers et des Sprayermen, sont mobilisés quotidiennement. Ils ont été répartis en quatre équipes et à qui une tache spécifique a été confiée. Objectif : détecter les cas en amont, rompre la chaine de transmission, tout en diminuant la population de ces moustiques dans la région.

Equipe 1. Des Health Surveillance Officers ont pour tâche de détecter et de recenser les cas de fièvre, l’un des symptômes du virus, parmi les habitants. Un exercice de porte à porte qui consiste à demander s’ils souffrent de fièvre et de faire ensuite une prise de sang sur la personne souffrante, laquelle est ensuite envoyée au laboratoire pour des analyses. Ces préposés ont aussi la possibilité de faire des tests instantanés,  soit des tests sanguins qui permettent d’obtenir des résultats immédiatement. Et enfin, lors de cet exercice, ils en profitent pour sensibiliser les habitants à travers la distribution de pamphlets et de crèmes anti-moustiques.

Equipe 2. Comprenant des Public Health & Safety Officers, cette deuxième équipe a pour mission de passer de maison en maison à la recherche de ‘nuisance’, soit tout objet dans lequel de l’eau peut s’accumuler, notamment des pneus usés. Ces personnes ont ainsi la prérogative de mettre à l’amende des habitants qui ne respecteraient pas leurs consignes.

Equipe 3. La troisième équipe est constituée de Sprayermen qui font du ‘larviciding’, soit la vaporisation d’insecticide dans les endroits où il y a des accumulations d’eau afin d’éliminer les larves qui deviendront plus tard des moustiques.  

Equipe 4. Si les trois équipes mentionnées ci-dessus n’interviennent que le matin et durant la journée, une quatrième équipe entre en jeu au coucher du soleil. Là encore il s’agit de Sprayermen mais qui procèdent cette fois à un exercice de fumigation. Un exercice qui se fait sur une séquence de 0-3-7-10. C'est-à-dire que le fogging débute un jour spécifique, se poursuit sur le troisième jour, puis le septième et le dixième jour.

Equipe renforcée

Fumigation

Lors de cet exercice, le nombre de fonctionnaires présents sur le terrain passe de 50 à 300, voire jusqu’à 400, comme c’était le cas à Vallée-des-Prêtres en début de soirée, vendredi. « Nous bénéficions alors du support des inspecteurs sanitaires venus de tous les 13 bureaux éparpillés à travers le pays, des fonctionnaires du ministère de l’Environnement, de la Special Mobile Force, entre autres. Divisés en plusieurs équipes, chacune d’entre elle doit couvrir une région spécifique », confie un cadre du ministère de la Santé. Il précise que les exercices sur les terrains vont se maintenir aussi longtemps qu’aucun cas ne sera recensé durant une période d’environ un mois. « Ce n’est qu’après qu’on pourra dire que Vallée-des-Prêtres est sortie d’affaire », dit-il.


Des dispositions spéciales à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo

À l’hôpital Dr A.G Jeetoo, où une vingtaine de personnes infectées ont jusqu’ici été admises, des dispositions spéciales ont été prises pour les prendre en charge efficacement. C’est ce qu’indique Jameer Yeadally, attaché de presse au ministère de la Santé.

Lorsqu’une personne est testée positive du virus de la dengue, après un test sanguin, elle est immédiatement admise à l’hôpital. « Nous avons, pour cela, mis en place un ‘fast track’ au département des urgences. Le patient est admis dans un ‘Side Ward’, une salle isolée des General Wards et le lit est couvert d’une moustiquaire. Aussitôt les traitements vont débuter, notamment contre la fièvre et les courbatures. Si le patient est déshydraté, les médecins vont le  mettre sous perfusion. De là, le patient subira régulièrement des tests sanguins jusqu’à ce que les résultats soient négatifs au virus. Ce n’est qu’à ce moment là qu’il sera autorisé à rentrer chez lui », explique Jameer Yeadally, tout en soulignant que le traitement peut s’étaler sur plusieurs jours.


Groupement Social Karo lalo et Vallée-des-Prêtres - Mahadeven Ghengadoo : « Les habitants vivent dans la peur »

La crainte se serait installée parmi des habitants de Vallée-des-Prêtres. C’est ce qu’indique Mahadeven Ghengadoo, président du Groupement Social Karo lalo et Vallée-des-Prêtres.

« Bann habitan pe viv dan la krintt. Pa pe kone kouma tousala pe arive. » Propos de Mahadeven Ghengadoo, que tout le monde dans la région connait comme « Amba ». Des parents, poursuit-il, ont peur d’envoyer leurs enfants à l’école. « Néanmoins, nous avons eu une rencontre avec le responsable de l’école primaire de Vallée-des-Prêtres. Il nous a assurés que toutes les mesures ont été prises, à travers notamment des exercices de fumigation dans l’enceinte de l’école et la distribution de crème antimoustique aux écoliers », explique Mahadeven Ghengadoo.

De plus, dit-il, la présence quasi-permanente des préposés du ministère de la Santé à Vallée-des-Prêtres rassure. « Ces derniers font du porte à porte à la recherche de personnes présentant des symptômes du virus et procèdent à l’exercice de fumigation et de larvicide », souligne ce directeur d’une compagnie de transport.

Amba ajoute que des habitants se montrent plus conscients et ont pris les devants pour prendre les précautions nécessaires. « Certains nettoient leur cour alors que d’autres se débarrassent des objets dans lesquels ces moustiques peuvent pondre. Le gens utilisent aussi davantage les crèmes et lotions anti moustique », dit-il.

Amba, à travers le Groupement Social Karo lalo et Vallée-des-Prêtres, dit collaborer pleinement avec les autorités. « Nous assistons aux réunions. Etant donné que nous connaissons bien la région, nous accompagnons parfois les fonctionnaires concernés sur le terrain », déclare Mahadeven Ghengadoo, tout en concédant que certains se montrent plus réticents. « Ena peur pou donn  koudme tensyon zot gayn sa », dit-il.

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