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Deux boursiers de l’Alliance française étudieront bientôt dans l’Hexagone

Après quelques années d’interruption, le gouvernement français s’est à nouveau engagé auprès de l’Alliance française de Maurice à offrir une bourse aux deux meilleurs lauréats de la classe de Terminale (HSC). Parmi les 46 élèves de la cuvée 2018, dont 32 filles et 14 garçons, Diviksha Jeebaun et Alessandro Fabiani Bigaunah ont obtenu une bourse pour effectuer des études supérieures en France. 

Alessandro Fabiani Bigaunah : «J’aime juste écrire un bon français» 

Alessandro Fabiani Bigaunah

Alessandro Fabiani Bigaunah, 18 ans, du Royal College Curepipe, est le titulaire de la Bourse d’excellence et lauréat du Prix du président, avec le meilleur pourcentage en dissertation littéraire. Son parcours à l’Alliance française a commencé tôt. à l’âge de 10 ans, Alessandro participait déjà au concours d’orthographe au niveau primaire. « Petit, je lisais des livres, mais je n’avais pas vraiment d’intérêt particulier pour la langue française. Au fil du temps, grâce à l’Alliance, je me suis pris d’amour pour cette langue », narre-t-il.

« Ces sept années à l’Alliance ont été très enrichissantes quant à la grammaire et au vocabulaire. Ma culture dans la langue française s’est vraiment améliorée », affirme-t-il. L’expérience qui l’a marqué, c’est la dévotion totale de sa prof à l’enseignement. « Ma prof, Mme Punchoo, nous aidait vraiment à comprendre ce qu’on faisait, que ce soit au niveau de l’orthographe ou de la grammaire, et même de la littérature pour les classes plus avancées », partage-t-il. 

Son point fort à lui, ce sont les exercices d’orthographe. Méticuleux et pointilleux sur les fautes d’orthographe, il explique qu’il lui arrive systématiquement de repérer des erreurs dans les livres. Du fait de cet intérêt plutôt inhabituel, on lui a demandé pourquoi il prenait autant l’orthographe à cœur ? « Parce que j’aime tout simplement écrire un bon français », répond-il. Ayant également fait de la littérature pendant trois ans, il dit que ce genre ne l’intéresse pas vraiment malgré la passion de la lecture. « Je ne suis pas fan du genre littéraire, mais comme j’adore les jeux vidéo, je me penche plus vers le genre science-fiction ou thriller, comme Poirot d’Agatha Christie », explique-t-il. Il avoue toutefois que cela l’aide à voir les choses selon d’autres perspectives. « La littérature ouvre l’esprit, elle nous permet d’analyser les situations de la vie de tous les jours avec un œil plus ouvert. » 

étant un amoureux de la nature et des animaux, Alessandro veut, avec sa bourse, poursuivre des études dans la filière scientifique, afin de devenir ingénieur en énergies renouvelables. « C’est la science de l’avenir, il faut commencer à penser aux alternatives », affirme-t-il.

Diviksha Jeebaun : «Plus que comblée d’avoir la chance de poursuivre mes études en France»

Diviksha Jeebaun

Diviksha Jeebaun, 18 ans, du Mahatma Gandhi Institute de Moka, est titulaire de la Bourse de mérite de l’Alliance française grâce à son 1er prix en dissertation littéraire. Avec une sœur aînée classée première en littérature française, au niveau national, de la School Certificate en 2011, comment ne pas être inspirée ? Cette passion de la lecture et de la langue française lui ayant été transmise par sa sœur dès son plus jeune âge, son parcours à l’Alliance française de Maurice a débuté dès ses 11 ans, en classe de 6e (Grade 7). 

Toutefois, au début, malgré son amour pour la langue de Molière, elle était perdue dans le système de l’Alliance française, très différent du système scolaire mauricien. « Petite, j’ai toujours aimé faire la lecture ou regarder des films en français, mais, en 6e, je ne savais pas vraiment en quoi consistait ce concours et ses exigences en termes d’examen. Ce sont mes parents qui m’ont encouragée à prendre part à l’Alliance, vu mon intérêt pour la langue française », se souvient-elle. 

Par la suite, elle a maîtrisé le concept, avec l’aide des cours au Centre culturel d’expression française. Pour cette amoureuse de littérature, la langue française est « en elle-même l’une des plus belles langues » et elle doit cette immense découverte à l’Alliance. « C’est sûr que j’ai toujours aimé la lecture, mais c’est vraiment l’Alliance qui m’a initiée à la découverte des auteurs français renommés. Mais surtout à me connecter au monde de la francophonie à Maurice à travers des écrivains tels que Natasha Appanah et Ananda Devi », partage-t-elle. 

Cependant, le livre qui l’a le plus marquée est La cantatrice chauve, pièce de théâtre d’Eugène Ionesco. « Ce que j’ai le plus apprécié, c’est que rien n’a de sens. Ce qui est précisément le but de l’existentialisme, dont parle Ionesco. D’ailleurs, ma réaction à la première lecture n’était pas favorable. Comme on est habitué à vouloir comprendre et analyser les choses d’une manière systématique, j’étais frustrée de ne pas pouvoir le faire dans ce cas. » Excitée à l’idée de décortiquer et comprendre cette pièce, elle se plonge alors dans les livres de l’IFM afin d’étudier la pièce. «  Même si je ne suis pas du même avis que Ionesco, qui pense que l’existence humaine n’a aucun but, il m’a appris qu’il ne fallait pas prendre la vie trop au sérieux. »

Des nouvelles policières d’Agatha Christie à La cantatrice chauve, d’Eugène Ionesco, Diviksha a grandi avec de grandes œuvres. Elle dit que l’expérience Alliance française est unique en son genre et l’a sortie de sa zone de confort, en provoquant chez elle le goût de réfléchir. « Un beau jour, on peut entrer en classe avec une citation d’un philosophe français écrite au tableau et on nous demande de rédiger un plan détaillé d’une dissertation sur place en trente minutes », lance-t-elle. 

Étudier la littérature à l’Alliance française l’a aidée à formuler des opinions sur de nombreux sujets. Et cela lui a appris l’importance de l’art et de la culture. Avec une bourse en main pour étudier en France, elle compte poursuivre des études en droit, tout comme sa sœur aînée. « Je pense que les capacités d’analyse et les connaissances acquises en termes d’histoire française m’aideront dans mes études supérieures », dit-elle. 

Éternellement reconnaissante envers son enseignante, Mme Edouard, ainsi que pour l’opportunité qui s’ouvre à elle, elle se dit chanceuse. « Je suis plus que comblée d’avoir eu la chance de poursuivre mes études dans le pays qui est la maison de tous ces grands auteurs et artistes. Je ferai de mon mieux pour avoir une bonne expérience de l’art et de la culture française », conclut-elle.

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