Législatives 2019

Faizal Jeerooburkhan : «Un renouveau dans la forme, mais pas sur le fond»

L’observateur politique Faizal Jeerooburkhan est d’avis qu’il y a un certain manque de qualité dans les nouvelles têtes présentées par les différents partis politiques. Cela favorisera ainsi la continuité dans ce que ces partis politiques présentent depuis des années à l’électorat. Dans ces circonstances, on ne peut parler de renouveau que dans la forme et pas sur le fond. Faizal Jeerooburkhan répond à certaines de nos questions.

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Nous voyons que les partis politiques traditionnels ont présenté de nouvelles têtes pour les prochaines élections. Cela reflète-t-il le renouveau qu’ils avaient promis ?
Cela reflète le renouveau promis uniquement dans la forme, mais pas sur le fond. Un renouveau implique nécessairement une hausse dans la qualité des nouvelles têtes présentées. On s’attend à voir des professionnels de calibre, connus pour leurs engagements citoyens et politiques. Des personnes compétentes et intègres ayant une connaissance du terrain et une connaissance basique des enjeux économiques, sociaux, environnementaux et géopolitiques. Des personnes disposées à lutter pour la démocratie, la justice sociale, la méritocratie, la transparence etc. Des personnes capables de lutter contre la corruption, le favoritisme, le népotisme, l’opacité, le communalisme, le castéisme. Des personnes disposées à travailler pour le bien de la nation et pas pour elles-mêmes, leurs proches ou leur groupe ethnique. Valeur du jour, certains des candidats présentés arrivent difficilement à satisfaire ces critères.

Est-ce vraiment ce qu’attend la population ? A-t-on voulu plutôt miser sur leur cote de popularité ?
Ce n’est certainement pas ce qu’attend la population. Miser uniquement sur la cote de popularité de certains candidats peut s’avérer catastrophique, car le comportement des électeurs a beaucoup évolué et ils sont devenus bien plus exigeants que dans le passé. D’ailleurs, face à des jeunes candidats inexpérimentés, les commentaires de type « Ki li kone dan politik? » fusent sur les réseaux sociaux. Malheureusement, comme le leader du parti a la prérogative de nommer les candidats, il impose son choix souvent sans prendre en considération les vœux de l’électorat. Cependant, dans une vraie démocratie, le choix des candidats doit se faire au niveau de la circonscription par les citoyens eux-mêmes avant d’être approuvé par le bureau politique du parti. Les candidats potentiels devraient préférablement avoir démontré leur engagement et leurs compétences lors des élections villageoises ou municipales précédentes.

Quels sont les chances de ces jeunes candidats face aux vétérans dans des « snap elections » ?
Face à des candidats expérimentés, connus pour leur engagement politique, les néophytes ont peu de chances de se faire élire. Même s’ils sont valables, les candidats peu connus auront du mal à se faire connaître et à se faire accepter en l’espace de trois semaines. Seront-ils capables de répondre aux questions parfois pertinentes des électeurs ? Seront-ils suffisamment préparés à affronter leurs adversaires politiques sur le terrain ? Avoir la confiance des électeurs demande beaucoup de présence, d’engagement et de persuasion.

 

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