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Flic-en-Flac, paradis le matin et enfer l’après-midi

Flic-en-Flac, tôt un lundi matin. Nous respirons l’air marin sur une plage quasi déserte. Les vagues rugissent en se brisant sur les récifs. Plus près de nous, le clapotis des vagues sur le sable. Les alizées soufflent dans le dos, signe qu’un anticyclone se décale vers l’Est. Le doux murmure des filaos se prête à la rêverie. Nous nous asseyons sur l’herbe, contemplant cette plage immaculée. Sur notre gauche, assez loin, cette beauté austère qu’est le Morne Brabant. Quelques touristes et joggeurs passent. Nous sommes au paradis.

Plage impeccable

Ce matin-là, la plage est d’une propreté ravissante. Les employés de la Beach Authority ont bien fait leur travail. Un agréable constat : les fossés et trous béants causés par l’érosion et restés dans cet état depuis longtemps ont été comblés par du sable venu d’ailleurs. Des poubelles bien accrochées ont été ajoutées à celles existantes. C’est ainsi plus difficile pour les chiens errants de vider leur contenu. Mais, en flânant sur la plage, nous constatons que les chiens sont bien là. Ils se prélassent sur l’herbe, à quelques mètres des touristes. C’est un véritable casse-tête pour les autorités.

D’anciennes toilettes ont été démolies. L’endroit va être converti en espace vert. Une incursion dans les toilettes existantes est révélatrice : aucune trace de saleté, bonne aération, pas la moindre odeur. Et l’eau coule.

Un bâtiment esthétique et flambant neuf de la Beach Authority se dresse à distance respectueuse de la plage. Une partie du mur est en roche taillée. C’est pour mieux gérer les plages de l’Ouest. 

Toilettes d’une propreté remarquable le matin.
Toilettes d’une propreté remarquable le matin.

600 arbustes

Question flore, les racines exposées et enchevêtrées des filaos sont les témoins impuissants d’une érosion tenace. De nombreux arbres dangereux ont été abattus à côté du Pearle Beach Resort et tout près de la plage récemment, laissant de grandes clairières ici et là.

Petit bâtiment esthétique de la Beach Authority.
Petit bâtiment esthétique de la Beach Authority.

La Beach Authority projette de diversifier le boisement du littoral balnéaire. On y voit déjà des veloutiers, arbustes aux racines plus nombreuses et moins dures. Mieux adaptés au climat de bord de mer, ils retiennent mieux le sable. 600 arbustes de diverses espèces seront bientôt mis en terre sur cette plage.

L’érosion gagne toujours du terrain. Un tronc restant parmi les dizaines d’arbres abattus.
L’érosion gagne toujours du terrain. Un tronc restant parmi les dizaines d’arbres abattus.

Flic-en-Flac l’après-midi

Deux jours plus tard, nous foulons la même plage dans l’après-midi. Elle est méconnaissable. Il y a de la saleté partout : cornets en papier, capsules, cannettes de bière, bouteilles de whisky, boîtes de cigarette, sacs et bouteilles en plastique, noix de coco, boîtes de repas à emporter. Nous nous approchons des poubelles. Elles sont, pour la plupart, presque vides. Une fois encore, l’incivisme règne en maître.

Quatre jeunes discutent près de leur van aux vitres baissées. La musique provenant de ce van écorche les oreilles. Pour se faire entendre, les jeunes hurlent. Plus loin, des chiens errants passent et repassent, en quête de nourriture. Des jeunes circulent à moto… sur les trottoirs. Une famille a apporté son chien. Il se faufile partout. Ailleurs, le bruit des ravanes, des radios lancées à fond et les instruments des adeptes du Geet Gawai.

Sous le kiosque, une dizaine d’adolescents, garçons et filles. Ils sont à deux mètres ou moins l’un de l’autre. Pourtant, ils hurlent. Les garçons ponctuent presque chaque phrase de jurons. Nous continuons notre round d’observation. Devant les toilettes, une dame dont l’enfant a les pieds couverts de sable. À côté, un conteneur rempli d’eau avec un seau. Un employé lui demande de bien vouloir débarrasser l’enfant de ce sable avant d’entrer dans les toilettes. Elle refuse. « Ou travay netoye », lance-t-elle à l’employé, humilié. 

Chiens errants sur la plage de Flic-en-Flac.
Chiens errants sur la plage de Flic-en-Flac.

Touristes médusés

Dans ce lot de baigneurs, de musiciens et de pique-niqueurs, des touristes incapables d’engager une conversation, tant le bruit a dépassé les limites permises. Médusés, ils regardent la mer. Certains marchent sur ce littoral parsemé d’immondices.

Clairement, il y a un problème. Certaines personnes ne savent pas ce qu’il convient de faire sur une plage, ne parlent pas sans dire de jurons, ne se servent pas des poubelles, mettent la musique à fond, salissent leur environnement ? N’est-ce pas dangereux de rouler à moto sur le trottoir en se frayant un passage entre les gens ? Les touristes qui contribuent à notre économie ne méritent-ils pas un certain égard ?

Ne faut-il pas engager plus de policiers et leur donner davantage de pouvoirs pour verbaliser les contrevenants ? 

Devant l’inaction des autorités, il n’est pas étonnant que les touristes préfèrent les Maldives ou les Seychelles à Maurice.

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