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Formation en droits humains : «Une visite au Parlement s’impose»

visite au Parlement

Les derniers participants au cours de citoyenneté et droits humains ont assisté le mardi 22 mai à une séance du Parlement. Ils témoignent de ce que ces quatre semaines de formation leur ont apporté, de l’enrichissement qui en a découlé sur le plan personnel, professionnel ou en tant qu’étudiant, et comment ils espèrent désormais jouer leur rôle d’ambassadeur/ambassadrice des droits humains.

Beverley Bruder : il n’y a pas d’âge pour apprendre ses droits

« Le cours en droits humains et citoyenneté a été très enrichissant. Il m’a fait prendre conscience que les droits humains vont bien au-delà des violences faites aux enfants, aux personnes âgées, aux femmes ; et qu’il faut respecter et promouvoir les droits de chaque être humain. Je suis persuadée que si tout un chacun comprenait les principes fondamentaux des droits humains, dès leur plus jeune âge, à l’école, beaucoup de barrières seraient brisées et cela ferait de notre pays une grande nation.

« Sur le plan personnel et professionnel, j’ai pris conscience que les droits humains ne doivent pas rester de vagues principes inscrits dans un livre ou dans une chart. C’est le devoir moral de chaque individu, responsable, d’œuvrer pour que ces droits soient respectés sur son lieu de travail, à l’usine, au bureau, à l’école, dans la rue, à la maison, dans toutes les sphères d’activité au quotidien. Ce n’est pas seulement la mission dévolue au gouvernement : c’est notre mission à tous.

Comment jouer le rôle d’ambassadrice des droits humains?

Diverses ONG ont commencé un travail formidable de sensibilisation, surtout DIS-MOI avec son programme d’éducation HRE. Dans un premier temps, je compte aider, cibler davantage de personnes pour les inciter à suivre cette formation, leur enseigner qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre ses droits et pour se battre pour la justice et préserver sa dignité. Il y a trop de cas, rapportés dans les médias, qui montrent hélas, comment les droits humains ont été bafoués, en particulier par les autorités qui sont censées représenter la justice, la loi et le respect de ces principes.

Nous avons tous la responsabilité de nous assurer que les droits de chaque être humain soient respectés et comme a dit Martin Luther King : Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. »


Brenda Monique : «La droiture comme un fleuve puissant»

Habitante de Vacoas, Brenda Monique est responsable dans une firme privée.

« Je serai toujours reconnaissante envers cet ami qui m’a appris que DIS-MOI dispense des cours de formation en droits humains et citoyenneté durant quatre samedis. Donc, avant même de suivre le cours, je portais beaucoup d’intérêt à ce sujet, surtout par rapport aux questions abordées. Je suis convaincue qu’une telle formation, présentée par des personnes qui témoignent de leur vécu, est essentielle pour permettre aux gens de mieux connaître les valeurs fondamentales de la vie en société. Autour de moi, beaucoup de gens n’ont qu’une idée vague des droits humains. L’ignorance de ses droits peut être source d’abus, de souffrance inutile, voire d’atrocités si l’on considère les derniers crimes sordides rapportés par la presse. Il est impératif que les citoyens sachent non seulement leurs droits et leurs obligations. L’ignorance de la loi n’excuse personne !

Je m’engagerai à diffuser les principes que j’ai appris autour de moi. Les Mauriciens doivent être conscients du bonheur qu’il y a de vivre en démocratie, dans un État qui respecte les principes des conventions qu’il a ratifiées. Voyez en Syrie où les droits de l’homme, des plus vulnérables femmes, enfants et vieillards sont bafoués, où règne l’anarchie, la loi du plus fort. Le premier principe des droits humains repose sur la reconnaissance de la dignité humaine. Nelson Mandela citait : Priver les gens de leurs droits fondamentaux revient à contester leur humanité et Martin Luther King, reprenant un verset biblique : 

Non, nous ne sommes pas satisfaits et ne le serons pas tant que la justice ne se déversera pas comme un courant d’eau, et la droiture comme un fleuve puissant. 

Cette visite au Parlement m’a aidée à mieux comprendre le fonctionnement des institutions et de notre République. Il est essentiel que les jeunes s’intéressent à la politique, et voient comment on adopte les lois. Il était intéressant de voir la démocratie en action, malgré des dérapages lors des débats, sur des sujets d’actualité. »


Aanil Awotur : « Être mieux armé dans la vie »

« C’était vraiment un grand plaisir pour moi d’assister et de suivre les cours en droits humains et citoyenneté de DIS-MOI. Je remercie l’ONG pour cette initiative, car cela m’a permis de mieux connaître mes droits ainsi que mes devoirs, en tant qu’être humain.

Cela m’a aussi aidé à prendre conscience de mes responsabilités en tant que citoyen responsable. Cette formation a été très enrichissante pour moi, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Maintenant, je serai mieux armé pour défendre mes droits s’ils ne sont pas respectés et surtout aider les autres, ceux qui ne sont pas conscients de leurs droits et devoirs. La visite au Parlement m’a permis de mieux comprendre comment fonctionnent les institutions de l’État, de notre démocratie. J’en sais plus sur l’indépendance du pouvoir judiciaire, comment sont votées nos lois et qui a l’initiative de passer ces lois, entre autres. Assister à une session du Parlement vous enseigne plein de choses qu’on ne voit pas à la télévision : le décorum, la composition de l’Assemblée, où s’assoient les élus de chaque bord, le rôle essentiel du Speaker et des ministres et celui de l’opposition. Finalement, je recommande à tout un chacun d’aller suivre ce cours. »


Gregorie Tonta : «J’apprends à mieux me construire»

Il est l’un des plus jeunes participants aux cours HRE de Dis-Moi. Âgé de 14 ans, Grégorie Tonta fréquente le St Andrews College de Petite-Rivière.

« Dis-Moi m’a beaucoup apporté non seulement sur le plan académique, mais aussi émotionnellement. En tant que jeune étudiant, j’ai beaucoup appris sur mes droits, sur ceux des autres et surtout sur mon pays, les structures politiques, les droits, devoirs et responsabilités de tout un chacun, autant de choses qu’on n’enseigne pas collège. C’est pourquoi on devrait enseigner tous ces principes pas seulement au collège, mais aussi dans toutes les organisations, associations, firmes privées, car il y a tellement de gens qui ignorent leurs droits et surtout leurs devoirs et responsabilités envers les autres. Peut-être que cela aiderait tous ces adultes et responsables dans les bureaux, les policiers à être meilleurs pour le développement de notre pays. Cela éviterait tous ces problèmes qu’on lit tous les jours dans nos journaux et qui font peur aux enfants, et jeunes comme moi.

Sur le plan personnel, c’est l’une des meilleures expériences pour un collégien. J’ai beaucoup appris sur moi, je suis de nature timide, j’ai dû apprendre à m’exprimer, à partager mes idées, mes réflexions avec les autres lors des discussions en groupe. Ce n’était pas facile, cela a aiguisé ma curiosité d’esprit.

Pour la session au Parlement, même si je connais plus du fonctionnement de l’État, de ses institutions, je dois dire que j’ai été très surpris du comportement de nos députés. Les expressions de certains étaient très vulgaires, peu respectueux des autres. Tout le contraire que ce que nos politiciens prétendent à la télévision, à la radio, dans leurs discours. Je pense qu’ils devraient être les premiers à montrer le bon exemple, au lieu de dire au peuple qu’il faut faire ceci, faire cela. Il y a eu plusieurs interruptions de la séance, pour que la Speaker ramène le calme dans l’hémicycle. Moi, mon engagement sera de partager mes nouvelles connaissances, avec les jeunes de mon quartier à Bambous pour les empêcher de tomber dans les fléaux de l’alcool, la violence, le vol, la drogue. »


Yovana Uppiah : «Un match de tennis pour celui qui lancera la meilleure balle»

« Dis-Moi m’a beaucoup aidée sur le plan personnel. En assistant à la formation en droits humains, j’ai non seulement eu la chance d’approfondir mes connaissances, mais j’ai aussi pu côtoyer de nouvelles personnes et d’apprendre davantage sur moi-même. Je me rappelle qu’après chaque session, je restais fascinée par toutes les choses que je venais d’apprendre. On ne nous inculque pas seulement les droits des humains, mais aussi les valeurs qu’un humain doit posséder. En sus, j’ai pu partager avec d’autres participants plein d’histoires de vie, d’expérience. Il y a une session qui m’a marquée le plus, c’était celle où nous avions abordé le sujet tabou à l’île Maurice : la religion. De là, on s’est regroupé et chacun a raconté les petites anecdotes qu’il/elle a vécues. En dernier lieu, cela m’a aidée à développer mes aptitudes à travers les petites activités entreprises.

Pour une première fois au Parlement, je dois dire que c’était impressionnant. J’ai toujours vu à la télé comment se déroule l’Assemblée nationale, mais de le voir en vrai, c’est autre chose. La séance, c’était un match de tennis pour celui qui lancera la meilleure balle, avec les spectateurs qui huent et se crient dessus. Il est impossible de communiquer correctement. Ils se coupent constamment la parole, personne n’a droit à son temps de réponse. Autre point que j’ai déploré : le nombre de représentants du peuple présents : il y a uniquement une minorité qui est physiquement et mentalement présente pendant les travaux. Cependant, je pense que c’est une bonne expérience à vivre au moins une fois dans sa vie. »


Dis-Moi éduquera la masse sur ses droits et responsabilités

Erickson Mooneeapillay, responsable de Dis-Moi Maurice, revient sur la politique d’éducation aux droits humains et citoyenneté de l’organisation.

L’éducation aux droits humains à été un des piliers de l’action de Dis-Moi à Maurice ces dernières années. Pourquoi est-ce si important selon vous ?
La conscientisation aux droits humains passe nécessairement par l’éducation et la dissémination des droits fondamentaux. Dis-Moi est fière de jouer ce rôle essentiel dans la formation des citoyens. Ce cours est ô combien révélateur. Il a un effet d’empowerment’ sur les participants.

En quoi une visite au Parlement est-il pertinent pour des cours en droits humains ?
Le Parlement est un espace démocratique. C’est là avant tout que le législateur est représenté pour débattre des lois et des défis de notre société. Il est tout à fait normal que notre cour inclue une visite au Parlement. Et une visite en Cour suprême sera incluse dans les prochains cours.

Ce cours basique en droits humains s’adresse aux citoyens en général. À quand un cours national pour les centres de jeunesse de l’île ou les collégiens ?
Nous travaillons actuellement sur une ébauche de ce projet dans notre plan visant à éduquer la masse sur ses droits et ses responsabilités. C’est dans le pipeline.

La mission première de Dis-Moi est de promouvoir les droits humains, énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1986). L’État mauricien a le devoir de vulgariser ces principes. Pourquoi ne le fait-il pas selon vous?

Le fait demeure que l’intérêt politique de chaque pays pour les droits humains n’est souvent que formel. Ce qu’on appelle pay lip service. Les intérêts économiques prennent souvent le dessus sur les aspects humanitaires.

Heureusement, les choses changent et je demeure optimiste. Devenons donc les acteurs du changement que nous souhaitons voir dans le monde.

DIS-MOI (Droits Humains-Océan Indien) est une organisation non gouvernementale qui aide à promouvoir la culture des droits humains dans la région du sud-ouest de l’océan Indien, notamment les Seychelles, Maurice, Rodrigues, Madagascar et les Comores. Fondée en 2012, l’organisation milite pour la défense et l’enseignement des droits humains. Vos dons sont les bienvenus.

DIS-MOI, 11 BROAD AVENUE, BELLE-ROSE, QUATRE-BORNES

TÉL. : 4665673 – INFO@DISMOI.ORG - HTTP://WWW.DISMOI.ORG

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