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Forum au SVICC, à Pailles - Développement durable : une vision holistique pour s’éloigner du précipice

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C’est le vendredi 2 mars, au Swami Vivekananda International Convention Centre, que s’est déroulé le forum-débat sur le développement durable. Les invités de l’émission, présentée par Humeira Ali, étaient l’Associate Professor Khalil Elahee de l’université de Maurice, l’océanographe Vassen Kuppaymootoo, Michael Atchia, ancien directeur de programme à l’Unesco et Adi Teelock, historienne.

Le forum a débuté par un entretien avec Joël de Rosnay, joint au téléphone en France. Ce dernier a dit qu’il était disposé à reprendre la coordination du projet Maurice île Durable (MID), tout en restant à Paris et par voie de communication électronique.

Mais Michael Atchia, qui est intervenu juste après, a fait ressortir que les capacités mauriciennes ne manquent pas à Maurice sans besoin de refaire appel à Joël de Rosnay. Dans cette logique, Adi Teelock a indiqué que le projet MID n’aboutira que par la seule mobilisation du pays et des Mauriciens. « Il faut que la prise de conscience environnementaliste descende jusqu’aux jeunes, mais il lui faut un leadership qui agit comme catalyseur », a affirmé, pour sa part, Khalil Elahee.

À chaque défi auquel le pays s’est retrouvé confronté, de la monoculture sucrière au secteur de l’hôtellerie, en passant par celui du tourisme, les étapes se sont accompagnées d’une empreinte négative pour notre environnement, avec des effets sur le social, fait observer Adi Teelock. « Le secteur sucrier a eu besoin de produits chimiques tandis que celui de la zone franche a déversé ses effluents dans nos cours d’eau. Nos hôtels ont, eux, pollué nos mers avec les eaux usées. »

En ce qui concerne les résidences privées, RES ou Smart Cities, il n’existe aucune structure publique pour recueillir leurs eaux usées. Sur le même thème, Michael Atchia fait intervenir quelques questions très intéressantes, dont celle de la pression que font courir ces nouvelles zones d’habitations sur l’eau et l’électricité, en y ajoutant la propre croissance démographique locale. « Nous ne sommes plus capables d’envisager d’autres projets sur une île déjà étroite », a-t-il dit.

Celui-ci rejoint quelque part le concept de développement que souhaite Vassen Kuppaymootoo et  qui tourne le dos à l’idée de s’appuyer sur le seul facteur économique. « J’étais pessimiste à la cause environnementale mais il y a eu un changement car on s’est rendu compte qu’on était au bord de la falaise. Les phénomènes climatiques ont coûté cher aux autorités. On s’est rendu compte que nos ressources ne sont pas éternelles. On génère de l’argent, mais l’impact du développement peut nous faire perdre de l’argent. Nous sommes à un tournant, avec la révolution bleue ou verte. Il y a des opportunités avec l’énergie électrique, qui remplacera le diesel, car Maurice a toujours réussi à innover et à diversifier. »

 

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