Economie

Indicateurs - Croissance : trouver la juste mesure dans les projections

Pays dominant différents classements africains, Maurice est sous la loupe permanente des institutions internationales de renom. Quand il s’agit de croissance, les estimations tombent dans une large fourchette. Le point.

En 2018, l’économie mauricienne devrait enregistrer une expansion inférieure à 4 %. Tel est l’avis du MCB Group dans le dernier numéro de MCB Focus. Le Fonds monétaire international (FMI) abonde dans le même sens avec les mêmes arguments, soit l’impact du retard dans le démarrage de grands chantiers. BMI Research, une entité du groupe Fitch, tout en révisant à la hausse ses perspectives, avance que la croissance serait de 3,7 %. L’Economist Intelligence Unit avance que Maurice poursuivrait sa croissance à un rythme inférieur à 4 %, arguant que le gouvernement ferait davantage recours à mesures populistes afin « d’apaiser la frustration de la population avec le lent progrès dans les réalisations des promesses du gouvernement à améliorer la qualité de vie...»

À l’opposé, nous avons des organisations publiques et privées qui sont plus optimistes. À commencer par Statistics Mauritius. L’organisme, tombant sous la coupole du ministère des Finances, table sur une croissance de 4 %. La Banque de Maurice a affirmé fin novembre dernier que l’expansion en 2018 serait de 4,2%. On aura une analyse plus actualisée ce 28 février quand se rencontrera pour la première fois en 2018 le Monetary Policy Committee sous la présidence du Gouverneur Yandraduth Googoolye. Et la Mauritius Chamber of Commerce and Industry avance que la croissance serait de 4,4 %.

Donc, nous nous retrouvons avec des estimations variant de 3,7 % à 4,4 %. C’est une fourchette très large surtout pour une petite économie comme Maurice. Dans de grandes économies, tout se tient dans un éventail plus étroit. Au final, est-ce aussi difficile de faire des estimations proches de la réalité en fin d’année ?

« Estimer la croissance du produit intérieur brut n’est pas une tâche aisée. C’est un travail de fourmi. Cette estimation repose sur une analyse de chaque secteur économique, ses forces, ses faiblesses, son potentiel d’expansion et l’environnement favorable ou pas. À partir de là, on arrive à générer des données qui permettront d’établir des projections conservatrices, optimistes ou de base», dit un observateur sous le couvert de l’anonymat. Et de préciser: « Il est essentiel que nous accordions divers degrés d’importance aux institutions locales et internationales quant aux perspectives de croissance mauriciennes. Une organisation, comme le FMI, mérite tout notre respect... En contrepartie, nous avons des instances privées qui tirent leurs propres conclusions à partir d’un travail de recherche abattu par d’autres firmes. »