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Le Grand Journal de Radio Plus : Raouf Gulbul est prêt à témoigner

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L’avocat Raouf Gulbul qui fait face à une série de controverses était l’invité de Jean-Luc Emile, jeudi, lors de la deuxième partie du Grand Journal de Radio Plus.

Êtes-vous conscient que vous êtes en train de jouer votre carrière ?
Un tourbillon ne dure pas tout le temps. Après revient le beau temps.

Comment vivez-vous cela ?
Je garde le recul nécessaire pour analyser ce dossier. Je ne m'affole pas et je ne deviens pas émotionnel. J’essaie de regarder toute cette affaire avec un regard professionnel.

L’affaire Bottesoie est une casserole que vous traînez. Ce dossier avait été un thème de campagne contre vous…
J’ai tout au long de ma carrière insisté sur le fait qu’il n’est pas prudent de se baser sur des allégations pour condamner une personne. Le danger qui existe à Maurice c’est que n’importe qui peut faire des allégations contre n’importe qui. Le Privy Council fait ressortir qu’il ne faut pas prendre des actions en se basant sur des allégations. Dans le cas de l’affaire de Rajen Velvindron, sachez que je ne l’ai jamais défendu. Il faut replacer les choses dans leur contexte, car il y avait à l’époque un procès aux Assises où Jacharee Bottesoie avait fait une déposition contre Velvindron qui comprenait certaines allégations. À la suite de cela, le juge Caunhye avait en 2003-2004, demandé à la police de faire une enquête. Il faut faire ressortir que c’est à la police de faire une enquête criminelle. J’avais demandé une enquête approfondie. Des enquêteurs du Central Criminal Investigation Department avaient mené l’enquête. On avait même pris ma version des faits.

Certains sont d’avis que cette enquête a été bâclée…
Ils sont tout simplement en train de mettre en doute le professionnalisme de la police. L’enquête sur l’affaire Bottesoie a été bouclée. J’ai été candidat en 2014 et l’opposition, dont Paul Bérenger, avait indiqué qu’elle  comptait rouvrir l’affaire Bottesoie. Je lui avais d’ailleurs demandé de la rouvrir.

Souhaiteriez-vous une nouvelle enquête ?
Si la police estime qu’il faut réinterroger certains témoins, qu’elle le fasse. L’on ne peut condamner des gens sans qu’il y ait un procès. Qui décide de la culpabilité d’une personne ? C’est une cour de justice. Nous avons notre Constitution. Tant qu’une personne n’a pas été condamnée, elle est présumée innocente.

Arwiza Jeeva a affirmé que vous lui avez demandé de ne pas incriminer Peroomal Veeren…
Cette affaire remonte à 2005. Les allégations remontent elles à 2010. La Cour suprême avait demandé l’ouverture d’une enquête et j’étais d’accord. Un rapport avait été soumis au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), qui avait statué qu’il n’y avait pas matière à poursuite. Bérenger vient de saluer le DPP dans l’affaire Gunness. Pourquoi dans mon cas on ne veut pas accepter la décision du DPP ?

Pensez-vous être une victime ?
Je n’utiliserai pas le mot victime. Pourquoi dans certains cas on loue les décisions du DPP et dans d’autres, non. L’égalité doit s’appliquer.

Dans l’affaire Jeeva, l’on peut voir qu’elle avait incriminé Peeroomal Veeren. Vous entrez en jeu en 2005 et à ce moment là, elle se rétracte. Vous avez été l’avocat d’Arwizza Jeeva et de Peroomal Veeren….
S’agit-il du même cas ? Concernant le cas d’Arwiza Jeeva en 2005, je n’ai à aucun moment comparu pour elle. Sachez que je n’ai jamais été convoqué par le Bar Council pour breach of ethics. Je ne sais pas si vous êtes au courant de ce qui c’est passé dans l’enquête où j’avais comparu pour Arwiza Jeeva. Je suis régi par un code d’éthique qui m’empêche de révéler certains faits.

Venons en à la commission d'enquête sur la drogue, où on a entendu de graves allégations…
Une allégation aussi grave qu’elle puisse être ou sensationnelle ne veut pas dire qu’elle soit vraie. Une commission d’enquête a été nommée par la Présidence afin d’enquêter sur certains sujets. Son rôle est de prendre et d’écouter des témoignages et ensuite de faire des recommandations dans un rapport soumis à la Présidence qui décide finalement à qui le document sera remis. Une commission d’enquête n’a aucune juridiction pour remplacer une cour de justice. Selon l’article 12 de la loi de la commission, les témoignages qui émanent d’une commission ne sont pas admissibles dans un cas civil ou judiciaire. La loi dit aussi que l’on peut poursuivre certains témoins.

Ressentez-vous de l’amertume vis-à-vis de la commission ?
Je ne pense pas être amer. Je suis d’avis que n’importe qu’elle institution doit agir selon les lois du pays. Je suis  étonné qu’il y ait des fuites par rapport à ce qui se dira devant  la commission.

Concernant ces fuites, c’est la faute à qui selon vous ?
Je ne sais pas. Mais c’est grave.

Avez-vous donné suite à votre requête de contre-interroger l’avocate Tisha Shamloll ?
Une personne peut poser des questions lors des travaux d’une commission. J’espère que la commission me donnera ce droit. Les cross examinations étaient possibles devant la commission d’enquête de sir Maurice Rault. Il se peut donc que je demande à mon avocat, Gavin Glover, de procéder à l’exercice de contre examen. Je suis prêt à témoigner devant la commission et répondre  aux allégations.

Tisha Ramloll a évoqué un déplacement à l’île de la Réunion. Pourquoi tout ce mystère ?
Il n’y a aucun mystère. Le Passport & Immigration Office peut confirmer la date du départ et du retour.

Ce voyage était-il de nature professionnelle ?
Oui.

Était-ce pour prendre contact avec certaines personnes à Maurice ?
Ce n’est pas vrai. J’y suis allé pour des raisons professionnelles.

Qu’en est-il de la présence de Tisha Ramloll lors de ce voyage ?
Je m’expliquerai à ce sujet devant la commission.

Maintenez-vous qu’elle n’était pas votre Junior ?
Tout le monde sait où se trouve mon bureau. Et il n’y a aucun moment eu un junior dans ce bureau. Ce qui c’est passé c’est que j’ai comparu dans certains procès où elle m’avait accompagné. Il faut se demander jusqu’à quand elle a continué à paraître à mes côtés… Tous les dossiers sont disponibles sur le site de la cour.

Des documents font état du fait que vous auriez donné des instructions à Tisha Ramloll pour qu’elle accompagne Sada Curpen en cour ?
C’est peut-être vrai. Ki pa bon si enn avoka dir enn lot avoka all devan la cour pou geter si bann drwa pe respekte ?

Souhaitez-vous que la commission aille vite dans ses travaux ?
C’est inévitable. La commission devra me convoquer. Mais je ne peux pas les bousculer.

Il est aussi question de certains appels que vous avez effectués à 1 heure du matin…
Je répondrai à ce sujet devant la commission.

Des barons de la drogue ont-ils financé votre campagne électorale ?
Tous les financements de la campagne électorale proviennent de sources légitimes. Je fais confiance au président de la régionale de No 3. Il se peut aussi que certains well wishers décident de faire des contributions financières. Le Mouvement socialiste militant est un parti structuré. Et l’argent du parti ne provient pas des trafiquants.

Vous avez souvent défendu des trafiquants de drogue. Êtes-vous à l’aise avec vos honoraires ?
Je dois faire ressortir que j’avais refusé de défendre Gro Derek. N’importe qui est présumé innocent. Lorsqu’un avocat décide de défendre un trafiquant cela ne veut pas dire que ce n’est pas une personne correcte. Que se passera-t-il si les avocats décidaient de ne plus défendre les trafiquants ?

Avez-vous l’intention de step down de la présidence de la GRA ?
Y a-t-il une accusation formelle contre moi ? Ce qui est en train d’être dit à la commission est beau à entendre. Mais ces témoignages aideront-ils à poursuivre des personnes ?

Le Premier ministre a affirmé vouloir en finir avec les trafiquants de drogue. Le fait de défendre des trafiquants est-il en ligne avec la mission du gouvernement ?
Lorsque l’on défend un trafiquant c’est dans un cadre légal. Je suis d’avis qu’il faut tout faire pour éradiquer la drogue, car elle tue des innocents et est en train de mettre à mal notre jeunesse. Il faut arrêter les barons, et le Premier ministre a dit bizin kass lerin trafikan san eksepsyon.

 

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