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Le sourire contagieux de Priscilla : «Je ne suis pas handicapée, nous sommes tous des autrement capables»

Priscilla Natchou prend toujours la peine de se maquiller avant de sortir. Elle cherche des écharpes ou des foulards assortis à son vêtement du jour.

Il y a de ces regards, de ces sourires qui vous attirent. Il y a des personnes qui se distinguent dans la foule et Priscilla Natchou en fait partie. Elle a un sourire qui vous oblige à s’attarder sur son visage et à essayer d’en savoir plus sur elle. Nous l’avons rencontrée à Tyack/Rivière-des-Anguilles cette semaine. Mais qui est-elle ? 

Mercredi dernier, alors que Radio Plus anime plusieurs émissions dans le sud, plus précisément à Tyack/Rivière-des-Anguilles, ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement. Le public très réceptif n’a pas manqué de danser et de chanter avec les animateurs. Soudain, dans la foule, une femme au foulard rouge nous tape dans l’œil. Assise, elle a du mal à se tenir en place, elle chante et frappe des mains. Quand elle ne sourit pas, elle rit aux éclats, les yeux fermés et le visage illuminé. Nous nous approchons d’elle. C’est là que nous comprenons qu’elle ne se lève pas parce qu’elle est dans un fauteuil roulant. 

Aujourd’hui, même si je ne sors pas seule, je suis un peu plus autonome »

Douleurs atroces

Priscilla Natchou, qui  fait bien moins que son âge, la quarantaine, habite Maisonnette, Rivière-des Anguilles. Mariée et mère d’un fils de 26 ans. Il y a 7 ans que, suite à des douleurs atroces, elle ne ressent plus son pied gauche et petit à petit, elle se retrouve paralysée : « Jusqu’à présent, les médecins ne savent pas précisément de quoi je souffre. » Ces premiers jours sont durs, très durs. Priscilla est de nature active, elle est une touche-à-tout. Elle aime le sport, les sorties, le social et elle a du mal à accepter de ne plus pouvoir marcher. « J’étais alitée. Je ne pouvais plus rien faire. » Elle dit avoir eu la chance de pouvoir compter, dans ces moments difficiles et jusqu’à présent, sur son mari et son fils. « Et c’est aussi pour eux que j’ai décidé de ne pas baisser les bras. » 

Jusqu’à présent, les médecins ne savent pas précisément de quoi je souffre »

Déplacement

Elle a beaucoup de mal à se déplacer au début avec son fauteuil roulant. « Puis, il y a trois ans, grâce aux responsables du conseil du village, qui contactent la Global Rainbow Foundation, j’ai obtenu un fauteuil  motorisé. C’était bien plus facile pour le déplacement », explique-t-elle. « Aujourd’hui, même si je ne sors pas seule, je suis un peu plus autonome. Il suffit que quelqu’un me retire du lit pour me placer dans le fauteuil et me voilà prête à partir », dit-elle en rigolant. 
S’il y a quelque chose d’autre qui frappe chez Priscilla Natchou, c’est aussi son charme. Elle prend la peine de se maquiller avant de sortir. Elle cherche des écharpes ou des foulards assortis à son vêtement du jour. « Depi avan mo ti koumsa, mo pann sanze », avoue-t-elle. S’ennuyant un peu à la maison, elle a développé d’autres aptitudes à la maison. Ainsi, sans quitter son lit, elle fabrique des petites cartes, des objets décoratifs, ainsi que des petits sacs pour diverses occasions. Elle ne les vend pas, mais devrait peut-être penser à en faire son gagne-pain. « Je fais des boîtes et des sacs pour les premières communions, les confirmations et des cartes pour les mariages, ainsi que pour d’autres événements. J’aime aussi inventer des objets de décoration. Je les offre aux amis et aux membres de la famille lors des événements mentionnés. »

Priscilla fabrique des petites cartes, des objets décoratifs, ainsi que des petits sacs pour diverses occasions.
Priscilla fabrique des petites cartes, des objets décoratifs, ainsi que des petits sacs pour diverses occasions.

 

« Je suis en vie et je vis »

Priscilla explique qu’elle n’aime ni le mot handicapé, ni autrement capable. « Je ne suis pas handicapée. Dans ma tête, je suis malade, mais je vais guérir. Je suis en vie et je vis. Je suis certes différente, mais lorsque je regarde autour de moi, nous sommes tous différents et uniques. Je me sens bien. C’est pour cela que je n’aime pas qu’on me traite de ‘autrement capable’, car nous avons tous des aptitudes différentes. Nous ne sommes pas capables des mêmes choses, donc nous sommes tous des autrement capables. » 

Son message à ceux dans la même situation

« Il suffit d’avoir le soutien d’une personne pour que tout aille bien. Il suffit de pouvoir s’accrocher à cette personne, qu’elle nous tienne la main, qu’elle nous réconforte, que l’on puisse pleurer sur son épaule et rire aux éclats avec elle sans aucune raison. Moi, j’ai trouvé ces personnes en mon mari et mon fils. J’ai aussi beaucoup prié. Aujourd’hui, je suis une femme comblée et je sais que celles qui sont comme moi peuvent elles aussi aller mieux. » L’histoire de Priscilla Natchou est aujourd’hui connue. Elle continue tous les jours à ajouter une page au livre de sa vie…

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