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Mauritius Leaks - Rama Sithanen : «Des accusations frivoles et ignorantes» 

Les accusations contenues dans les Mauritius Leaks sont « frivoles » et démontrent une « ignorance » des réalités du secteur du Global Business à Maurice.  C’est ce qu’a avancé l’ancien ministre des Finances, le mercredi 24 juillet, lors de l’émission Au Cœur de l’Info sur Radio Plus, animée par Jane Lutchmaya et Eshan Dinally.

Rama Sithanen estime que ces insinuations portent atteinte à l’image et à la crédibilité de Maurice dans ce domaine d’activités, essentiel à l’économie locale. Il suggère plusieurs actions pour mettre un frein à ce type de campagne. Il recommande qu’un rapport indépendant soit mené pour évaluer la contribution effective de Maurice en termes de flux d’investissements au profit des pays africains. Il est d’avis qu’un consultant international soit nommé afin de consolider le label de Maurice en tant que juridiction financière et de débarrasser le pays de l’étiquette malsaine de paradis fiscal. Un spécialiste en communication devrait être également désigné afin de répondre à toutes attaques de ce genre, selon lui.

D'emblée, Rama Sithanen a précisé que le rapport Mauritius Leaks vient avec un avis de non-responsabilité (disclaimer) à l’effet que le pays agit en toute légitimité et affirme qu’aucune entité n’entretient des pratiques malsaines. « Pour résumer, nous savons ce que nous faisons. Mais d’autres pensent que nous sommes un paradis fiscal et d’autres sousentendent ce que nous devrons être, notamment l’OCDE et l’Union européenne. C’est malheureux pour les noms de professionnels cités en termes de protection de données et de confidentialité. S’agit-il de harcèlement, de mauvaise foi, d’un agenda caché ou ne savent-ils tout simplement pas de quoi ils parlent ? Ce sont des accusations frivoles avec beaucoup de faussetés et de sensationnalisme qui affectent notre image », a-t-il souligné

Il estime que l’Economic Development Board et le gouvernement doivent vigoureusement réagir et veiller à ce que cette perception ne perdure à l’avenir. 

Il explique que tout comme Maurice, on compte à travers le monde 60 juridictions dont les activités se composent à 80% d’investissements transfrontaliers et bancaires. Il se demande pourquoi on s’attaque à Maurice alors que d’autres États africains, dont les Seychelles, le Botswana et Casablanca, pratiquent les mêmes activités. Il a aussi cité un récent rapport de la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement qui confirme que $ 46 milliards ont transité par le centre financier mauricien vers les pays africains.

Plusieurs autres centres financiers de plusieurs autres régions ne sont pas inquiétés de la sorte alors qu’ils ne respectent pas les mêmes exigences d’instances internationales. Il évoque ainsi Hong Kong, Singapour, Dubaï en Asie et Luxembourg, Irlande, Pays-Bas, Jersey, Guernesey, Monaco, Chypre et Malte en Europe. Dans les caraïbes, les Bahamas et les îles Vierges britanniques figurent comme de véritables paradis fiscaux où le Global Business contribue grandement à leur économie. « Le plus grand paradis fiscal se trouve sur le sol américain au Delaware, Dakota et au Nevada ».

À l’inverse, le Global Business ne représente que 6% du PIB parmi d’autres secteurs tels que les services financiers, le tourisme, le manufacturier, entre autres. En revanche, il emploie directement 15 000 employés dans les sociétés de gestion. Le flux en dollars à travers l’économie permet aussi de rendre la roupie plus stable sans compter le nombre d’emplois indirects dans les banques, les cabinets de comptables et de juristes et autres prestataires de services en support. 

Au niveau de la transparence, Maurice a instauré des dispositifs pour que les entités aient des directeurs mauriciens, des effectifs travaillant dans des locaux afin de satisfaire des exigences de substance. « Nous sommes conformes aux règlementations internationales et ce n’est pas que sur papier. Les régulateurs doivent améliorer leur application à tout titulaire de licences », a-t-il ajouté.

Intervenant lors de l’émission, Sudhir Sesungkur, ministre des Services financiers, a souligné que Maurice est prêt à renégocier des traités de non-double imposition fiscal avec des pays du continent, à l’instar du Sénégal. Il a qualifié le rapport Mauritius Leaks de sensationnalisme et qui s’attaque à la réputation de Maurice. Tout est fait, dit-il, pour que chaque pays ait un traitement équitable en termes de recettes fiscales. 

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