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Non-assistance alléguée à personne en danger : le sort des policiers du poste de Bel-Air connu ce mardi 

L’enquête portant sur le cas allégué de non-assistance à personne en danger contre des policiers en poste à Bel-Air-Rivière-Sèche a été bouclée et les recommandations du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) sont attendues. 

Durant le week-end écoulé, les effectifs de la Criminal Investigation Division  de l’Eastern Division, sous la houlette du Deputy Commissionner of Police, Heman Jangi, ont visionné les images des caméras et ont aussi recueilli les versions des policiers et des enfants du couple Mohamud, âgés respectivement de 10 et 14 ans. Ces enfants ont expliqué que leur mère, Shabneez, a été rouée de coups avant d’être étranglée par leur père, Naseerudhin, à leur domicile, à Bel-Air, le mardi 10 septembre. Dans leur version à la police, en présence d’un psychologue, dimanche, ils ont affirmé que si les policiers les avaient écoutés et avaient réagi à temps, leur mère aurait pu être sauvée.

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Le fils de la victime s’était rendu au poste de police pour solliciter de l’aide.

Au cours de l’enquête, un élément « incohérent » de la part de l’un des policiers interrogés a été mis en évidence : il a expliqué qu’il n’était pas au poste, car il était sorti pour se rendre sur un lieu d’accident. Or, aucune entrée n’a été effectuée dans le « Diary Book » du poste, et aucun accident rapporté en ce sens, jusqu’ici. Les conclusions du bureau du DPP sont attendues, ce mardi 17 septembre, pour décider de la marche à suivre. 

Les enquêteurs de la CID de Moka, menés par l’inspecteur Cowlessur, indiquent avoir recueilli les versions des policiers et ont confronté ces derniers aux images des caméras CCTV, jugées comme étant compromettantes. Une source proche du dossier affirme que les versions des policiers comportent plusieurs éléments contradictoires. Mutés vers d’autres unités de police durant le dernier week-end, les cinq policiers risquent désormais plus gros. Si leurs éventuelles inculpations étaient prévues dans la journée du lundi 16 septembre, les responsables de la police de l’Eastern Division, s’affairaient à compléter les procédures. 

Selon un rapport rédigé par les responsables de l’enquête, il semblerait qu’au moins trois des policiers du poste de Bel-Air sont pointés du doigt.  L’expédition du dossier au bureau du DPP a été effectuée dans la matinée du lundi 16 septembre. Les enquêteurs ont demandé que l’affaire soit étudiée dans le plus bref délai. La haute hiérarchie de la force policière a pris en considération le fait qu’il y avait un enfant en détresse, qui s’est présenté au poste de police pour solliciter de l’aide en vue d’empêcher un autre délit. Le « time-lapse », soit la durée entre la réception de l’alerte et la prise d’action de la police de Bel-Air, est également passé au peigne fin dans le cadre de cette enquête. 

Mario Nobin : «Des sanctions contre au moins trois policiers»

Le commissaire de police a annoncé qu’au moins trois policiers feront l’objet de sanctions dans le cadre de l’enquête sur le cas de négligence alléguée, après le meurtre de Shabneez Mohamud. C’était lors du lancement du National Drug Control Master Plan 2019-2023, dans le cadre de l’ouverture de la 29e rencontre des Heads of National Drug Law Enforcement Agencies Africa, à Balaclava. Mario Nobin a qualifié ce qui s’est passé au poste de Bel-Air de « triste » et affirme avoir agi de manière proactive, sans attendre qu’il y ait eu une plainte. Le commissaire a expliqué que tout porte à croire, à ce stade de l’enquête, qu’au moins trois des policiers en service au poste de Bel-Air, durant le « First Shift », le mardi 10 septembre, seraient fautifs. « En 72 heures, nous avons complété l’enquête », a laissé entendre Mario Nobin. 

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