Pallavi Gungaram, Miss Mauritius 2013 : « Je veux vivre le rêve américain »

Par Rajmeela Seetamonee O commentaire
Pallavi Gungaram

Pallavi Gungaram, Miss Mauritius 2013, fait ses études aux États-Unis. Quatre ans après, elle revient sur son lapsus « émuse » qui avait défrayé la chronique au lendemain de son couronnement. Elle nous parle du bon et du mauvais côté de l’organisation de Miss Mauritius.

Pallavi Gungaram a aujourd’hui acquis de la maturité et de l’expérience. Elle s’est transformée et respire la sensualité. Elle a 23 ans et réside à Washington D.C., aux États-Unis.
« Je veux vivre le rêve américain. Celui d’être indépendante financièrement et émotionnellement », dit-elle. Cette jeune femme originaire de Phœnix met le cap aux États-Unis au début de 2016 afin de poursuivre ses études et de changer d’air.

« En 2015, j’ai eu l’occasion de représenter Maurice pour Miss Univers, à Miami. J’étais dans un pays de rêve. J’étais fascinée par la diversité et la liberté », raconte-t-elle. Aussitôt rentrée à Maurice, elle veut à tout prix repartir. Elle tente sa chance et s’inscrit à l’université du Maryland. Sa candidature est retenue et elle s’envole pour Washington D.C.
« J’ai étudié la psychologie à l’université de Maurice de 2013 à 2015. J’ai complété mon diplôme au Maryland, avant d’opter pour des études en Business & Entrepreneurship. Cela me donne la possibilité d’explorer plusieurs filières dans l’univers des affaires, car je souhaite lancer mon entreprise plus tard », confie Pallavi Gungaram.

Elle avoue que les démarches, sous l’ère Donald Trump, actuel président des États-Unis, sont compliquées. « Comme dit l’adage, l’herbe est plus verte ailleurs. Je me suis donc armée de patience et j’ai suivi toutes les procédures à la lettre », relate-t-elle.

D’après Pallavi Gungaram, les États-Unis offrent beaucoup d’opportunités. Elle trouve que les perspectives d’emploi sont diverses. Après avoir terminé ses études en 2019-2020, elle aura le choix entre entamer un MBA (Master in Business Administration) ou retourner à Maurice pour travailler.

« Je préfère ne pas planifier certaines choses de ma vie. Je laisse faire le destin. Je saisis chaque occasion qui se présente à moi, afin d’acquérir le plus d’expérience possible », fait observer cette ancienne étudiante du collège Lorette de Quatre-Bornes.

Après les examens du Higher School Certificate en 2012, elle passe son temps à surfer sur Internet pendant les vacances. Un jour, elle tombe sur un appel à candidatures pour une nouvelle édition de Miss Mauritius sur Facebook. Elle le survole rapidement et passe à autre chose.

« À chaque fois que je me connectais aux réseaux sociaux, je voyais l’annonce pour le concours. Peut-être que le destin m’envoyait un signal ? C’est ainsi que j’ai décidé de tenter ma chance, même si j’étais un garçon marqué », indique-t-elle avec le sourire.

Pallavi Gungaram relate qu’elle ne portait pas de maquillage et avait les cheveux très courts. « J’étais la plus jeune à la maison et j’étais une enfant gâtée. J’étais libre de mes choix. Ce n’est pas le cas dans toutes les familles. J’ai eu la chance d’avoir des parents et une sœur qui me comprennent », ajoute-t-elle.

Ses parents sont donc surpris, quand ils prennent connaissance de sa décision. Mais ils l’encouragent à envoyer sa candidature. Elle passe les auditions et est retenue. « Je ne gardais pas espoir d’être parmi les 12 finalistes. Je voulais participer pour le fun », livre-t-elle.

Émotion

Contre toute attente, la jeune femme remporte même la couronne de Miss Mauritius. « Les autres finalistes étaient très belles. Je pensais que je n’avais pas ma chance. J’étais très heureuse », se remémore-t-elle. Mais cela ne dure pas longtemps. Au lendemain de son couronnement, elle devient la risée de tout le pays. Car elle avait commis un lapsus lors d’un entretien médiatique. Elle laisse échapper « émuse » au lieu d’« émue »… sous le coup de l’émotion. La vidéo est relayée sur les réseaux sociaux.

« J’avais 19 ans à l’époque. Aujourd’hui, je me remémore ce moment avec plus de maturité. Les gens vous jugent par rapport à votre façon de parler. Ils n’ont pas pris en considération les circonstances dans lesquelles j’ai accordé cet entretien. J’étais fatiguée et je savourais mon moment de gloire. Je n’avais dormi que quatre heures entre la finale et l’entretien. Si j’ai reçu 10 critiques, j’ai aussi eu 100 messages d’encouragement. Primerose Obeegadoo m’a soutenue. Aux États-Unis, personne ne vous juge », poursuit-elle. Elle ajoute que c’était un moment difficile de son règne. Elle a beaucoup appris de ce lapsus.

Sur les récentes polémiques entourant l’organisation nationale de Miss Mauritius, Pallavi Gungaram trouve que chaque organisation a un bon et un mauvais côté. « Nul n’est parfait, mais il est grand temps d’apporter des changements au comité organisateur de Miss Mauritius. Il faut rehausser le niveau du concours national et redorer son blason. Il faut revoir le système de sponsorship et le coaching. Les entraînements dont bénéficient les Miss Mauritius ne suffisent pas. Je l’ai malheureusement constaté pendant ma participation à Miss Univers, à Miami », fait-elle ressortir.

Elle raconte qu’après ses cours à l’université, elle se rendait au bureau de l’organisation à Moka pour travailler à temps partiel. « Je devais jongler entre plusieurs choses. C’était dur », dit-elle.

Pallavi Gungaram confie qu’elle a aussi financé sa garde-robe, avant de partir pour Miami. Trois sponsors lui ont offert quelques robes et du maquillage, sans plus. « Madame Obeegadoo m’a également donné Rs 10 000 comme argent de poche. Elle est sévère et je pense qu’elle le fait pour notre bien. Il y a eu, certes, des moments où j’étais découragée, mais je me suis dit que je devais faire un effort pour être une digne représentante de mon pays sur la scène internationale », précise-t-elle.

Depuis, elle accorde plus de temps à son apparence. Outre ses études, elle exerce en tant qu’Executive Assistant pour un conglomérat. « Je veux pouvoir réunir mes deux passions, l’entrepreneuriat et la psychologie, plus tard. Je compte retourner à Maurice », dit cette passionnée de la nature et de la lecture.

Elle cuisine du halim au moins une fois par semaine. Elle aime les randonnées, découvrir les États américains, pratiquer le kayak et goûter à diverses cuisines. Elle se consacre aussi à Mini, son chiot de race Teacup Pomeranian.