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Palmar Ltée : les ex-employés réclament leur «full compensation»

Les ex-employés de la société de textile Palmar Ltée ont, une fois de plus, tenu un « sit-in » devant l’Hôtel du gouvernement samedi matin. La manifestation symbolique a ensuite pris fin devant les locaux de la Mauritius Commercial Bank (MCB). Peu avant, les manifestants ont paraphé une correspondance réclamant le paiement total de leur compensation. La lettre sera envoyée à leur ex-patron Thierry Lagesse, lundi matin.

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Les choses deviennent non seulement sérieuses mais… officielles ! Les ex-employés de l’usine de textile Palmar Ltée, licenciés en février, ont tour à tour signé une lettre réclamant le versement total de leur compensation. Les signataires du document, environ 300, demandent à leur ex-patron Thierry Lagesse, au gouvernement et à la Mauritius Commercial Bank (MCB) de répondre favorablement à leurs réclamations de compensation. Ils demandent au gouvernement de donner une réponse d’ici le 18 avril. « Au cas contraire, nous n’hésiterons pas à entamer une grève de la faim », prévient Satyam, un ex-employé de l’usine, qui compte 27 ans de service.

La correspondance, dont Le Dimanche/L’Hebdo détient une copie, aborde le paiement complet et obligatoire aux employés de l’usine. Ces derniers, selon la lettre, comptent entre 10 et 39 ans de service. « We had been working very hard and we had well contributed in the long survival of your precious company. But since a factory has been closed, we had been left blinded on the street without any clear explanation. We are all sad and participating in sufferance of the sudden closure of the company. This has affected us and our family daily life. So we all have a humble request to you, to give your maximum contribution so that we can get our FULL compensation. This will be very helpful for us and our family (…) », peut-on lire dans la lettre.

Le syndicaliste Feizal Ally Beegun, qui est le porte-parole des employés, a, une fois de plus, exhorté le gouvernement, Thierry Lagesse et la MCB de « considérer » la compensation des ex-employés. Il a ensuite demandé au ministère du Travail de régulariser la situation des travailleurs opérant dans le secteur de la zone franche, afin que les autres ouvriers d’usines n’aient plus jamais recours à la rue pour réclamer le paiement de leurs temps de service. « Le gouvernement doit venir de l’avant avec une loi qui protège les travailleurs du textile à Maurice. La situation à laquelle les ex-travailleurs de Palmar Ltée sont confrontés ne doit plus jamais se répéter », tonne Feizal Ally Beegun.

Le sort des ex-employés

Claudine Pankhaniya, qui est âgée de 42 ans, était l’une des manifestantes de samedi. Pancarte à la main, l’ex-Quality Controller de l’usine de textile confie qu’il est difficile pour eux de joindre les deux bouts. Depuis la fermeture de l’usine Palmar Ltée, où elle a passée 25 ans de sa vie, la mère de deux enfants dépend de son époux. « J’ai donné ma vie pour Palmar Ltée. J’ai travaillé du matin au soir. Soit de 7 h 15 à 17 h 45. Et c’est comme ça que la direction nous remercie. On doit descendre dans la rue pour réclamer notre compensation », se désole-t-elle.

Recommencer à zéro

Satyam, qui menace de tenir une grève de la faim, raconte qu’il a passé les 27 dernières années de sa vie à travailler pour le compte de la société de textile. « Je suis employé d’usine et je ne sais rien faire d’autre. J’ai terminé ma carrière comme chef d’atelier. Valeur du jour, je suis à l’aube de mes 48 ans et je dois recommencer ma vie à zéro. Quelle société de textile accepterait d’embaucher un quadragénaire ? » se demande notre interlocuteur. 

« Le ministère du Travail doit introduire des lois afin de protéger les travailleurs opérant dans la zone franche. C’est un secteur qui se fragilise de jour en jour, malgré la demande croissante pour les produits de textile. Les usines emploient des ouvriers non qualifiés et ne sont pas ouverts à la technologie », estime pour sa part Ashock, un autre ex-employé de Palmar Ltée âgé de 59 ans.

Palmar Ltée

 

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