Live News

Philippe Espitalier-Noël, CEO de Rogers : l’approche novatrice

Philippe Espitalier-Noël

Philippe Espitalier-Noël, Chief Executive Officer de Rogers, privilégie un style de management orienté vers le talent. À travers le groupe, il veut donner une nouvelle dimension au tourisme et promouvoir le développement écoresponsable. Il est aussi le président de la Sustainability and Inclusive Growth Commission de Business Mauritius. 

Cela fait onze ans que Philippe Espitalier-Noël est à la tête du groupe Rogers. Le Chief Executive Officer (CEO) indique que gérer une entreprise, c’est prévoir et savoir déceler les occasions et les talents. La priorité étant de faire grandir le groupe et de développer davantage les « Served Markets » dans lesquels il évolue. 

Philippe Espitalier-Noël, CEO de Rogers
Philippe Espitalier-Noël, CEO de Rogers

« Je pense notamment à la FinTech, qui a beaucoup à apporter au pays, notamment en utilisant l’innovation et les nouvelles technologies comme leviers de croissance et de développement. Toutefois, la technologie disruptive s’avère un défi majeur dans la mesure où elle requiert de nouvelles compétences qui ne sont pas aisément accessibles sur le marché du travail. Notre but est donc de contribuer à lutter efficacement contre la “skills mismatch” », dit-il. 

En tant que CEO, il mise beaucoup sur le capital humain. « L’actif le plus important d’une entreprise de service ce sont ses employés », soutient-il. Après avoir identifié les talents, son style de management tend à procurer aux employés un espace d’expression, afin qu’ils évoluent et soient autonomes, agiles, dynamiques et innovants.

« C’est cette approche novatrice qui, dans le business, ouvre des possibilités d’affaires et permet de créer de la valeur. Enfin, une autre dimension, et pas des moindres, il m’importe de développer nos activités de manière durable, dans le respect de la société et de l’environnement », fait-il ressortir. 

Parcours 

Après une scolarité secondaire au collège du Saint-Esprit, il opte pour un BSc en Agricultural Economics à l’Université du Natal en Afrique du Sud. Puis, il se rend en Grande-Bretagne, où il entame un MBA à la London Business School. « Cette aventure londonienne a donné le ton à ma carrière, puisque j’ai eu l’occasion d’évoluer aux côtés de professionnels aguerris en management et en consulting », ajoute-t-il. De 1994 à 1997, il est ainsi consultant au CSC Index. Il fait ensuite le choix de rentrer. « Mauricien dans l’âme, j’ai toujours pensé que ma place était ici. » Il ne tarde pas à rejoindre le groupe Rogers toujours en 1997. « Mes premiers pas au sein de Rogers, je les ai faits au Planning and Development Department, tel qu’il s’appelait alors. Cela a été une aventure en soi, avec des étapes marquantes comme la transformation du département de l’Aviation pour en faire le secteur “Aviation et tourisme” », explique-t-il.

Durant trois ans, il travaille aux côtés de l’ancien CEO de Rogers. Cela lui donne l’occasion de découvrir les rouages d’un groupe aux facettes multiples. « Cela m’a préparé à prendre les rênes de l’entreprise en 2007 », dit-il d’emblée.

Développement durable

Dix ans après, il devient également président de la Sustainability and Inclusive Growth Commission de Business Mauritius. Il en assure la présidence depuis mars 2017. « Je travaille en concertation avec les responsables de six sous-commissions se rapportant à plusieurs problématiques environnementales : le traitement et la gestion des déchets, l’énergie renouvelable et l’émission de CO2, de développement économique inclusif, la préservation des côtes et la régénération des lagons, le développement durable des villes et de la communauté et l’agriculture intelligente », énumère-t-il.

Il explique que l’objectif de la commission est de nourrir la réflexion sur les implications d’une démarche écoresponsable à Maurice. « Nous pensons pouvoir aider notre pays à surmonter certains fléaux environnementaux et sociétaux en développant des perspectives et des stratégies sur les courts et longs termes. Il s’agit d’une vraie implication pour la sauvegarde à la fois de notre île et de la planète. Nous sommes aussi conscients que les entreprises, les citoyens et les autorités n’ont d’autre choix que de travailler ensemble pour renverser certaines tendances comme la pollution », estime-t-il. 

Ambitions professionnelles

Avec les équipes de Rogers, Philippe Espitalier-Noël caresse aussi l’espoir de donner un nouveau visage au tourisme, en particulier dans la région de Bel-Ombre. « Elle offre des côtes magnifiques, des lagons que nous protégeons, des forêts et des collines recelant une faune et une flore uniques. Cette région aux multiples reliefs nous donne la possibilité de proposer à notre clientèle une offre enrichie, soit bien davantage que le “sea, sand and sun” », fait-il observer.

Le groupe s’est d’ailleurs appuyé sur les nouvelles tendances du marché pour dégager une stratégie centrée sur les envies du client, lorsqu’il vient à Maurice. « Plutôt que d’offrir des services, nous nous attelons à offrir aux visiteurs un bouquet d’expériences et d’émotions. En plus de notre offre d’hébergement cinq étoiles, nous avons une réserve naturelle qui se prête à l’observation de la faune et de la flore, à la randonnée, au vélo ou au quad.

Bel-Ombre mise aussi sur la gastronomie, les sports terrestres et nautiques, la qualité de ses artistes et de ses musiciens, et le bien-être, entre autres. Nous aspirons, grâce à tout cela, nous engager davantage dans la voie d’un tourisme durable qui contribuera à une influence positive sur les communautés avoisinantes en minimisant l’impact sur l’environnement. Nous devons protéger tout ce que nous avons reçu en héritage de nos aïeux, notamment cette faune et cette flore extraordinaire. Aujourd’hui, nous devons agir », fait-il comprendre.

Cela rejoint une autre ambition qu’il nourrit pour l’île. Il s’agit du développement écoresponsable. « J’aimerais que le citoyen se réveille et prenne conscience de sa capacité à influer sur l’avenir. Je reste persuadé que nous pouvons corriger nos mauvaises habitudes et participer au développement plus vertueux de l’île », dit-il.