Politique

Poste de leader de l’opposition : lobby en faveur d’Arvin Boolell

Arvin Boolell

Xavier- Luc Duval fait-il toujours l’unanimité au sein de l’opposition ? Paul Bérenger a une nouvelle fois remis en doute la légitimité du titulaire en exercice. Cette prise de position du leader du Mouvement militant mauricien n’est pas aussi innocente. Un nouveau show politique serait déjà en cours dans les coulisses.

La direction du MMM serait favorable à  l’accession d’Arvin Boolell  au poste de leader de l’opposition. C’est ce qui expliquerait les récentes déclarations de Paul Bérenger. Si Xavier- Luc Duval venait  en effet à démissionner de son poste de leader de l’opposition, il incombe alors à la présidence de s’entretenir avec les principaux dirigeants de l’opposition pour désigner un nouveau leader de l’opposition  qui sera « acceptable ». Dans un tel cas de figure, Paul Bérenger envisagerait de se ranger dans le camp d’Arvin Boolell.

Les autres parlementaires mauves comptent-ils lui emboîter le pas ? « Les parlementaires du MMM seront obligés de se tenir au party line », soutient une source au MMM. à ce jour, les mauves comptent sept députés contre cinq aux  rouges à la rentrée parlementaire, avec la prestation de serment d’Arvin Boolell. Ce qui rendrait le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) inferieur numériquement ne disposant à ce jour que de neuf députés. La position que prendront les deux parlementaires du Mouvement Patriotique (MP), Alan Ganoo et Jean-Claude Barbier ainsi que le député indépendant Kavi Ramano pourrait aussi s’annoncer décisive.

« Très divisé »

Joint au téléphone lundi, Atma Bumma, secrétaire général du MP, préfère quant à lui couper court à ce qu’il qualifie de « fantaisies » de Paul Bérenger et du MMM. « Il faut d’abord se poser la question pourquoi Paul Bérenger porte-t-il un soudain intérêt au poste de leader de l’opposition un an après que Xavier- Luc Duval eut prêté serment. Paul Bérenger veut-il tout simplement utiliser cette parade pour redorer son blason ? »

Selon plusieurs sources que nous avons interrogées chez les rouges, il nous revient que le Parti travailliste  (Ptr) reste pour l’heure « très divisé » sur la question. Si certains sont d’avis que positionner Arvin Boolell comme chef de l’opposition pourrait être de bon augure pour le parti, d’autres à l’instar de Patrick Assirvaden, président des rouges, soutiennent que le moment est mal choisi « pou al rod la guer ».

Sérieuses réserves

Pour Patrick Assirvaden, il y a déjà une personne qui assume le rôle de leader de l’opposition, « et contempler ce poste est le cadet de nos soucis. Nous nous concentrons, pour l’heure, sur notre calendrier et nous nous apprêtons à organiser une série d’événements. » Mais toujours est-il que la légitimité et l’autorité de Xavier-Luc Duval, comme leader de l’opposition, ne font  pas l’unanimité au sein des rouges. Shakeel Mohamed, chef de file du parti à l’Assemblée nationale, émet en effet de sérieuses réserves concernant l’attitude de ce dernier.

« Je ne comprends toujours pas pourquoi  il n’a  pas encore  présenté de motion de blâme contre le gouvernement. Il avait fait part de cette intention l’année dernière, mais il n’a encore rien fait en ce sens. Mais je note qu’il y eu, par contre,  le retrait d’une plainte contre Showkutally Soodhun », fait valoir le député de la circonscription Port-Louis Maritime / Port-Louis Est (No 3). « Cela m’attriste », ajoute-t-il.

Si la question n’a pas, pour l’heure, encore été discutée dans les instances du parti, l’ancien ministre du Travail soutient que la situation du leader de l’opposition en fait l’objet « et ce dans l’intérêt principal du pays », fait-il valoir. Arvin Boolell, le principal concerné, se dit quant à lui respectueux des institutions. Xavier- Luc Duval reste, selon lui, le leader de l’opposition. « Personne ne remet cela en cause. »

Au niveau du PMSD,  Patrice Armance, député de la circonscription Port-Louis Ouest/ Grande-Rivière-Nord-Ouest (No 1), est d’avis que Xavier- Luc Duval a toujours la confiance de ses membres et c’est en toute logique qu’il reste le leader de l’opposition.