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Scody Victor, handisportif : l’envie de s’en sortir 

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Quel avenir pour les sportifs à Maurice ? C’est la question que se posent la majorité de nos sportifs, à l’instar de Scody Victor, handisportif qui a brillé sur la scène locale et internationale. Malgré sa détermination, l’athlète peine à trouver du travail et à joindre les deux bouts. Il veut offrir un meilleur avenir à sa famille, mais comment faire ? 

« À chaque victoire ou podium, tout le monde nous félicite, mais c’est éphémère. Je me demande à quoi bon avoir consenti autant d’efforts et de sacrifices pour être finalement jeté aux oubliettes ». C’est le cri du cœur de Scody Victor. 

Le jeune homme a obtenu sa licence et souhaite travailler  comme chauffeur.
Le jeune homme a obtenu sa licence et souhaite travailler comme chauffeur.

Le handisportif se dit attristé de devoir ainsi quémander de l’aide à tout bout de champ pour pouvoir s’en sortir. Marié et père de deux enfants, il ne souhaite qu’une chose : devenir indépendant ! Cependant, plusieurs obstacles se dressent sur sa route. « Cela aurait été plus facile de ne rien faire, ou de simplement me plaindre ou demander plus d’allocations. Mais ce n’est pas ce que je veux. Je souhaite avoir l’opportunité de gagner ma vie dignement et d’être fier de moi », dit-il.

Scody explique que depuis qu’il a subi une amputation, il perçoit une pension d’invalidité de la Sécurité sociale. Cependant, cette aide ne suffit pas pour qu’il puisse assurer les dépenses de sa famille. « Je reçois aussi une allocation pour acheter des vitamines et des fortifiants en tant qu’athlète, mais depuis la pandémie, cette allocation a été réduite. C’est très difficile pour moi ». Il veut surtout dire qu’il n’est point paresseux et qu’il veut surtout trouver du travail. « J’ai cherché plusieurs options, j’ai répondu à plusieurs demandes d’emploi en vain. Je ne sais pas pourquoi on ne me donne pas ma chance. Pourtant, je suis complètement indépendant, je peux tout faire. D’ailleurs, je travaillais à temps partiel avec une vieille dame. Je le conduisais là ou elle devait se rendre. Cependant, elle est décédée et depuis, je n’arrive plus à trouver du travail », dit-il. 

Scody avec sa famille (sa femme et ses deux enfants).
Scody avec sa famille (sa femme et ses deux enfants).

Quatre fois médaillé d’or 

Son amour pour le sport est né d’une compétition qu’il a vue à la télé. C’était en 2003 aux Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI). « J’ai été fasciné par un nageur et, comme j’aimais aller à la plage, j’ai dit à mon père que je voulais devenir nageur. Il était un peu sceptique. Je venais de subir mon opération et il avait un peu peur pour moi  ». 

Fonceur, Scody se lance, quelque temps, plus tard. Coup d’essai, coup de maître. À 18 ans, il participe aux JIOI 2007 et remporte la médaille d’or au 50 m nage libre. « Depuis, je me suis appliqué pour toujours donner le meilleur de moi-même ». Après les JIOI 2007, il remportera l’or aux éditions 2011, 2015 et 2019. Il a aussi participé à plusieurs autres compétitions internationales. « Je me rappelle que tout le monde me félicitait pour les médailles. Ils étaient fiers. Mais cela ne dure pas, car une fois ces événements terminés, les autorités, les supporters et les sponsors, personne ne se souvient de nous », dit-il, amer. 

Cancer au genou

C’est à l’âge de 7 ans que la vie de Scody a basculé. « Les médecins ont annoncé à mes parents que j’avais un cancer au genou. Cela a été un moment très difficile pour ma famille », dit-il. Issu d’une fratrie de quatre enfants, il explique que ses parents ont fait de leur mieux pour que toute se passe dans les meilleures conditions. « Malheureusement, mon genou n’a pu être sauvé et il a fallu procéder à une amputation ». 

Scody a été quatre fois médaillé d’or aux Jeux des îles  de l’océan Indien.
Scody a été quatre fois médaillé d’or aux Jeux des îles de l’océan Indien.

Scody n’a ainsi jamais été à l’école. « Avec les nombreuses séances de chimiothérapie et les traitements, c’était difficile pour moi d’aller à l’école. Aussi, il n’y avait pas beaucoup d’écoles spécialisées ou je n’en connaissais pas ». Il ne sait donc ni lire ni écrire et avance que c’est un gros regret qu’il a aujourd’hui. « Cela me fait de la peine de ne pouvoir lire une lettre ou écrire un texto », concède l’athlète. Cependant, il a décidé de prendre les choses en main et, depuis peu, il suit des cours d’alphabétisation. « C’est d’ailleurs cette personne qui m’aide à écrire des messages et des lettres pour trouver du travail », raconte Scody. 
Depuis qu’il a 12 ans, il porte une prothèse. « J’avais obtenu une prothèse de l’hôpital, mais elle n’était pas appropriée. Plus tard, j’en ai obtenu une avec le groupe Marissa Nel et cela m’a permis à devenir plus indépendant. Je m’occupe bien de mes deux enfants et je suis un père présent. Je participe de manière active à leur vie, à leurs activités. J’ai une moto et je peux me déplacer pour conduire ma fille à ses cours », dit-il. Il conduit aussi des voitures automatiques et souhaite pouvoir trouver du travail comme chauffeur. Il a obtenu son permis depuis deux ans. « J’ai bien besoin de travailler. Mes enfants grandissent et je veux leur offrir plus d’opportunités dans la vie », soutient-il. 

Scody est reconnaissant envers toutes les personnes qui continuent à le soutenir. Il espère que, très vite, il pourra trouver du travail. Il est joignable sur le 5 788 2603 si vous pensez pouvoir l’aider à trouver un job. « Je vais apprendre, je ferai de mon mieux, je me donnerai à fond pour que mon employeur soit fier de moi », conclut le nageur. 
 

 

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