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Shabnam Esmael : incubatrice de succès

Shabnam Esmael Shabnam Esmael est directrice de CQ Tech (Mtius) Ltd. Photos : Rajinee Panchoo

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Cette phrase de Mark Twain s’applique particulièrement à Shabnam Esmael. Cette businesswoman, directrice de CQ Tech (Mtius) Ltd, n’a pas attendu de dépasser la trentaine pour faire carrière. Rencontre.

Je suis d’origine indienne et iranienne. Je suis née à Madagascar, j’ai grandi à Paris puis vécu à La Réunion et suis installée depuis 25 ans à Maurice »

Shabnam Esmael a su s’imposer dans un univers masculin. Si elle incarne à la perfection la femme épanouie, ce n’est pas sans sacrifices. Son sourire est le résultat de longues années de dur labeur. En effet, alors que d’autres jeunes de la vingtaine s’amusaient, déjà mariée à 18 ans, elle tentait d’incorporer son entreprise spécialisée dans la sécurité à Maurice. Mais pour mieux comprendre son cheminement, il faut retourner des années en arrière. 

Shabnam est mauricienne de cœur, mais dans ses veines coulent diverses origines. « Je suis d’origine indienne et iranienne. Je suis née à Madagascar, j’ai grandi à Paris puis vécu à La Réunion et suis installée depuis 25 ans à Maurice. » À 18 ans, elle force le destin et délaisse tout pour s’installer à Maurice avec son mari en 1995. 

Son objectif : l’expansion de leur entreprise spécialisée dans la sécurité : système d’alarme, vidéo surveillance, contrôle d’accès, etc. « L’adaptation fut très difficile. Nous n’avions pas de cellule familiale ici et nous ne connaissions personne. Complètement investis dans notre boîte, on bossait jour et nuit. Ce rythme a duré plus de dix ans », confie-t-elle.

Entreprise aboutie

Shabnaam EsmaelCe qui avait commencé avec deux employés s’est aujourd’hui transformé en entreprise aboutie. Son entreprise CQ Tech est passée de deux à soixante employés. « Au début je n’avais aucune expertise technique et du coup il a fallu apprendre. C’est un environnement masculin dans lequel il fallait que j’évolue et que je m’impose. Les clients n’étaient pas toujours très à l’aise avec une femme dans l’univers de la sécurité ».

À l’époque elle comptait parmi les rares femmes dans cet univers. Malgré tout, elle a su se faire une place dans le microcosme économique mauricien. « Une fois l’entreprise plus stable et structurée, j’ai pu commencer à m’organiser et à trouver du temps pour moi et surtout pour avoir un enfant. » Elle est aujourd’hui mère d’une fille de 12 ans. Une nouvelle étape qui changea sa vie.

« C’est plus compliqué d’être maman que chef d’entreprise », lance-t-elle avec conviction. « Au fil du temps, nous avons recréé un cocon familial avec nos employés de maison. Aujourd’hui, ils sont ma nouvelle famille. »

Derrière chaque businesswoman aguerrie se cache un homme : son mari sans qui elle ne serait pas là aujourd’hui. Souhaitant s’ouvrir au monde et partager ses connaissances et son expérience, elle s’est engagée il y quelques années auprès de l’Association des femmes mauricienne chefs d’entreprises (AMFCE) et elle fait partie de l’exécutif depuis déjà depuis treize ans.

« Je voulais redonner à la société ce qu’elle m’a donné que ce soit à travers mes connaissances, mon temps, l’encadrement peu importe sous quelle forme. Ayant moi-même évoluée dans un milieu masculin, je peux comprendre les challenges de ces femmes entrepreneures. » Elle s’est aussi engagée par la suite au sein de Women in Networking (WIN) et de Dale Carnegie. « Ces plate-formes me permettent de rencontrer des gens et faire des formations. »

Elle ne serait pas une femme épanouie, si elle n’avait pas su gérer son temps et trouver du temps pour faire ce qu’elle aime. « Ayant des origines indiennes, j’aime beaucoup les films indiens. Ayant aussi une éducation francophone, j’aime aussi la littérature française », relate-t-elle.

Outre ses multiples engagements, la businesswoman a aussi d’autres passe-temps : du muay-thai depuis huit ans et Krav Maga. « C’est utile et j’aime la philosophie derrière les arts martiaux. » Avec un groupe de filles de son entreprise, elle s’adonne à des séances de belly-dancing, afin de resserrer les liens. « Cela me tient à cœur, car c’est une façon pour moi de contribuer à leur bien-être. »

Elle veut participer à la construction d’une île Maurice « smart ». « Nous ne devions pas rester, mais cela va faire vingt-cinq ans que nous sommes installés à Maurice. Avec tous les développements, nous sommes très sollicités. Nous avons toujours pensé dans le sens de l’avenir. Il y a 25 ans, nous étions les seuls à nous spécialiser dans les alarmes sans fils. »

Dans le souci du bien-être des autres et étant déjà membre du Rotary Club de Grand-Baie, elle projette de s’engager davantage dans le social à l’avenir. « Aujourd’hui j’aime ce que je fais et j’aime la vie. Mais pour parvenir là où nous sommes, nous avons dû sacrifier notre jeunesse. »