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Violence domestique : enceinte de sept mois, elle est rouée de coups au ventre

Meera Meera sur son lit d’hôpital.

Victime de violence domestique, elle dit vivre un véritable calvaire. Meera, 30 ans, enceinte de sept mois, est admise en traitement à l’hôpital SSRN, Pamplemousses depuis samedi soir. La jeune femme allègue avoir été rouée de coups au ventre par l’homme qui partage sa vie. Elle a pu prendre la fuite et a alerté la police de Rivière-du-Rempart.

Voilà huit mois que Meera* a fait la connaissance de Roshan*, 35 ans. «Je venais de me séparer de mon époux quand je l’ai rencontré. Avec mon époux, nous avons deux enfants, mais j’ai été victime de violence conjugale. Je me rappelle que j’étais dans un jardin à Flacq. Rejetée par ma famille, je n’avais nulle part où aller. J’étais à bout et je pensais au suicide », nous relate-t-elle.

Assis sur un banc, ils ont entamé la conversation. « Nous étions seuls à cet endroit. Il a constaté que cela n’allait pas pour moi » ajoute-t-elle. Très vite, elle lui a déballé ce qu’elle avait sur le cœur. «Mo finn raconte li mo problème. Li osi li dire moi ki lin séparer et ki li ena enn garçon. Monn dire ki mo penaplass pou aller ». Le même jour, Roshan lui offrait son hospitalité et l’invitait à habiter chez lui dans un village du Nord.

Pour Meera c’était une aubaine. « J’avais trouvé un endroit. Il m’a dit que je devais veiller sur son fils, m’occuper des tâches ménagères et faire la cuisine ». Elle pensait que sa vie auprès de Roshan allait s’améliorer. Cependant deux jours après s’être installée, les choses ont commencé à aller de travers. « Il buvait et me menaçait à tout bout de champ. Son fils au fil des jours a commencé à se montrer irrespectueux envers moi », nous dit-elle.

Meera soutient être restée auprès de Roshan car elle n’avait nulle part où aller. Elle a commencé à travailler dans une usine à Terre-Rouge.

« Mo mem ti fer tou. Mo travay, enn sou li pa done », lâche-t-elle. « Malgré ma grossesse, il me brutalise », dit-elle.

Chassée de la maison

Le 11 janvier 2018, explique Meera, son compagnon l’a mise à la porte. « Je lui avais reproché le comportement insolent de son fils. Il m’a chassée de la maison. Je suis partie sur les berges d’une rivière, pensant une nouvelle fois au suicide », dit-elle. Elle devait se raviser en pensant au petit qui va naître.

De retour chez Roshan, les disputes continuaient. « Il me reprochait cette fois de lui être infidèle ». Samedi soir, une énième dispute a éclaté. « Il avait pris une bouteille de bière âpres une visite chez le coiffeur en compagnie de son fils. Il m’a ensuite forcée à aller acheter une autre bouteille d’alcool dans la soirée pour lui ».

Une fois à la maison, Roshan a demandé à sa compagne de venir le voir dans la chambre. « J’ai refusé. Il s’est levé, m’a agrippé par la main et a jeté mon cellulaire par terre. Mon dire li pa bat mwa. Linn dir : mo pa pou bat twa mwa me mo kapav touy twa ! Linn rod fer mwa bwar lalkol, mon dir li non a koz mo ansint », nous relate-elle.

« Linn riss mo seve ek linn tapp mwa koudpwin dan mo vant, monn tonbe. Il m’a dit de le suivre. Dès que l’occasion s’est présentée, je me suis sauvée ». Se tordant de douleurs, elle s’est rendue au poste de police de Rivière-du-Rempart pour dénoncer son compagnon pour violence domestique.

Zame mo pan batt li 

Cependant, pour le compagnon c’est un autre son de cloche. « En me 2017 monn konn li. Linn dir mwa li separe e li pena lakaz, monn aksepte pran li. Me selman li enn madam ki abitie trenn partou. Enn madam ansint sorti, nek sorti ale pa dir kotsa ? » se défend Roshan. « Mon dir li ale me li revini, li pena plas pou ale. Samdi monn bwar enn tigit monn diskit ek li. Zame mo pann batt li. Linn sorti lor sime ek linn dir monn batt li. Kat  zom finn rant kot mwa ek zot inn batt mwa kalot. Deziem fwa li met mwa la polis pou nanie » nous dit-il.

*Les prénoms sont modifiés.