Visite éclair à la State House

Château du Réduit Ameenah Gurib-Fakim quittant le Château du Réduit.

C’est peu avant 10 heures, vendredi 23 mars, qu’Ameenah Gurib-Fakim est arrivée à la State House. Une heure plus tard, elle a quitté la résidence officielle de la présidence après avoir passé 33 mois, à la tête de l’État. Celle qui n’entendait pas être une Présidente vase à fleur au Réduit, a fait ses adieux à la State House, peu avant 11 heures. Elle avait annoncé son intention de démissionner à midi.

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Le gouvernement est d’avis que la scientifique, mondialement reconnue, a violé la Constitution du pays en annonçant la mise sur pied d’une commission d’enquête sur l’affaire Sobrinho sans l’accord du Conseil des ministres. Ameenah Gurib-Fakim a quitté la State House à bord de la berline officielle, escortée  par un motard et un véhicule de la Vipsu.

Elle a franchi la grille du Château sous les flashes des photographes de presse. La sixième présidente de la République de Maurice aurait occupé ce poste pendant plus de deux ans et demi, de juin 2015 à ce jour, soit un peu plus de la moitié de son mandat de cinq ans.

Commentaire : Que la lumière soit...

S’il eût été possible, j’aurais demandé à la Présidente de reprendre sa lettre si elle n’a rien à se reprocher. Et ce, pour les raisons suivantes :

  • tout ce qu’on lui reproche ne peut être établi que par un tribunal (s30) ;
  • en s’attaquant publiquement à la chef d’État, c’est le gouvernement qui a rendu les consultations (s65) et les relations difficiles ;
  • la Constitution est ainsi viciée, l’intention du Parlement avec laquelle elle fut créée vidée de son sens ;
  • au lieu d’approuver l’action de la Présidente pour une commission d’enquête sur l’affaire Sobrinho et sa propre implication dans Planet Earth Institute – ce qui aurait apporté le dégel – le gouvernement l’a qualifié de viol de la Constitution (s64) ;
  • or, il revient à la Cour suprême et au Privy Council – pas au gouvernement ni à quiconque – d’interpréter avec autorité la Constitution. Cela, de par la séparation des pouvoirs sur laquelle l’État de droit repose.

Aurait-elle donc tort de délivrer un communiqué pour cette commission d’enquête comme le lui permet la section 2(2) de la Commissions of Inquiry Act l944 – donc sans outrepasser ses droits – alors que le Cabinet lui est hostile ? Et ce faisant, en tant que gardienne et défenderesse de la Constitution (section 28(1)) et investie des pouvoirs exécutifs du pays (section 58(1)) ? Seule la Cour suprême peut statuer, en prenant en considération toutes les circonstances, si l’action est légale ou non.

Ismaël Nazir

P.S. : Elle peut toujours reprendre sa lettre, même pendant le week-end, n’ayant pas encore atterri à l’Assemblée nationale, n’est-ce pas Kris ?

 

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