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Voyage à Beijing : du rififi au Macoss autour du prix des billets d’avion 

Quelques-uns des dirigeants de la Macoss.

Le Mauritius Council of Social Services (Macoss) a-t-il fait payer quelque Rs 100 000  de plus à des participants dans le cadre d’un programme d’échanges pour les ONG à Beijing ? Des dénonciateurs, qui se présentent comme des membres de diverses ONG, en sont persuadés et ont alerté l’Icac. Suraj Ray, le président du Macoss, parle lui de « confusion » et pointe du doigt un de ses membres.

Dans une lettre envoyée à l’Independent Commission Against Corruption (Icac), les auteurs expliquent que 38 membres issus de plusieurs ONG affiliées au Macoss ont signifié leur intention de participer à l’édition 2019 de Beijing NGO. Un programme d’échanges prévu du 4 au 12 septembre 2019 à Beijing, en Chine. Si le logement, les repas, entre autres frais, sont pris en charge par l’association organisatrice, les participants doivent cependant payer eux-mêmes leur billet d’avion.

Et, dans le but d’obtenir un bon prix, le Macoss, expliquent-ils, a procédé à un achat groupé des billets d’avion. À  cet effet, les dénonciateurs avancent que le Macoss leur demande de payer Rs 33 000 pour le voyage à Beijing, à bord d’un vol d’Emirates Airlines. « Participants have been informed that they will be travelling by Emirates Airlines and the cost of ticket is Rs 33 000. Moreover, participants were also requested to pay in cash. »

Or, selon les dénonciateurs, le Macoss avait été mis en présence d’une autre offre de presque Rs 3 000 inférieure. « There was an offer for 
Rs 30 250 from Air Mauritius (while still travelling via Emirates Airlines) which was presented to the Macoss on Monday 13th August by (…). Request was made to the (…) to expedite the name of participants to Air Mauritius for needful ». Toutefois, ce n’est que le lendemain que cette liste serait parvenue à Air Mauritius. « (…) and meanwhile, the offer was not valid anymore! »

Plusieurs désistements

Les dénonciateurs déplorent ainsi ce qu’ils qualifient de «laxisme » au niveau du Macoss, considérant que si celui-ci avait réagi promptement, cela aurait permis aux ONG d’économiser plus de Rs 100 000 sur les billets d’avion. Aussi, ils disent ne pas comprendre le comportement du président du Macoss qui, affirment-ils, avait lui-même demandé, lors d’une réunion, à deux membres du comité exécutif de venir avec de meilleures offres pour les billets d’avion. « In a meeting, the chairperson himself requested the (…) and the (…) to come up with better proposals but at the end of the day they opt for the higher quote. This simply does not make sense. »

D’ailleurs, les dénonciateurs soutiennent que plusieurs membres qui avaient initialement exprimé leur volonté d’assister à ce programme d’échange se sont finalement désistés. « (…) and (...) finally decided to withdraw their participation and communicated their decision via an email to the executive members. » 

Sollicité, le président du Macoss, Suraj Ray, n’a pas hésité à réagir. Il explique, dans une déclaration au Défi Plus, qu’une réunion avait été organisée le vendredi 9 août, durant laquelle les prix obtenus de différentes agences de voyages avaient été dévoilés, entre autres. « Des prix que Macoss a obtenus après un exercice de Request for Quotation lancé par le secrétariat du Macoss quelque deux mois auparavant. Un exercice dans lequel ni le président, ni le trésorier n'ont mis leur nez. Ces informations ont ensuite été partagées avec tous les membres présents de manière transparente », fait-il ressortir. 

À vendredi, poursuit-il, le prix le plus bas était celui d’Emirates, soit Rs 33 000, et comprenait un transit de quatre heures à Dubai avant d’aller à Beijing, alors qu’Air Mauritius avait fait une offre à Rs 36 500 avec un transit de huit heures en Malaisie. Durant la réunion, fait ressortir notre interlocuteur, un des membres aurait déclaré avoir négocié avec Air Mauritius et obtenu des billets à Rs 30 000 l’unité pour le trajet Maurice-Malaisie-Beijing. « Ceux présents pourront le confirmer, il n’y avait aucune offre concrète et officielle sur papier, à l’exception d’un courriel envoyé à Air Mauritius par le membre en question le même jour, quelques heures avant la réunion pour une demande de quotation », avance le président du Macoss.

Une énorme confusion

Suraj Ray dénonce ce qu’il considère de « unprofessionnal» dans l’approche de ce membre. « Primo, il a dévoilé dans le mail le montant proposé par Emirates à Air Mauritius. Secundo, alors que 38 participants avaient manifesté leur intérêt, la demande a été faite pour seulement 30 sièges. Et tertio, les dates fournies à Air Mauritius étaient erronées: le membre fait mention du 4 au 14 septembre alors que le programme d’échange a lieu du 4 au 12 septembre. Qui va prendre en charge les frais des participants pour les deux jours additionnels ? » s’interroge-t-il.

Suraj Ray précise qu’aucune offre d’Air Mauritius n’avait été obtenue ce jour-là. « Nous sommes restés dans le flou durant tout le week-end. Entre-temps, Macoss a dû demander une extension auprès d’Emirates pour le ‘downpayment’. Ce n’est que le lundi 12 août, à 15h06, que Macoss a obtenu une offre formelle de Rs 30 000, excluant les charges, pour 30 sièges seulement. Là encore, c’était ‘subject to availability’, c'est-à-dire que ce n’était pas confirmé. Et qu’allons-nous faire des 8 membres restants ? » demande Suraj Ray.

Devant le nombre insuffisant de sièges, l’incertitude sur leur disponibilité et les dates qui ne correspondaient pas, Suraj Ray indique que tout cela a créé une énorme confusion. « Mardi, nous avons tenté, en vain, d’obtenir une confirmation auprès d’Air Mauritius. Finalement, à 13h57, Air Mauritius informe le Macoss qu’il n’y a aucun siège de disponible et l’offre d’Emirates a été retenue », affirme Suraj Ray. 

Il affirme aussi que tout a été fait de manière « transparente, objective, équitable et professionnelle. »

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