Drogues de synthèse : le ministre Mentor égratigne le judiciaire

Par Thierry Laurent O commentaire
Sir Anerood Jugnauth

Sir Anerood Jugnauth s’est encore une fois illustré à l’Assemblée nationale, mardi, en répondant à une question de Thierry Henry sur la prolifération des drogues de synthèse. Le ministre Mentor s’en est pris au judiciaire.

C’est le judiciaire qui a cette fois été pris pour cible par le ministre Mentor. Répondant à une question du député de l’opposition Thierry Henry sur les mesures prises pour prévenir la prolifération des drogues de synthèse ainsi que sur les poursuites initiées contre ceux impliqués dans le trafic de ce type de drogue, sir Anerood Jugnauth (SAJ) a indiqué que cela ne servira à rien de venir avec de nouvelles législations si les lois existantes ne sont pas proprement appliquées dans les cours de justice.

Le député de la circonscription no 12 (Mahébourg/Plaine-Magnien), qui estime que les mesures prises contre les trafiquants de drogue de synthèse ne sont pas suffisantes, a adressé une question supplémentaire au ministre Mentor. Il lui a demandé s’il envisageait d’amender la loi afin d’envoyer un signal fort aux trafiquants.

Il convient de faire ressortir que depuis 2015, 163 cas liés au trafic de drogue de synthèse ont été traduits en justice. Sur ces cas, une seule personne a été condamnée, alors que des amendes ont été imposées dans 89 de ces cas. Le ministre Mentor a aussi déclaré que les procès concernant 73 cas sont toujours en cours, alors qu’un cas a été rayé.

SAJ a auparavant énuméré une série de mesures prises par la police. Il a affirmé qu’il y a eu 9 252 sessions de sensibilisation sur les méfaits des drogues de synthèse. Le ministre Mentor a aussi avancé que les forces de l’ordre ont régulièrement recours aux réseaux sociaux afin de toucher plus de jeunes. Il a ajouté que des mesures sont également prises par d’autres institutions, notamment les ministères de l’Éducation, du Sport et de la Santé.

Il a précisé que les autorités ont mis en place un programme visant à identifier et à superviser les écoles qui seraient les plus exposées aux drogues de synthèse. Le ministre a aussi déclaré que des causeries sur les méfaits de la drogue sont régulièrement organisées dans les écoles.