Live News

Interpellation d’étrangers en séjour illégal : saisie de faux documents portant les armoiries de la République

Narendrakumar Boodhram, directeur général du PIO, tenant deux documents falsifiés par des clandestins africains et portant les armoiries de la République.Un des faux documents découverts par le Passport and Immigration Office.

Des étrangers emploient une ruse bien rodée afin de séjourner illégalement à Maurice. Ils présentent à leurs employeurs des documents falsifiés qui arborent pourtant les armoiries de la République, le tampon des services de l’immigration et la signature d’un gradé qui n’est plus au PIO. Deux cas ont été mis au jour lundi lors d’une opération à Beau-Bassin et Grand-Baie. 

Publicité

La Tracking Team du Passport and Immigration Office (PIO) a déjoué une tentative d’immigration illégale le lundi 25 mars 2024. Cela a permis de révéler une stratégie bien rodée utilisée par certains ressortissants étrangers désireux de prolonger leur séjour au pays de manière illégale. Informé de la découverte de ces faux papiers, le Central Criminal Investigation Department ouvrira une enquête afin de remonter jusqu’aux auteurs.

Dans le cas des individus interpellés, il se trouve qu’ils se sont procuré des documents falsifiés arborant les armoiries officielles de l’État, le tampon des services de l’immigration et même la signature d’un gradé qui ne travaille plus à l’immigration depuis environ deux ans. Ils ont alors présenté ces faux papiers à leurs employeurs respectifs afin de justifier leur présence prolongée sur le territoire mauricien.

Documents authentiques… à première vue

Le Défi Quotidien a eu accès aux documents en question. À première vue, ils semblent authentiques, ce qui laisse à penser que ce travail méticuleux est sans doute l’œuvre d’un professionnel. Les armoiries officielles de la République sont soigneusement positionnées, de même que la date, la référence, l’adresse complète et le tampon du PIO (dans un bleu marine distinctif) ainsi que la signature du gradé en question. 

Cependant, un seul détail révèle la supercherie : le grammage du papier. « Les papiers utilisés par les services de l’immigration ne présentent pas la même texture », a constaté un officier de la Tracking Team du PIO, lorsqu’ils ont confronté un Malgache en possession de l’un de ces documents falsifiés. Ce dernier est fraîchement arrivé à Maurice pour prétendument faire des études de Hospitality Management dans une institution privée locale. Un ressortissant africain séjournant dans le pays détenait également une réplique identique. 

L’œuvre de professionnels 

Ces découvertes poussent les officiers du département de l’immigration à soupçonner des informaticiens, voire des graphistes, de calibre, de commercialiser de faux documents portant les armoiries de la République. Une activité clairement délictueuse et passible de lourdes sanctions légales compte tenu de sa nature frauduleuse. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le CCID a été alerté dès lundi. 

Dans une déclaration, Narendrakumar Boodhram, directeur général du PIO, a confirmé que c’est la nouvelle ruse employée par certains ressortissants étrangers pour séjourner illégalement à Maurice. « Nous avons constaté une augmentation de l’utilisation de faux documents, notamment parmi les ressortissants africains, en particulier les Nigérians, qui les présentent à leurs employeurs respectifs pour prétendre à une légalité qui n’existe pas », a-t-il expliqué. 

Cette stratégie, selon le directeur général du PIO, constitue un grave délit qui est passible de lourdes sanctions légales. Il précise que l’enquête vise à identifier rapidement les auteurs de cette fraude. 

Une question surgit à la lueur de ces cas. Existe-t-il une complicité entre des ressortissants étrangers et certains agents des services de l’immigration ? 
« Absolument pas ! Les documents portent le nom et la signature d’un gradé qui n’est plus en fonction. Tout laisse à penser qu’il s’agit d’un travail professionnel, impliquant probablement le procédé du copier-coller », a rétorqué Narendrakumar Boodhram. 

Il a ajouté que ce n’est pas la première fois qu’une telle fraude est mise au jour. « Un cas similaire avait été signalé il y a quelques mois. Mais nous constatons malheureusement que ces faux documents circulent toujours », a précisé le directeur général du PIO. 

Intensification des interventions dans les hôtels 

Mais quelles sont les motivations de ces individus pour détenir de faux documents afin de séjourner illégalement à Maurice ? « Ils cherchent souvent à obtenir facilement un emploi au marché noir, notamment dans le secteur hôtelier en tant que serveurs. Les agents de la Tracking Team ont déjà mené des opérations dans deux hôtels », a expliqué Narendrakumar Boodhram. 

Il a ensuite annoncé que les agents du PIO mèneront des opérations conjointes avec des responsables du ministère du Travail. Les services de l’immigration ont déjà reçu une correspondance officielle du ministère en ce sens. « Nous intensifierons nos opérations dans les hôtels. Si nécessaire, nous solliciterons des mandats de perquisition », a-t-il prévenu. Il a souligné que les responsables des établissements hôteliers ont, par le biais du ministère du Tourisme, été priés de ne plus employer de clandestins. 

Les clandestins en détention à la Pirate Wing et au CYC
Les 52 clandestins appréhendés durant l’opération « crackdown » de lundi matin ont été placés en détention : les hommes à la Pirate Wing et les femmes au Correctional Youth Centre. Cette décision découle du manque d’espace au Chaland Detention Centre. 

« Nous avons adressé une requête au tribunal de Port-Louis ainsi qu’aux responsables du système carcéral. Ils ont consenti à céder un espace supplémentaire pour accueillir les clandestins en attendant leur rapatriement. Ainsi, au lieu d’être placés dans des cellules de détention, ils seront incarcérés », a expliqué Narendrakumar Boodhram. 

Il a souligné que certaines des ressortissantes étrangères capturées sont fortement suspectées de se livrer à la prostitution sur le sol mauricien. « Les clandestins ont été appréhendés pour séjour illégal, en vertu de l’Immigration Act. Une enquête sera ouverte pour déterminer s’ils ont été victimes de trafic humain. Leurs dossiers seront alors transmis aux enquêteurs du CCID », a-t-il ajouté, mettant en lumière les implications plus larges de ces arrestations. 

Qu’en est-il des Européennes arrivant à Maurice avec des visas touristiques qui finissent par se livrer à la prostitution une fois sur le territoire ? Narendrakumar Boodhram a affirmé que les agents de l’immigration affectés à l’aéroport SSR de Plaisance ont reçu l’ordre formel d’accroître leur vigilance à l’égard des Européennes débarquant à Maurice. 

 

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !