Porté manquant, le corps de Ritish repêché en mer - La mère de l’adolescent : «Li pann noyer, zot inn batte li»

Par Kendy Antoine O commentaire
Kunal Bundhoo

Triste fin pour Kunal Bundhoo, surnommé Ritish, âgé de 14 ans. L’adolescent, domicilié à Cité La Ferme, Bambous, s’était rendu chez une tante à Villenoire, Mahébourg, vendredi.

Porté manquant, c’est son cadavre qui a été repêché en mer dimanche matin, à proximité de l’Ile aux Aigrettes.  L’autopsie a révélé que la victime est morte noyée.  Sa mère Reshma assure : «Mo garçon pann noyer, inn batte li» lâche-t-elle en larmes.

Il laisse des parents et sa sœur aînée, Varsha, 20 ans, dévastés par sa tragique disparition. Ritish était en Form III et fréquentait le collège d’État de Bambous. « Il était mon fils unique », confie sa mère Reshma. À 14 ans, l’adolescent s’était trouvé une passion pour le garnissage.

« L’an dernier, durant les vacances scolaires, il m’a dit qu’il voulait travailler chez un garnisseur de la localité. J’ai approuvé cette idée. Il s’est lancé. Il aimait ce métier », dit la mère, meurtrie. Doué, son fils réparait des meubles et des canapés.

Lorsque ses cours ont repris, il ne manquait jamais l’occasion de travailler, même durant les jours de congé. « Il aimait confectionner, il a commencé à refaire les chaises de la maison. Hélas, il ne les complétera jamais », dit Reshma.

L’adolescent pratiquait également la boxe. « Il a remporté beaucoup de prix lors des compétitions. Et comme les jeunes de son âge, il aimait faire la fête avec ses proches. » Vendredi, sa tante Devranee,  résidente de Rivière-des-Créoles, leur a rendu visite à Bambous. « Ritish s’était coupé le doigt avec un couteau quelques jours plus tôt. Il n’allait pas au collège. Il a insisté pour accompagner sa tante », poursuit la mère. Une fois sur place, il a rejoint ses cousins. « Ils se sont rendus à Blue Bay avant de revenir au Mahebourg WaterFront », raconte-t-elle.

Pris de panique

C’est dans cette région que les choses auraient mal tourné. « Il s’amusait avec ses cousins et, à un moment, il a tapé sur une voiture. Un groupe de personnes est arrivé. Mon fils a été pris de panique. Il s’est sauvé. Ses cousins ont tenté de calmer les choses », nous confie la mère.

Vers 22h00, sa cousine Reeyah affirme avoir reçu un appel de Ritish. « Linn dire Vidish vinn prend li vite, linn casiette dans bois ». Les proches ont informé ses parents. « Ils m’avaient informé plus tôt, je croyais qu’il était rentré plus tard chez ma sœur. J’avais un mauvais pressentiment », indique Reshma.

Ce sentiment ne va plus la quitter : «Samedi, vers midi, alors que j’étais au travail, on m’a averti que mon fils n’était jamais rentré». Les parents se rendent aussitôt à Ville Noire. Aucune trace de Ritish. Les recherches se sont poursuivies dans la région. « Nou finn all Mahébourg, Blue-Bay, Petit Bel-Air, pane trouve li. Nous finn ale la police Mahébourg pou donne déposition ». Plus les heures passaient, plus l’angoisse grandissait pour la famille. « Samedi pann manger ni dormi », dit la mère.

Dimanche, les recherches ont repris et vers 9h00. La dure nouvelle est tombée. Un cadavre a été retrouvé en mer dans la région de Trou Mootoo, Ile-aux-Aigrettes. « J’ai demandé à voir si c’était mon fils. Son visage était méconnaissable. Ce sont grâce à ses vêtements et une chaîne que j’ai confirmé que c’était bien lui. On l’a tabassé avant de le jeter en mer. Comment expliquer qu’il se soit retrouvé à l’opposé du lieu où habite ma sœur? Il avait des blessures à la tête », s’indigne-t-elle.

L’autopsie, pratiquée par le Dr Maxwell Monvoisin, médecin-légiste, a attribué le décès à une asphyxie due à la noyade. Les cousins et la cousine, qui a reçu le dernier appel de Ritish, ont été entendus. La police de Mahébourg tente d’y voir plus clair dans cette affaire.

9e cas de noyade pour un Indien

La série noire des noyades continue.  Dimanche après-midi, le corps sans vie d’un ressortissant indien de 29 ans a été repêché à Trou d’eau Douce. Ce vacancier pratiquait de l’’undersea walking’ quand il s’est retrouvé en difficulté. Il n’a pu être sauvé. Son cadavre a été emmené à la morgue de Candos où l’autopsie devait avoir lieu dimanche soir. En moins d’une semaine, c’est le 9e cas de noyade enregistré.