Photographie : Maurice et Rodrigues à travers les yeux de Christian Bossu-Picat

Par Pradeep Daby O commentaire
Photographie

Ondes et Lumières, le magnifique album de photos de Christian Bossu-Picat, servi par des textes de Ramesh Ramdoyal, aurait pu être qu’un cadeau de Noël de fin 2017, que l'on offre pour se distinguer de la banalité, mais il est plus que cela : c’est une véritable offrande aux Mauriciens, afin qu’ils se rendent compte de la beauté qui est quotidiennement devant leurs yeux, mais dont seul le regard d’un photographe a su capter.

Christian Bossu-Picat a traîné ses guêtres, son Nikon en bandoulière, du Népal au Costa Rica, en passant par les Seychelles, ce qui lui a forgé ce regard si prompt à saisir les gestes, les regards, les tons qui se détachent d’un décor pour s’offrir comme une beauté unique. C’est aussi à cela que sert la photographie : elle est le témoin d’un instant qu’elle sublime pour que demain, notre regard apprenne à chercher la beauté dans la banalité et qu’elle éveille une réflexion chez nous.

On peut longuement gloser sur le fait que Maurice est du pain bénit pour tout photographe à la recherche de tonalités « tropicales », trop faciles à saisir, au point de figurer dans le fade registre des cartes postales. Le génie de Christian Bossu-Picat est d’avoir su éviter les pièges du cliché, en fouillant tant au plus profond de l’âme architecturale mauricienne que dans ses gestuels sacrés, dont la pluralité a le mérite d’offrir une palette sans égale.

C’est ainsi que son regard s’est indistinctement posé sur les marches de l’Aapravasi Ghat, la grande salle lambrissée du Château de Réduit, les allées ombragées du Jardin de la Compagnie, un temple du lac sacré de Grand-Bassin, les cueilleuses de thé, l’immersion d’une statuette du Dieu Ganesh, entre autres. Le choix est large et l’instinct du photographe à son extase. Ce sont autant d’images saisies au quotidien, mais aussi d’autres, dont il a fallu des autorisations, comme celle du Château de Réduit ou encore le caveau du Père Laval. En fait, tout le travail du photographe pourrait ressembler à un vol, tant il lui faut se saisir de la spontanéité et du naturel, afin de contourner l’image de l’individu en arrêt pour se prêter à l’appareil du photographe. C’est aussi une autre prouesse de Christian Bossu-Picat, que d’avoir déjoué ce piège.

Il convient de saluer le jeune directeur-général des Éditions de l’Océan Indien, Yashvin Hassamal, qui a pris le pari de financer l’impression de ce petit bijou sur papier glacé, sans trop se soucier de la rentabilité du projet.

« Ondes et Lumières », photos de Christian Bossu-Picat, textes de Ramesh Ramdoyal, Éditions de l’Océan Indien.