Poésie : Port-Louis en haïku

Par Pradeep Daby O commentaire
Port-Louis

Il ne faut jamais désespérer des Mauriciens. Ils sont encore capables de créations littéraires, même en kreol. Chaque année, un pas est accompli dans le développement de la langue mauricienne. Ce qui repousse un peu plus loin les frontières de la création, malgré la place disproportionnée occupée par le français dans l’espace linguistique mauricien. Le travail de Ledikasyion Pu Travayer (LPT), en vue d'explorer tous les genres possibles en littérature, ne cesse de nous étonner.

Cette fois, c’est au Japon que le poète Aanas Ruhomaully, auteur du livret Mo Lavil Enn Liv Uver, Porlwi en Haïku, est parti chercher un genre littéraire. En l’occurrence, le haïku qui consiste en trois lignes et quelques mots pour décrire la nature et des faits. Pour donner corps au genre, Aanas Ruhomaully a battu le rappel de ses souvenirs portlouisiens, mêlant des bribes d’histoire et des gestes du quotidien. Ces petites touches sont loin des grands shows à coups de lumière qui ont enjolivé le centre de la capitale la semaine dernière.

Cette célébration de Port-Louis, modeste mais authentique, rappelle ce qu’est réellement ce port, ses habitants, ses faubourgs, ses vieilles habitudes et son lot de problèmes quotidiens. Il s’agit là d’un ouvrage d’un Portlouisien qui sait non seulement palper la capitale dans ses petits détails, invisibles, insignifiants, mais aussi ses grèves de la faim au Jardin de la Compagnie et ses hauts lieux culturels. Un véritable portrait de Port-Louis à mettre dans sa poche et qui charrie une bonne dose de nostalgie.

Mo Lavil Enn Liv Uver, Porlwi en Haïku, d’Aanas Ruhomaully (96 pp)

Publié par Ledikasyon

Pu Travayer,

Grande-Rivière-Nord-Ouest.

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