Services essentiels : le personnel médical fatigué mais heureux

Par Jean-Marie St Cyr O commentaire
SSU

Travailler pendant le passage d’un cyclone en se mettant au service des autres n’est guère facile en dépit de tout le dévouement dont on peut faire preuve. C’est l’expérience vécue par les membres du personnel médical et paramédical du service de la santé publique.

«Voyager dans les véhicules blindés de la Special Supporting Unit n’a pas été facile. Ils n’offrent pas le même confort que les ambulances. Mais heureusement qu’ils étaient là pour nous permettre de nous déplacer en toute sécurité », explique l’ambulancier Krishnadev Boodia, président de la Ministry of Health Transport Workers Union. Selon lui, le SAMU de l’hôpital Victoria a eu plusieurs cas urgents à traiter.

Il déplore également les nombreuses sollicitations reçues pour des cas « mineurs » ainsi que des déplacements « inutiles ». Il cite l’appel pour récupérer un malade où il a fallu traverser dans 40 centimètres d’eau pour le voir mais il a refusé qu’on le transporte à l’hôpital par la suite. « Se déplacer pour de telles situations lors du passage d’un cyclone est désagréable. Nous sommes là pour assurer un service au péril de notre vie et au détriment de nos proches », soutient-il.

Contraintes

Un infirmier travaillant pour le SAMU de l’hôpital Jeetoo n’a pas eu ce type de contraintes. Sous le couvert de l’anonymat, il raconte que l’équipe a eu une douzaine de sorties. « Le travail s’est bien passé, car il y avait une bonne organisation afin que chacun puisse avoir un temps de repos. » En service depuis mardi, à jeudi soir il était toujours à l’hôpital en attendant d’être relevé. « Je suis fatigué. Il est temps que je rentre chez moi pour me reposer », nous dit-il.

Il déplore néanmoins les contraintes que les patients sous dialyse ont eu à subir. « Il était possible de s’organiser afin qu’ils puissent recevoir de leur traitement au lieu d’attendre qu’ils soient en détresse respiratoire pour aller les récupérer chez eux dans des conditions difficiles », dit-il.  Parlant au nom de ses collègues pères et mères de famille, il ajoute que cela n’a pas été aisé pour eux. « Il y avait des appréhensions de part et d’autre, surtout lors des averses », confie-t-il.

Neelesh Babooa, infirmier au Minor Theatre de l’hôpital Jeetoo, affirme que tout s’est bien déroulé même s’il a beaucoup pensé à ses parents âgés durant tout son service. « Cela a été difficile, mais notre profession exige que nous nous focalisions sur les patients durant notre service et nous l’avons fait », dit-il.

Pour y arriver, cela demande une bonne préparation mentale, ajoute Sandhya Gangasah, infirmière au Neuro High Care Department. Mère de deux adolescents, elle explique que son époux a su prendre la relève. « J’ai pris le service dès l’alerte III. Ce n’est pas mon premier cyclone. Il faut aimer ce qu’on fait pour pouvoir travailler lors du passage d’un cyclone en laissant sa famille derrière soi », conclut-elle.