Terres de la SBM à Rs 15 millions l'arpent : des ventes à deux fois moins cher dans la région

Par Ronnie Antoine, Ashwin Kanhye, Thierry Laurent O commentaire
Terres de la SBM

Si Kailash Ruhee a obtenu Rs 15 millions par arpent de la State Bank of Mauritius pour ses terres à Trianon, d'autres, dans le voisinage de Petit-Camp, n'ont obtenu que Rs 6 millions pour la même superficie. Agents immobiliers et arpenteurs estiment que la banque a payé un peu cher le terrain de l'ex-conseiller de Navin Ramgoolam.

Six arpents de terres agricoles pour Rs 93 millions, est-ce bien raisonnable ? C'est la question que soulève l'achat des terres de Kailash Ruhee dans la région de Trianon par la State Bank of Mauritius (SBM) en 2014, alors qu'il était encore conseiller de Navin Ramgoolam, alors Premier ministre.

Des propriétaires de terrains dans la région s'indignent d'avoir perçu moins en 2013 lorsque l'État a acquis leurs terres pour la construction de la route de liaison Bagatelle-Valentina. Mais des professionnels du foncier estiment que si le prix est plutôt élevé, il reste proche de ce qui est pratiqué sur le marché.

En 2013, neuf propriétaires de terrains dans la région de Petit-Camp doivent céder leurs terres à l'État pour la construction de la Bagatelle-Valentina Link Road. Sauf que les prix qui leur sont proposés sont loin de correspondre aux Rs 15 millions l'arpent que reçoit Kailash Ruhee de la SBM pour l'achat de ses terres.

Prix du marché

Kailash Ruhee.

La plupart des neuf parcelles de terrain qui ont été acquis par le gouvernement dans cette région font un peu plus de deux arpents et la majorité des propriétaires a reçu entre Rs 6 millions et Rs 6,4 millions par arpent. Soit moins de la moitié de la somme obtenue par Kailash Ruhee. Ces propriétaires assurent que leurs terres sont assez proches de celles de la SBM pour que les prix ne varient pas autant.

Dharamraz Appadoo, arpenteur, estime que les Rs 15 millions par arpent correspondent au prix du marché. « Le long de la route de Phœnix, un terrain se vend jusqu'à Rs 25 millions ou Rs 30 millions l'arpent. Si c'est un terrain agricole, il faut compter un investissement additionnel de Rs 4 millions par arpent pour viabiliser et installer des infrastructures »,
explique l'arpenteur.

Si ses estimations sont justes, la SBM devrait ajouter Rs 24 millions aux Rs 93 millions déjà payées à Kailash Ruhee. Néanmoins, Dharamraz Appadoo est d'avis que le terrain aurait pu coûter moins : « Personnellement, si j'étais l'acheteur, j'aurais demandé d'enlever quelques millions, mais cela reste un deal correct. »

Fabien Bley, directeur de l'agence immobilière Primmo, raconte avoir vendu des terres dans la région de Trianon pour Rs 10 millions l'arpent. « Rs 15 millions c'est peut-être un peu cher, mais même pour les terres agricoles, les prix s'approchent beaucoup de ceux des terres résidentielles de nos jours », dit-il. Dépendant de la proximité du terrain avec les zones de développement potentielles, un terrain agricole peut donc valoir un terrain résidentiel sur le marché actuel.