Uniformes des employés des casinos : rien ne va plus sur un contrat de Rs 2,3 M

Par Fernando Thomas O commentaire
Casinos

Des employés des casinos et  la Casinos Employees Union (CEU), soupçonnent un « conflit d’intérêts » dans l’octroi du contrat pour la confection d’uniformes pour le personnel.

Le contrat avoisine les Rs 1,8 et Rs 2,3 M.  Dans un lettre datée du 29 novembre, dont Le Défi Quotidien détient une copie, la commission anti-corruption a été alertée. Les protestataires menacent de rapporter le cas au bureau du Premier ministre.

Grogne au sein des trois casinos du pays. Les représentants des employés des casinos de Curepipe, du Domaine les Pailles et du Caudan, dénoncent une « fraude  de la part des hauts cadres de la State Investment Corporation (SIC) », corps paraétatique qui gère les casinos du pays.

Dans une lettre adressée à l’Icac,  le 29 novembre, ils soulignent que le contrat pour la confection d’uniformes des 653 employés des trois casinos « n’a pas été fait  dans les règles et dans le respect des procédure d’appels d’offres ».

Les montants alloués pour cette confection s’établissent comme suit : Rs 2 500 (*cleaners, croupiers, etc) à Rs 7 500 (*caissier, ‘Pit-boss’, etc…). Certains uniformes (des croupiers ) sont en trois pièces, la majorité est en deux pièces.

« Chaque année, nous bénéficions de trois rechanges d’uniforme. Si la SIC ne peut confectionner les uniformes, elle s’engage à nous rembourser, à partir de là, chaque employé a recours au couturier de son choix. Cette année, rien ne va ! Le processus d’appels d’offres, qui devait être lancé depuis mai, n’a pas eu lieu. Ce n’est que maintenant qu’on nous apprend qu’un tailleur a été approché pour confectionner nos uniformes », déplorent les employés.

Un « proche parent » décroche le contrat

Un proche parent d’un haut cadre de la SIC aurait décroché le contrat. Les « négociations », selon le courrier  à l’Icac, aurait été faites « par voie téléphonique ». Il s’avère que plus de la moitié des employés ont donné leurs mensurations à un « contracteur » pour la confection d’une partie de leurs uniformes.

Sollicités, les représentants syndicaux ne cachent pas leur mécontentement. « Il y a abus de pouvoir et la confection d’uniformes aurait dû passer par un appel d’offres comme cela à toujours été le cas », disent-il.

Ram Goolub, le HR manager de la SIC, dément tout conflit d’intérêts dans la confection des uniformes. « Il y a eu un ‘selective bidding’. En octobre, 6 ‘bidders’ ont été choisis, à travers la liste de contacts de la SIC et ils ont soumis leurs cotations. Ils doivent maintenant produire des échantillons et l’un d’eux sera désigné. Tout se fait dans la transparence. Une partie des uniformes sera distribuée en décembre et le reste en janvier », dit-il.

« Je ne suis pas au courant… »

Rita Veerasamy, l’Acting General manager de la SIC, sollicitée par téléphone, a été plutôt évasive : « Je ne suis pas au courant de ce qui se passe au sujet de la confection des uniformes. Je ne sais pas. Je sais qu’il faut prendre les uniformes. Voyez cela avec le chairman… », a-t-elle déclaré.

Le chairman du board de la SIC, Ayoob Nakhuda, a également été évasif sur le sujet. « Je ne sais rien là dessus. Je suis le président du board. Une telle décision n’a pas été exposée au sein du conseil ».