Blog

Quand ça tangue dangereusement

Fait unique depuis l’Indépendance. En une seule semaine, trois membres d’une même équipe gouvernementale se retrouvent en eaux troubles pour trois faits différents. D’abord Raj Dayal. L’ex-ministre de l’Environnement a été arrêté mercredi en vertu de l’article 4 de la Prevention of Corruption Act (PoCA) pour le délit de « bribery by public official ». Tel Terminator, il a lancé un « I’ll be back » tonitruant à sa sortie du tribunal. « Back », avec des révélations qui s’annoncent explosives. Ensuite Vishnu Lutchmeenaraidoo, ministre des Affaires étrangères. Il a été longuement interrogé le même jour par la commission de lutte contre la corruption sur son emprunt de 1,1 million d’euros auprès de la State Bank of Mauritius, lorsqu’il était ministre des Finances. L’ancien grand argentier saura s’il sera arrêté ou non lorsqu’il terminera sa déposition dans les jours à venir. Une arrestation ne sera pas sans conséquences... et cela pas que pour Vishnu Lutchmeenaraidoo ! Déjà, l’affaire a provoqué une division certaine au sein de la majorité gouvernementale. Et enfin Thierry Henry. Le Parliamentary Private Secretary (PPS) a été arrêté suite à l’accident survenu aux petites heures de dimanche dernier sur l’autoroute à Bois-Marchand et ayant coûté la vie à Stephano André. Trois accusations provisoires ont été logées contre le parlementaire : homicide involontaire par imprudence, conduite en état d’ivresse et refus de se soumettre à un alcotest. Le PPS bleu, qui en plus a décidé de rester à son poste, plonge ainsi son parti, le PMSD, dans un embarras profond. Un PMSD qui a obligé ses membres, la semaine précédente, à adopter un code de conduite strict. Autant dire que cette semaine aura été cauchemardesque pour le gouvernement. Mais ce n’est pas tout ! À cela, il faut encore ajouter le fameux affidavit juré par Vishnu Lutchmeenaraidoo lundi, dans lequel il tire à boulets rouges sur son collègue Roshi Bhadain. Tout aussi unique est le fait de voir un ministre accuser un autre ministre de fomenter un complot contre lui. Nous sommes bien partis pour une crise durable au sein du gouvernement, car ce ne sera guère aisé de recoller toutes ces brèches et d’éviter d’autres dommages dans un avenir proche. Alors que SAJ et son équipe doivent accorder toute leur attention et leur énergie au redécollage économique et au combat contre le crime, ils s’embourbent dans des affaires tout à fait secondaires, dont ils se seraient passés. Le pays aussi d’ailleurs ! La grande chance de ce gouvernement est qu’en face, il y a une opposition faible. Certes, les mauves sont montés en agressivité durant les deux premières séances parlementaires de 2016, mais sur le terrain, c’est une autre histoire. Alors qu’il fallait mobiliser, le MMM a décidé pour la deuxième année consécutive d’être absent de la joute politique du 1er-Mai. Il faut reconnaître que le congrès de Flacq, il y a une dizaine de jours, était un flop. Même Paul Bérenger a fait un constat d’échec le lendemain. Quant au Parti travailliste, il tente de se refaire une virginité à cause d’un passé très sale. Qui plus est, avec exactement les mêmes personnes responsables de la défaite dans la honte de décembre 2014. Quant au Mouvement Patriotique, il commence à ressembler de plus en plus à un « non-starter ».
Publicité
Related Article
 

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !